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HONDURAS: Tegucigalpa apprend à vivre avec le changement climatique

    By Thelma Mejía

    TEGUCIGALPA, 20 mai (IPS) – Dans les bas-quartiers qui bordent plusieurs coteaux de la capitale du Honduras, des travaux d'atténuation sont en cours pour protéger les quartiers contre des inondations et glissements de terrain, qui ont complètement détruit plusieurs zones lorsque l'ouragan Mitch avait frappé le pays il y a 15 ans.

    Tegucigalpa, qui couvre près de 1.400 kilomètres carrés et abrite plus de 1,3 million de personnes, est l'une des régions du Honduras les plus exposées aux catastrophes naturelles. Des failles géologiques ont également été identifiées dans certains coteaux entourant la capitale, menaçant les quartiers situés sur ou sous les collines.

    En 1974, 135 quartiers étaient très vulnérables aux effets des phénomènes naturels extrêmes, mais aujourd'hui, 300 quartiers – une grande partie de la capitale – sont exposés, selon une étude réalisée il y a deux ans par les Nations Unies et l'Association architecturale du Honduras.

    Le rapport prévient que le développement urbain se poursuivra, nécessitant une carte indiquant les endroits où on peut construire sans danger dans la capitale de ce pays pauvre d'Amérique centrale de 8,3 millions d’habitants.

    En mars, le conseil municipal de Tegucigalpa a présenté un plan de 100 projets de travaux publics pour atténuer les effets des catastrophes naturelles, afin de profiter à plus de 154.000 familles dans 70 quartiers. Mais il n'a pas encore réussi à mettre en œuvre le plan d'urbanisme faute de financement.

    Toutefois, trois projets majeurs d'atténuation des catastrophes naturelles avancent déjà, avec l'aide étrangère.

    Après que l'ouragan Mitch a dévasté le Honduras et les pays voisins en 1998, l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA, son sigle anglais) a mené une étude sur l’environnement à Tegucigalpa qui a révélé que la priorité devrait être accordée aux régions très exposées d’El Reparto, El Bambú et d’El Berrinche, des quartiers pauvres des zones montagneuses de la capitale.

    Des travaux de stabilisation visant à prévenir les glissements de terrain le long d'une ligne de faille à El Bambú ont été achevés en 2012. Ce projet a profité à 50.000 personnes, et des efforts similaires sont en cours dans les deux autres districts hautement prioritaires.

    Les travaux sur la stabilisation d’El Reparto, un quartier à forte criminalité de 8.500 habitants sur une colline à l'est de la ville, se poursuivent sous un soleil de plomb dont les effets sont aggravés par l’incendie des forêts dans la région.

    Le projet a été lancé il y a deux ans par le conseil municipal avec l'appui de la JICA, qui a fait don de 13 millions de dollars pour les travaux dans les quartiers très sensibles aux glissements de terrain.

    "Nous nous sentons plus en sécurité avec ces travaux – la terre ne bouge pas autant qu'avant, et quand les fortes pluies viennent, nous n'avons pas de glissements de terrain que nous avions l'habitude d'enregistrer", a déclaré Magdalena Flores, prenant une pause dans la vente de fruits à son étal sur le trottoir, pour parler à IPS.

    Des techniciens japonais construisent des canaux pour transporter l'eau souterraine et les eaux de ruissellement vers des puits spécialement creusés, afin d'éviter la saturation du sol et les glissements de terrain subséquents.

    Akihiko Yamada, le directeur de la JICA au Honduras, a affirmé à IPS que la technologie utilisée pour percer le sol n'a jamais été appliquée auparavant en Amérique latine. En utilisant cette méthodologie, l'eau est tirée des sources souterraines dans des zones à haut risque, "ce qui implique une large participation de la communauté et du gouvernement local afin qu'ils puissent sauver des vies ensemble".

    Dans le cadre des efforts de prévention des glissements de terrain, qui devraient être terminés d'ici au milieu de l'année, la population locale entretient des systèmes d'alerte précoce comprenant des inclinomètres, pluviomètres et d’autres capteurs de mouvement du sol reliés à des feux rouges d'alerte.

    Quand les travaux ont commencé, "vous perciez quatre mètres de profondeur et trouviez de l'eau, ce qui nous indiquait que le niveau de la nappe phréatique est très élevé", a expliqué à IPS le directeur adjoint de la Commission de développement municipal de la capitale, Julio Quiñones, lors d'une tournée dans la zone.

    Mais aujourd’hui, "avec les travaux d'atténuation, nous ne trouvons de l'eau qu'à 12 mètres de profondeur, ce qui réduit le risque", a-t-il dit.

    Les projections indiquaient que si les travaux n'avaient pas commencé immédiatement à El Reparto, les maisons de fortune, qui bordent les coteaux, seraient balayées par un glissement de terrain, s’effondrant sur des quartiers situés sur la pente, et même sur le théâtre et des quartiers diplomatiques.

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