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GHANA: Survivre avec un repas par jour dans la zone des Savanes

    By Albert Oppong-Ansah

    TAMALE, Ghana, 18 août (IPS) – Pour s'assurer que lui et sa famille survivent à la mauvaise récolte de cette année, Adams Seidu, comme plusieurs fermiers dans d'autres communautés rurales dans la région du Nord du Ghana, a mis en œuvre une stratégie de survie.

    Ils utilisent ce que Seidu appelle la "stratégie un-zéro-un" pour les enfants, et la "stratégie zéro-zéro-un" pour les adultes. Cette équation représente les trois repas de la journée.Un représente un repas, tandis que zéro signifie aucun repas. Donc les quatre enfants de Seidu peuvent prendre le petit déjeuner le matin, rien à midi, puis un repas dans la soirée, alors que lui et son épouse ne prennent qu'un seul repas par jour, dans la soirée – comme le font beaucoup d'autres familles dans ce pays d’Afrique de l'ouest.Les pénuries alimentaires deviennent une préoccupation dans la région. Une enquête sur la nutrition, menée en mars par le Service de santé du Ghana, a montré que 32,2 pour cent des 208.742 enfants de moins de cinq ans dans la région du Nord étaient malnutris et souffraient d’un retard de croissance.La famille de Seidu survit, mais à peine seulement.C'est parce que Seidu, qui vit à Fuo, une banlieue de Tamale, la capitale de la région du Nord, a des difficultés avec ses récoltes ces dernières années.Les régions du Nord, du Haut-Ouest et du Haut-Est avaient l’habitude d’être le grenier du pays pour la production de céréales et de tubercules. Mais le changement des conditions météorologiques dans ces régions, qui constituent la zone des Savanes, a entraîné de faibles précipitations, de petites récoltes et une insécurité alimentaire subséquente."La dernière saison agricole était l'une des périodes les plus dévastatrices et a vu plusieurs agriculteurs perdre beaucoup à cause de faibles pluies, qui ont fait faner les cultures avant qu'elles ne mûrissent", a expliqué à IPS, Seidu, qui a un petit champ de maïs, de riz et d'igname.Au cours de la saison des pluies de 2000, le district de Nanumba North, dans la région du Nord, a enregistré une pluviométrie moyenne de 1.495 millimètres. Mais en 2010 sur la même période, la zone a reçu seulement 433 mm.Les faibles précipitations ont eu un effet dramatique sur cette région. Selon le Recensement national de la population et de l’habitat de 2010, la région du Nord est la troisième la plus peuplée au Ghana, avec environ 80 pour cent de la population engagée dans l'agriculture. Maintenant, la moitié des fermiers de la région ont du mal à survivre puisque leurs cultures continuent d'échouer, selon le Service des statistiques du Ghana.Sur les deux hectares de terre que Seidu a cultivés cette année, il a récolté seulement trois sacs de 84 kilogrammes. "Il y a deux ans, j'ai récolté sept sacs sur la même superficie. Certaines des plantes n'ont pas fleuri, et encore moins porté de fruits cette année", a dit ce fermier, qui n'a qu'un seul bras.Les statistiques du Bureau régional du Nord, du ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture, indiquent que la production de maïs dans la région a chuté de 164.200 tonnes métriques en 1991 à moins de la moitié, soit 78.800 tonnes métriques, en 2000. Il n'existe pas de chiffres plus récents disponibles.Le principal responsable régional de météorologie à l'Agence de météorologie du Ghana, Kafui Quashiga, a déclaré à IPS que les précipitations ont baissé considérablement en raison des changements climatiques au cours des 10 dernières années. Les statistiques compilées par l'agence indiquent qu'il y a eu une baisse en dessous de la moyenne à long terme de 6.550 mm, qui constituait les précipitations normales au début des années 2000."Lorsque vous comparez les données pluviométriques de 1991 à 2010 pour Wa, dans le Haut-Ouest, à Tamale dans le nord, à Navorongo dans le Haut-Est et à Krachie dans la région de Volta, il y a une nette baisse et il est probable que cette tendance se poursuive", a-t-il affirmé.La pauvreté, l'analphabétisme, la maladie et la malnutrition sont désormais devenus les caractéristiques communes dans ces régions.Seidu a admis qu'à cause de la faiblesse de sa récolte, il ne pouvait plus payer les frais de scolarité pour deux de ses enfants. "Du fait des faibles rendements que nous avons enregistrés ces dernières années, je suis en mesure d’envoyer seulement deux de mes quatre enfants à l'école".Nindoo Salisu, 60 ans, un autre agriculteur, a déclaré à IPS que seulement trois de ses 10 enfants peuvent aller à l'école. "Nous étions en mesure d’obtenir assez de la terre jusqu'à ce que le temps (le climat) ait décidé de nous faire échouer et nous ait rendu pauvres"."La situation est très effrayante, et plus tôt quelque chose est fait à ce sujet, mieux cela vaudra, parce qu'elle a des répercussions négatives sur notre existence en tant qu'êtres humains", a souligné Quashiga.Et bien qu'il existe quelques projets d'adaptation dans la région, ils ne se sont pas révélés avoir complètement réussi.Abubakar Sadique Haruna, un fermier dans la région du Nord du Ghana, prête son tracteur comme un service de labour aux paysans locaux.Avec l'aide du Programme de développement agricole et de l’amélioration de la chaîne de valeur (ADVANCE), Haruna offre son service à environ 400 agriculteurs.ADVANCE, qui est financé par l'Agence américaine pour le développement international, a commencé à fonctionner l'année dernière. A travers ce programme, environ 1.000 fermiers ont été soutenus avec les services de labour, et formés à l'utilisation de semences améliorées, de nouvelles technologies et de meilleures pratiques agricoles.

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