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HONDURAS: De petits projets atténuent énormément le risque climatique

    By Thelma Mejía

    TEGUCIGALPA, Honduras, 13 fév (IPS) – Pour environ 250.000 habitants de bidonvilles de la capitale de Honduras, la peur de mourir ou de perdre leur maison en raison d'un glissement de terrain ou de tout autre événement lié à la météo a été réduite.

    Et c’est grâce à un plan d'atténuation de réchauffement de la planète qui a effectué de petits travaux d'infrastructures dans 180 quartiers écologiquement et socialement vulnérables.

    Le Plan 100×100 – 100 travaux dans le même nombre de jours – fait partie d'un projet d'atténuation du risque du changement climatique financé par la Banque centraméricaine d'intégration économique (BCIE) avec un crédit de 26 millions de dollars accordé à des conditions concessionnelles.

    "Avant la construction du pont, cette zone était coupée quand il pleuvait", a déclaré, Xiomara Castellanos, qui vit dans le quartier pauvre de Mololoa, à IPS, montrant fièrement l'un des nouveaux travaux d'infrastructure. "Nous avions l’habitude de faire la descente de la colline pieds nus pour traverser le fleuve, qui monte beaucoup en hiver, et a même emporté plusieurs maisons".

    Plus de 100 petits projets sont répandus dans toute la ville de Tegucigalpa, qui abrite 1,8 million des 8,5 millions d'habitants du Honduras.

    Tegucigalpa et la ville voisine de Comayagüela – également connue comme le District central – constituent la capitale de ce pays pauvre d'Amérique centrale. La vulnérabilité de la ville a augmenté lorsque l'ouragan Mitch a fait au moins 11.000 morts et 8.000 disparus en 1998, en plus des dégâts énormes causés aux infrastructures.

    La capitale, située dans une chaîne de montagnes qui atteignent 1.300 mètres de hauteur, était parmi les régions les plus touchées du pays. Et 15 ans après la catastrophe, il existe encore des zones où le temps s'est arrêté, et les ruines des maisons sont encore debout.

    Les 180 quartiers sélectionnés pour le projet abritent les plus pauvres des pauvres, qui vivent sur les coteaux où les coulées de boue et glissements de terrain peuvent se produire après seulement une heure de forte pluie.

    Julio Quiñones, directeur adjoint du Comité municipal de secours, a indiqué à IPS que la vulnérabilité environnementale est forte dans plusieurs parties de Tegucigalpa, mais que "des travaux d'atténuation, grands et petits, ont désormais réduit les niveaux de risque".

    L'un des projets a impliqué la construction d'un petit pont et le renforcement des berges du fleuve dans le bidonville de Mololoa, sur le côté nord-

    est de la ville, où les habitants sont maintenant en mesure d'entrer et de sortir de leur quartier et de procéder à l’évacuation en cas de tempête.

    Mololoa, qui abrite quelque 5.000 personnes, est une zone exposée, non seulement à cause de la vulnérabilité aux glissements de terrain sur les pentes raides, mais aussi en raison des niveaux élevés d'insécurité et de la criminalité violente. Les maras ou les gangs de jeunes contrôlent cette zone, où il y a un vide d'autorité officielle.

    "Nous avions même des champignons sur nos pieds en faisant la descente de la colline dans l'eau, parce que les véhicules qui vendent des produits ne venaient pas, et quand nos enfants tombaient malades, nous les amenions au bas de la colline, pataugeant dans l'eau", a souligné Castellanos, 35 ans, qui est la chef de son ménage.

    Mais aujourd’hui, "même les véhicules qui vendent de l'eau arrivent sans problème, et les transports en commun font de même, et nous avons même une voie d'évacuation en cas de catastrophe", a-t-elle expliqué joyeusement, après avoir décrit l'isolement dans lequel les gens de Mololoa vivaient.

    Johan Meza, chargé des projets d'atténuation dans le Plan 100×100, a déclaré à IPS que les petits travaux d'infrastructure incluent la construction de rigoles, de caniveaux, d’escaliers, de voies d'évacuation, de passerelles pour piéton, et des drains pour les eaux pluviales.

    Ces projets, a-t-il souligné, ont été déterminés à travers une évaluation de la vulnérabilité de la ville effectuée par l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d'autres organismes.

    A quelques mètres de l'une des routes principales de la ville, à l'est, se trouve La Villanueva, rempli de sentiers étroits et friables qui constituent une odyssée de la montée.

    Les projets d'atténuation ici vont de bandes tampons et des digues pour empêcher les glissements de terrain aux canaux d'eau pluviale et des rigoles, le pavage des rues, des escaliers avec des rampes dans les zones où c'était d’habitude impossible de marcher pendant la saison des pluies.

    La Villanueva est l'un des bas-quartiers les plus peuplés de Tegucigalpa, 120.000 habitants vivant dans les huit secteurs de la région. Il est très prédisposé aux glissements de terrain et à l'effondrement des maisons qui bordent le coteau.

    Montrant les nouveaux escaliers pour lesquels les habitants ont attendu trois décennies, la chef de la communauté, María Elena Benítez, a déclaré à IPS: "Nous avions l’habitude de faire la descente de la colline à quatre pattes, pour atteindre le bus; quand il a plu tout cela était de la boue, vous ne pouvez pas imaginer comment c’était difficile pour nous.

    "C’était courant de voir des gens qui ont eu à casser un membre, en particulier les enfants ou les personnes âgées. Mais les autorités nous disent que ce qu'elles ont fait ici n'est qu'un début, que La Villanueva cessera d'être une zone à haut risque et que maintenant un plan de formation se prépare afin que nous sachions comment entretenir les travaux d'atténuation", a-t-elle déclaré.

    "Nous savons que cela, bien qu’il puisse ne pas paraître beaucoup, profite à tout le monde", a indiqué Yovany Tróchez, présidente de La 'Villanueva patronato' – une institution gouvernementale locale qui représente les membres de la communauté – qui a accompagné IPS lors de la visite de la zone.

    "Les glissements de terrain ne se produiront plus comme ils le faisaient auparavant, et avec ces travaux nous empêchons l'eau de couler et de fuir dans d'autres secteurs et nous évitons au coteau de glisser sans qu’il n’y ait rien pour l'empêcher".* Après trois décennies d'attente, les gens du bidonville de La Villanueva, à Tegucigalpa, disposent de nouveaux escaliers, faisant qu’il est plus facile de monter et de descendre la colline et offrant une voie d'évacuation en cas de calamités liées au climat. Crédit: Luis Elvir/IPS

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