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HAITI: L’énergie solaire et les briquettes font des progrès

    By Patricia Grogg

    PORT-AU-PRINCE, 2 juin (IPS) – Pendant que Jean Reniteau rumine l'idée d'utiliser des panneaux solaires pour éclairer sa maison, Frantz Fanfan se demande comment accroître la production de briquettes de biomasse pour remplacer l'utilisation du charbon de bois dans les fourneaux de la plupart des Haïtiens, qui n'ont pas d'électricité.

    "A la maison, nous avons une interdiction sur la cuisson au charbon de bois. Nous devons mettre fin à cette coutume", déclare Reniteau, un communicateur social et professeur d'université, alors que Fanfan, directeur d'une usine de fabrication de briquettes produisant du carburant écologique à Port-au-Prince, affirme qu'il veut "stopper la déforestation", et aspire à inonder le marché local avec ses produits.

    Reniteau ne sait pas combien de temps il faudra pour faire de son rêve une réalité. "Il y a une entreprise qui vend et installe des panneaux. Selon mes calculs, cela me coûterait environ 1.550 dollars. J’achèterai ce dont j'ai besoin petit à petit", indique-t-il à IPS, expliquant que son revenu mensuel, qui équivaut à environ 800 dollars, ne lui laisse aucune autre option.

    L'énergie renouvelable fait des avancées et son progrès doit être irréversible. L’avenue Toussaint Louverture, l'une des principales artères de Port-au-Prince, est éclairée la nuit par des lampadaires solaires, tout comme les autres espaces publics de la capitale et de certaines villes du pays.

    La Fondation Nouvelle Grand'Anse, une ONG locale, a conclu un accord avec Cubasolar pour créer à Dekade, à cinq kilomètres de la ville de Jérémie dans le sud-ouest, un centre de référence sur les énergies renouvelables pour la région environnante et l’ensemble du pays.

    "Actuellement, notre département (province) de Grand'Anse et toute la région du sud-ouest ont été déclarés comme une priorité nationale", indique à IPS, Maxime Roumer, un activiste et directeur de la fondation. Plus de 250 lampadaires sont en cours d'installation dans cette région, qui est censée bénéficier de l'utilisation de biogaz et d'autres formes d'énergie propre.

    Le principal défi dans ce pays pauvre, c’est de fournir des alternatives au charbon de bois, qui représente 72 pour cent de la consommation nationale en énergie. Le fait qu'il soit utilisé quotidiennement par la majorité des gens, qui n'ont pas d'électricité, signifie que les forêts couvrent aujourd'hui seulement deux pour cent du territoire national, créant une grave érosion du sol.

    "Si nous n'arrêtons pas l'abattage aveugle des arbres, à l'avenir, même les manguiers que nous aurons encore dans nos champs seront coupés et transformés en charbon de bois", déclare Fanfan, qui soutient que les briquettes constituent le meilleur choix pour que les familles puissent préparer leurs repas sans nuire à l'environnement et à la santé des gens.

    Il souligne que les briquettes constituent un carburant bon marché, coûtant moins que le charbon et le gaz propane, non-polluantes, et aident à éliminer les déchets de la ville. "Nous contribuons à la propreté dans le pays", a-t-il dit.

    L'usine de 'El Fuego del Sol' produit 5.000 briquettes par jour avec une machine manuelle. Les ingrédients sont essentiellement le carton, le papier et la sciure de bois, qui sont transformés en pâte et placés dans des moules rectangulaires pour être séchés. Jusque-là, elles répondent aux besoins du Programme alimentaire mondial (PAM) pour le carburant de certaines des écoles qu’il aide.

    Les enfants de l'école Saint-Joseph à Fleuriot, un quartier pauvre au nord de Port-au-Prince, prennent le déjeuner chaque jour dans le cadre du programme des repas scolaires fournis par cette agence des Nations Unies dans plusieurs régions d'Haïti.

    L'école reçoit des briquettes pour la cuisine, ainsi que des aliments pour les repas. Elle dispose également d'un réchaud spécialement conçu, offert par le PAM, qui fonctionne au carburant écologique.

    "Nous travaillons sur un prototype d'un réchaud similaire afin que nous puissions entrer sur le marché national avec notre produit. Sans lui, les gens utiliseront les foyers traditionnels sur lesquels ils font la cuisine généralement avec du charbon de bois, et ils n’apprécieront pas les avantages (des briquettes), ils penseront qu'elles ne sont pas bonnes", explique Fanfan.

    Des sources au PAM indiquent à IPS que Saint-Joseph est l'une des 29 écoles qui reçoivent des briquettes ainsi que de la nourriture, dans un programme qui se développe toujours avec l'idée qu’il sera utile pour les organismes travaillant sur la production d'énergie propre.

    Durant cette année scolaire, le PAM accompagne 2.142 écoles dans sept des 10 provinces du pays, atteignant 685.000 écoliers. Le PAM a prévenu au début de cette année qu’Haïti serait confronté à de nouveaux problèmes de sécurité alimentaire à cause des effets de la sécheresse, de la tempête tropicale Isaac et de l’ouragan Sandy qui l’ont touché en 2012.

    Le ministre de l'Environnement, Jean François Thomas, a déclaré, dans une interview précédente accordée à IPS, qu’en collaboration avec les projets officiels de reboisement, des travaux sont en cours pour développer des énergies alternatives qui sont moins dommageables pour l'environnement et peuvent atténuer la pression sur les ressources forestières.

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