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GUINEE-BISSAU-MALI: Ultimatum et option militaire de la CEDEAO pour éviter l’enlisement

    By Fulgence Zamblé

    ABIDJAN, 27 avr (IPS) – La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a donné trois jours à la junte militaire de la Guinée-Bissau pour rétablir l’ordre constitutionnel, et décidé d’envoyer une troupe de 500 à 600 hommes pour sécuriser ce pays en crise depuis le coup d’Etat du 12 avril.

    Au terme d’un sommet extraordinaire de la CEDEAO, jeudi à Abidjan, en Côte d’Ivoire, "Les chefs d'Etat et de gouvernement mettent en garde le commandement militaire (en Guinée-Bissau) que s'il n'accepte pas toutes les demandes de la conférence dans les prochaines 72 heures, la CEDEAO imposera, avec effet immédiat, des sanctions ciblées sur les membres du commandement militaire et leurs associés".La CEDEAO a menacé également de prendre des "sanctions diplomatique, économique et financière contre la Guinée-Bissau sans exclure des poursuites de la Cour pénale internationale", a averti la communauté ouest-africaine.La dizaine de chefs d’Etat de l’organisation ont décidé également de l’envoi, au Mali, d’une force régionale dont l’effectif n’a pas encore été déterminé. "La CEDEAO demande de commencer, avec effet immédiat, le déploiement de la force d’attente au Mali et en Guinée-Bissau", indique le communiqué final du sommet.

    Le chef de l’Etat malien par intérim, Dioncounda Traoré, avait participé au sommet auquel le président mauritanien Mohamed ould Abdel Aziz était invité spécialement, son pays n’étant pas membre de la CEDEAO, mais frontalier avec le Mali."Il s’agira, pour la force à déployer au Mali, d’aider les organes de transition et le gouvernement intérimaire de parer à toute éventualité dans l’hypothèse de l’usage de la force pour le recouvrement de l’intégrité territoriale du Mali", a déclaré à une conférence de presse, Désiré Kadré Ouédraogo, président de la Commission de la CEDEAO.Ouédraogo a affirmé que des négociations étaient en cours avec les rebelles touaregs qui occupent le nord du Mali. Mais en cas d’échec, a-t-il dit, des unités combattantes pourraient être envoyées en renfort au premier contingent chargé du maintien de la paix et de la sécurité de la transition qui doit prendre fin dans un an avec des élections, selon la CEDEAO.

    Pour la Guinée-Bissau, la CEDEAO indique le contingent de 500 à 600 soldats à déployer dans ce pays, a pour mission, entre autres, de faciliter le retrait de la Mission d’assistance technique et militaire de l’Angola en Guinée-Bissau, d’assister à la sécurisation du processus de transition à mettre en place, et à la réforme de l’armée bissau-guinéenne.Les hommes de cette force seront fournis par le Nigeria, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, tandis que son commandement sera assuré par le colonel-major Barro Gnibanga, du Burkina Faso.Par ailleurs, la conférence des chefs d’Etat a décidé de mettre en place un groupe régional de contact placé sous la responsabilité du Nigeria, dont la mission sera de coordonner le suivi de la mise en œuvre des décisions du sommet sur la Guinée-Bissau. Ce groupe comprend également le Bénin, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, le Sénégal et le Togo.

    "Nous ne pouvons tolérer plus longtemps cette usurpation du pouvoir par la junte" en Guinée-Bissau, a déclaré, au cours du sommet, le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la CEDEAO, ajoutant que les putschistes "doivent se retirer" et laisser se mettre "rapidement en place" une transition" dans le pays.

    "Il y a une ligne de fermeté que la CEDEAO tente de maintenir dans la gestion des deux dossiers. Seulement, il y a un léger recul de l’organisation sur la situation au Mali, parce qu’elle a compris que le nord malien est un cas plus complexe que l’on ne l’imagine", a expliqué à IPS, Barthélémy Kodja, un politologue, basé à Abidjan.Selon Kodja, à la différence de la Guinée-Bissau où "le cadre est bien défini et facile à gérer par le déploiement d’une force militaire, le Mali nécessite de gros moyens humains, matériels et financiers".

    "Au départ, l’opinion a pensé que la CEDEAO allait s’engager militairement au Mali pour combattre les rebelles touaregs et les groupes armés. Les dirigeants, notamment le président en exercice Alassane Ouattara, affichaient quelque peu une telle volonté, mais il a été sage de revoir les plans parce que l’enlisement allait causer un gros préjudice à la sous-région entière, et même au-delà de ses frontières", a déclaré Kodja.Le Mali qui a connu un coup d’Etat le 22 mars, a vu sa partie nord être occupée par des rebelles touaregs et des groupes islamistes armés. Déchu, le président Amandou Toumani Touré avait accepté de rendre sa démission et laisser instaurer une transition dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré. Il est secondé par un Premier ministre nommé le 17 avril avec de pleins pouvoirs, Cheick Modibo Diarra, qui a formé un gouvernement d’union, mercredi.

    La Guinée-Bissau est plongée également dans une crise depuis le coup d’Etat du 12 avril, survenu alors que le pays attendait le second tour de l’élection présidentielle, prévu le 29 avril. Les militaires avaient tiré sur la résidence du Premier ministre, Carlos Gomez Junior, qu’ils ont arrêté, avec le président par intérim, Raimundo Pereira. Les putschistes refusent jusqu’ici de les libérer malgré les pressions de la CEDEAO et de la communauté internationale.

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