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GUINEE: Une ONG recherche l’appui pour promouvoir sa pompe à eau

    By Moustapha Keita

    CONAKRY, 22 mai (IPS) – Une organisation non gouvernementale (ONG), qui a inventé, en Guinée, une pompe capable d’aspirer l’eau et de l’irriguer, tente d’améliorer l’accès à l’eau pour plusieurs villages enclavés du pays et de réduire la souffrance des corvées d’eau pour les femmes.

    Aguibou Barry, ingénieur de l’ONG Fabrication de pompes à eau à Labé (FAPEL), dans le centre de ce pays d’Afrique de l’ouest, a fabriqué, à l’aide de matériaux locaux, une pompe à irriguer qui facilite le travail des femmes maraichères de cette région.

    "Nous fabriquons des pompes à motricité humaine que nous avons expérimentées depuis 2008 dans la région de Labé", explique Barry, indiquant que "cette pompe est dotée d’un système qui permet d’aspirer l’eau à partir d’un puits ou d’un cours d’eau bordant les fermes".

    Selon Mamadou Diallo, le président de l’ONG, "cette pompe est dotée du brevet d’invention numéro 12.441 de l’Organisation africaine de la propreté intellectuelle (OAPI) à la date du 23 avril 2004". Mais c’est en 2008 que les pompes ont commencé par être commercialisées.

    Selon Saidou Baldé, un membre de l'ONG, un peu plus de 250 pompes ont été fabriquées et installées en Guinée depuis 2008.

    Dans la région de Labé, le maraîchage est une activité génératrice de revenus pour de nombreuses femmes qui se regroupent, très souvent, pour exploiter de petites surfaces de terre d’un à cinq hectares.

    "Cette invention a diminué notre calvaire car nous ne sommes plus obligées de parcourir de longues distances pour nous procurer de l’eau afin d’arroser nos plantes", affirme Ramatoulaye Bah, présidente du groupement des femmes maraîchères de Daka, un quartier de Labé.

    En effet, le groupement bénéficie, depuis janvier 2013, d’une pompe installée auprès de leur potager de deux hectares et demi, où elles plantent divers légumes: choux, haricot vert, salade, tomate…

    Parlant des caractéristiques techniques de son invention, Barry déclare que "la pompe FAPEL peut aspirer l’eau à huit mètres de profondeur avec un débit de 3.000 litres d’eau par heure. Elle peut refouler jusqu’à 15 mètres de hauteur et 100 mètres sur un terrain plat", ajoutant que "cette pompe est véritablement made in Guinea".

    "Pour fabriquer cette pompe, nous avons besoin d’un segment, de pistons, de tuyaux d’aspiration et de colliers. Tous ces éléments sont eux-aussi récupérés ou fabriqués ici en Guinée", explique-t-il à IPS.

    Un partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a déjà permis à l’ONG d’installer 105 pompes en 2008 et 45 pompes, cette année, dans le pays.

    Cependant, les besoins des paysans de Labé, en particulier, et ceux du Fouta-Djalon (centre du pays) ou de la Guinée en général, ne sont toujours pas satisfaits.

    "Le manque d’eau potable nous cause des maladies diarrhéiques. C’est pourquoi, nous nous réjouissons du projet d’installation d’une pompe dans notre localité", confie à IPS, Thierno Ady Diallo, un paysan de Sagalé, dans la préfecture de Lélouma (centre), qui bénéficie d’un projet d’adduction d’eau financé par l’Agence française de développement (AFD).

    Pour tirer profit de son invention, FAPEL demande l’appui du gouvernement pour limiter l’importation des pompes et pour multiplier les pompes fabriquées en Guinée.

    "Aujourd’hui en Guinée, beaucoup de pompes sont importées alors qu’on est en mesure de les produire ici", a déclaré Barry, au cours d’une cérémonie qui a permis à l’ONG de présenter son invention au président de la Guinée, Alpha Condé, le 9 mai à Conakry, la capitale guinéenne.

    En outre, l’ONG veut bénéficier de contrats auprès des bailleurs de fonds, notamment du Service national d’aménagement des points d’eau (SNAPE). L'alimentation en eau potable dans les villages de Guinée est confiée au SNAPE qui est chargé de la création et de la gestion des forages.

    "Nous pouvons faire cette pompe pour l’irrigation à plusieurs variantes (à motricité humaine ou motorisée), mais aussi des pompes à usage domestique. Aujourd’hui, nous voulons que le gouvernement nous assiste auprès du SNAPE pour nous permettre d’avoir des marchés sur le plan national", souligne Diallo.

    "Entre 1995 et 2012, plus de 70 systèmes d’adduction d’eau ont été installés en Guinée dans le cadre de programmes financés par l’AFD, la Banque africaine de développement (BAD)…

    ", indique Djénabou Kanté, chargée de l’hygiène et de l’assainissement au SNAPE. "L’objectif est d’arriver à 500 points d’alimentation en eau potable".

    En Guinée, des actions sont en cours d’exécution dans un programme d’urgence ou planifié par le gouvernement à court, moyen et long terme pour réduire le déficit en eau potable.

    "L’objectif visé est de réduire progressivement le déficit de la production de 115.000 à 37.000 mètres cubes d’eau par jour en 2014", estime Papa Koly Kourouma, ministre de l’Energie et de l’Environnement.

    Selon l’ONG, l’invention de la pompe FAPEL s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les différents acteurs engagés dans la recherche de mesures susceptibles de réduire ce déficit en eau potable.

    "Il faut encourager cette initiative en faisant en sorte que nos femmes maraichères, nos groupements maraichers, utilisent ces pompes au lieu d’en importer d’autres", souligne Marc Youmbouno, ministre de l’Agriculture.

    L’accès à l’eau potable constitue depuis longtemps un problème en Guinée. Pourtant, les fleuves Sénégal, Niger et Gambie prennent leur source dans la région du Fouta Djalon. "C’est ce qui vaut à la Guinée d’être qualifiée de château d’eau de l’Afrique occidentale…

    ", déclare à IPS, Kélétigui Guilavogui, directeur national adjoint de l’hydraulique.

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