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ILE MAURICE: Les femmes prennent au sérieux le cancer du col de l’utérus

    By Radha Rengasamy*

    PORT-LOUIS, 5 mars (IPS) – Lorsqu’on parle de cancer, on ne voit en général que le négatif et la mort. Mais, une bonne nouvelle existe depuis 2000: le cancer du col de l’utérus régresse sur l’Ile Maurice. C’est la résultante d’un programme national de conscientisation qui n’est pas tombé dans l’oreille de sourdes.

    Le cancer du col de l’utérus est, selon des spécialistes, un des rares cancers pouvant, dans une grande mesure, être prévenu. Cela découle du fait qu’il est causé par un virus, en l’occurrence le 'Human Papilloma Virus' (HPV), qui se transmet presque essentiellement par voie sexuelle. S’en protéger adéquatement permet donc de prévenir la maladie, souligne Dr Praveen Ramdaursingh, gynécologue et coordonnateur du Programme national de lutte contre le cancer du col à Maurice.

    Il cite d’autres facteurs de risques associés à cette maladie: la sexualité précoce, les partenaires sexuels multiples, le tabagisme, les relations extra-maritales non-protégées, une situation socioéconomique précaire et l’infection au VIH/SIDA.

    Chaque année, le service hospitalier traite 250 cas de cancer du col, indique-t-il. Le taux de mortalité de la maladie est passé de 13,6 décès pour 100.000 femmes en 2000 à 9,6 décès pour 100.000 femmes en 2009. L’objectif du ministère mauricien de la Santé est de réduire davantage ce taux. «Nous espérons réduire le nombre de décès à leur minimum d’ici à 2020», déclare le gynécologue.

    Dr Ramdaursingh attribue cette baisse du taux de mortalité à une série de mesures prises par le ministère de la Santé depuis 2000: des tests de dépistage gratuits offerts aux femmes de 30 à 60 ans; la mise à disposition d’une caravane mobile pour offrir aux femmes ces tests non loin de chez elles; le suivi de toutes les patientes dont les résultats sont positifs à l’unité de colposcopie; et des campagnes répétées de sensibilisation sur la maladie.

    Comparant la situation de Maurice à celles des autres pays d’Afrique, Dr Ramdaursingh constate que les Mauriciennes sont mieux informées sur le cancer du col et ses facteurs de risque.

    «A Maurice, les femmes viennent davantage… pour le dépistage et le suivi. Puis, contrairement aux autres pays d’Afrique, il n’y a plus aucun tabou autour de cette maladie. Il y a aussi le fait que nous vivons dans un petit pays. Il est donc plus facile de sensibiliser les femmes et le service de dépistage est plus facilement accessible. Malheureusement, cela n’est pas le cas dans d’autres pays d’Afrique, où le tabou autour de cette maladie est (encore) important».

    En outre, les soins ne sont pas aussi accessibles dans tous les pays africains, même si des efforts se font de plus en plus un peu partout sur le continent dans la lutte contre ce cancer. Et le niveau d’instruction des femmes dans certains pays complique davantage la situation. D’où une tendance à la hausse du cancer du col dans ces pays.

    Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’incidence du cancer du col de l’utérus est conséquente dans certains pays africains où cette maladie affecte jusqu’à plus de 40 femmes sur 100.000. Et ce sont des femmes de plus en plus jeunes car leur moyenne d’âge est de 30 ans. Le plus terrible est que dans près de 90 pour cent des cas, la maladie n’est identifiée que lorsqu’elle est à un stade très avancé.

    Le cancer du col de l’utérus est aujourd’hui un problème de santé publique en Afrique subsaharienne. Treize chefs de gouvernement de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont signé le Protocole de la SADC sur le genre et le développement qui demande aux Etats membres de tout mettre en œuvre pour offrir aux femmes et aux jeunes filles des soins de qualité et à un prix abordable.

    Mais malgré la signature de ce protocole, un nombre important de femmes dans plusieurs pays de ce bloc régional souffrent encore du cancer du col de l’utérus.

    Pourtant, la prévention contre le VPH est simple et les mesures suivantes s’imposent, à commencer par la sensibilisation des filles et des femmes pour qu’elles et leur partenaire mènent une vie sexuelle sans risque. Et les femmes doivent, elles-mêmes, entretenir une bonne hygiène intime.

    De leur côté, les gouvernements doivent introduire un programme de vaccination contre le VPH, mener des campagnes contre le tabagisme et proposer aux femmes et aux jeunes filles des tests de dépistage contre cette maladie.*(Radha Rengasamy est journaliste à Maurice et a écrit pour 'Gender Links', une ONG de défense des droits des femmes en Afrique australe. Cet article est publié en vertu d’un accord de coopération entre Gender Links et IPS).

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