Home » Amerique du Nord, Droits de L'Homme, Headlines, Internationale, Politique »

JUSTICE-ETATS-UNIS: "La nouvelle loi en matière de défense fait des Etats-Unis un Etat fasciste"

    ATLANTA, 04 janvier (IPS) – Les militants des droits humains se déclarent particulièrement inquiets à propos de la National Defense Authorization Act (NDAA), une loi controversée qui permet la détention indéfinie et sans procès des citoyens américains.

    David Gespass, Président de l'association nationale des avocats, parle d'une « attaque incroyable contre les Etats-Unis et son patrimoine » ainsi que d'une « étape importante vers le fascisme ».

    « Depuis un certain temps, les Etats-Unis évoluent vers ce que je considère un système fasciste, à savoir l'intégration des grandes entreprises et du pouvoir étatique pour exercer une répression accrue dans le pays ainsi que montrer plus d'agressivité dans le reste du monde. Nous n'y sommes pas encore mais c'est bien la direction empruntée avec cette nouvelle loi en matière défense qui représente une étape importante », précise Gespass.

    « C'est grave. Si cette tendance continue, les gens ne pourront plus compter sur les protections garanties par la Constitution », réagit Debra Sweet, directrice de l'organisation World Can't Wait (le monde ne peut attendre).

    Guantanamo

    La nouvelle loi contient plusieurs dispositions controversées comme la détention illimitée de suspects d'infractions terroristes. Le précédent gouvernement du président George W. Bush avait déjà mis en place de telles dispositions juste après les attentats du 11 septembre 2001 où les suspects avaient été mis en prison et sans procès à Guantanamo Bay à Cuba. Lorsque ces détentions ont été contestées devant les tribunaux, le gouvernement américain s'était référé à l'autorisation d'utiliser la force militaire (AUMF), une disposition approuvée par le Congrès américain le 18 septembre 2001.

    « Je sais que beaucoup d'élus qui avaient voté pour cette disposition AUMF ne réalisaient pas vraiment jusqu'où cela pouvait nous mener. C'était une disposition qui précisait que le président pouvait faire tout ce qui est nécessaire », a déclaré Gespass. Le nouveau texte dans le NDAA vise à ancrer cette idée dans une loi qui permettra aux États-Unis de mettre n'importe qui en prison sur base de simples suspicions.

    Droits civils

    En décembre dernier, cette nouvelle loi a été approuvée par la Chambre des représentants et le Sénat et samedi passé, le président Obama a également apposé sa signature.

    Plusieurs parlementaires américains avaient déjà exprimé leur préoccupation. Hank Johnson, Martin Heinrich et trente autres élus ont, par exemple, envoyé une lettre à la commission défense du Congrès. Ces élus affirment leur opposition contre « une autorisation générale pour la protection et l'utilisation de la force militaire contre des ennemis sous un titre général qui va plus loin que la législation en vigueur. »

    « L'autorisation ne prévoit pas de limitation géographique et est inacceptable car trop largement définie », écrivent-ils. « Nous sommes très inquiets car cette disposition peut mettre en péril les protections prévues dans le quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième amendement soumettant ainsi les citoyens américains à l'emprisonnement ou la persécution par les militaires ».

    (FIN/IPS/2012)

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa