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ILE MAURICE: Bon nombre de prostituées sont toxicomanes et séropositives

    By Jimmy Jean-Louis*

    PORT-LOUIS, 3 oct (IPS) – Un rapport sur les travailleuses du sexe à Maurice, remis au gouvernement mauricien par Dr Lisa Johnston, spécialiste des Nations Unies sur la criminalité et la drogue, indique que beaucoup d’entre elles sont toxicomanes et séropositives. C'est ce qu'a annoncé récemment le ministère de la Santé.

    Il ressort de ce rapport que 38,9 pour cent de ces travailleuses du sexe vivent en couple alors que 43,9 pour cent sont célibataires. Et près de 30 pour cent d’entre elles seraient usagères des drogues par voie intraveineuse et seraient séropositives.

    Ayant pour thème «Biological and Behavioural Survey Report on Female Sex Workers», l'étude apporte également d'autres informations sur les travailleuses du sexe sur l’Ile Maurice.

    Par exemple, elle révèle que plus de 50 pour cent d'entre elles sont âgées de 20 à 34 ans et que la majorité, soit 81,9 pour cent dépendent uniquement du travail sexuel pour joindre les deux bouts. Par rapport à la consommation d'alcool, 73,5 pour cent d'entre elles en consomment et 28,3 pour cent prennent de la drogue dont 37,4 pour cent sous forme d’injections.

    Le rapport démontre également que 60,3 pour cent des travailleuses du sexe ont déjà fait un test de dépistage au VIH/SIDA et que 28,9 pour cent d'entre elles sont séropositives.

    Le ministère de la Santé affirme que des mesures sont prises pour appliquer les recommandations du Dr Johnston en pour la prévention du VIH/SIDA et des autres maladies sexuellement transmissibles.Les résultats de ce rapport ne surprennent guère les travailleurs sociaux. "La prostitution infantile se répand de région en région. Les jeunes filles viennent de couches sociales moyennes et défavorisées de la population. Elles sont vendues à la carte", s’insurge Ally Lazer, qui déplore que ce soit "surtout des pères qui vendent leurs épouses et même leurs filles à leurs amis pour se procurer de la drogue"."Outre la dépendance à la drogue, il y a aussi la dépendance au partenaire, qui souvent est aussi le proxénète. Il y a là un gros problème affectif qui fait que la personne se retrouve dans un cercle vicieux. Ce n'est pas demain la veille qu'on va trouver une solution à cette situation", explique Marlene Ladine, directrice de Chrysalide, un centre de réhabilitation pour les travailleuses du sexe.Certaines collégiennes se prostituent, mais elles opèrent dans des agglomérations très peuplées, en particulier dans des villes comme Rose-Hill, Beau-Bassin et Curepipe où elles ne risquent pas d’être reconnues. «Ces filles sont encore à l’école et acceptent de participer à des soirées pour se faire un peu d’argent», explique un chauffeur de taxi.Ladine confirme ce fait: «Je suis en contact avec des mamans et des enfants qui ont été vendues, victimes de viol ou ont subi des attouchements… C'est un cercle vicieux qui se reproduit et s'aggrave avec la drogue".Le plus dur, c’est de s’en sortir. «Il m'arrive de recevoir des filles de 15-16 ans qui viennent demander de l'aide et qui sont bien décidées à s'en sortir. Puis, après deux semaines, elles disent qu'elles n’en peuvent plus et repartent. Et un mois plus tard, elles téléphonent, disant qu'elles ont pris la mauvaise décision. Nous devons attendre que la personne soit prête. Ce n'est pas comme des petits pois que l'on met en boîte", ajoute la directrice de Chrysalide.Le 'Child Welfare Programme', une initiative de la 'National Empowerment Foundation' (NEF), vise à protéger les enfants vulnérables des risques qu’ils encourent dont celui de tomber dans la drogue et la prostitution. Les officiers de la NEF vont donc sur le terrain conscientiser parents et enfants.

    Il faut à tout prix consolider les familles pour qu’elles aient des repères et n’immolent pas leurs filles sur l’autel du travail sexuel, estiment-ils. Des campagnes de sensibilisation doivent se multiplier et être menées aussi bien par le gouvernement que par les travailleurs sociaux.

    *(Jimmy Jean-Louis est journaliste à Maurice et a écrit cet article pour 'Gender Links', une ONG d’Afrique australe qui lutte pour l’égalité de genre. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre Gender Links et IPS).

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