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ILE MAURICE: Les habitants ne sont pas préparés aux effets du changement climatique

    By Nasseem Ackbarally

    PORT-LOUIS, 18 avr (IPS) – L’île Maurice peut être l'un des pays les mieux préparés au monde quand il s'agit de cyclones, mais les récentes fortes pluies et inondations dues au changement climatique ont remis en cause l'état de préparation du pays pour faire face à l'augmentation des précipitations.

    Keshwar Beeharry-Panray, un écologiste, déclare à IPS qu'il s'attend à ce que l'île soit touchée par davantage d'inondations, de glissements de terrain et de cyclones dans les années à venir à cause des changements climatiques.

    Beeharry-Panray, le directeur de l'Organisation pour la protection et la préservation de l'environnement, une organisation non gouvernementale locale, indique que la population n'a pas encore compris les effets que cette situation aura sur le pays, et que même le gouvernement n'a pas encore commencé à se préparer à une augmentation des précipitations sur cette île de l’océan Indien.

    "Nous n'aurons pas assez de temps de courir pour la sécurité si nous ne sommes pas préparés", dit-il.

    Les inondations ont ravagé la capitale mauricienne, Port-Louis, le 30 mars. Au total 11 personnes ont été tuées, une centaine ont été blessées et des milliers de dollars de dégâts ont été causés aux bâtiments, routes, véhicules, magasins et aux maisons. Les services d'urgence étaient submergés et incapables de fournir une réponse efficace à la catastrophe.

    Vassen Kauppaymuthoo, un ingénieur en environnement et un consultant privé sur les questions environnementales, est d'accord avec Beeharry-Panray.

    "Les gens savent ce qu'il faut faire, quelles précautions prendre lorsqu'un cyclone approche l'île. Le temps se détériore et les alertes météorologiques sont lancées. Toutefois, (l’île Maurice) manque de la même préparation par rapport aux inondations et aux autres calamités naturelles", affirme Kauppaymuthoo à IPS.

    Selon le Programme des Nations Unies pour le développement, l'île est vulnérable "à une importante perte économique, aux problèmes humanitaires et à la dégradation de l'environnement comme conséquence des impacts du changement climatique. Les effets directs des changements climatiques susceptibles d’affecter l’île Maurice comprennent une augmentation de la fréquence des épisodes de précipitations intenses, la montée du niveau de la mer de 18 à 59 centimètres d'ici à 2100 et une montée de l'intensité des cyclones tropicaux".

    Lors des inondations du 30 mars, en moins de deux heures, 156 millimètres (mm) de pluie sont tombés dans la capitale, alors qu'il a plu à peine dans d'autres parties de l'île. Des torrents d'eau sont descendus des montagnes qui entourent Port-Louis et ont coulé à flots vers le centre-ville, balayant tout sur leur passage.

    Feroz Banjal, 61 ans, se rendait à la maison dans un bus lorsque le véhicule a été emporté par le déluge.

    Depuis le bus, il a aperçu quelques personnes qui se faisaient emporter par les eaux de pluies. Il est sorti du véhicule et a été entraîné par les eaux sur environ 500 mètres avant qu’un conducteur de taxi debout sur un trottoir ne l’ait sauvé.

    "Depuis 30 ans ou plus que je me rends à la capitale, je n'ai jamais vu autant d'eau dans les rues", raconte Banjal à IPS.

    Les changements climatiques constituent une réalité pour l'île Maurice. Un responsable du Service météorologique de Maurice affirme qu'à cause des changements climatiques, la pluviométrie sur l'île a changé au cours de ces dernières années.

    "Pendant les deux dernières années, l'île a souffert d'une grave sécheresse, jusqu'au début de 2013 quand il a commencé à pleuvoir un peu. En février et mars, il a beaucoup plu", explique-t-il à IPS sous couvert de l'anonymat.

    Pour Nathalie Pompom, qui vit près de Canal Dayot, un fleuve qui amène les pluies des montagnes à la mer, les fortes précipitations étaient un choc.

    "Depuis 18 ans que je vis ici, je n'ai jamais vu autant d'eau entrer dans ma maison. Nous avons tout perdu. Nous craignons pour notre avenir", indique Pompom à IPS.

    Kauppaymuthoo dit que le 13 février, les inondations ont également frappé l'île, et que c'était inacceptable que moins de deux mois plus tard, les Mauriciens ne se soient pas préparés pour les inondations du 30 mars.

    "Nous avons été prévenus que davantage de choses allaient se produire, mais cette alerte est tombée dans les oreilles d’un sourd. L’île Maurice a besoin d'un plan de gestion des calamités naturelles. Une unité devrait être mise en place pour être en alerte 24 heures sur 24, et elle peut prendre des décisions rapidement pour sauver les vies et éviter des dégâts matériels", indique Kauppaymuthoo.

    "Au fur et mesure que le temps passe, les catastrophes naturelles augmenteront à cause des changements climatiques", ajoute-t-il.

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