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JUSTICE-ONU: Choc à l'ONU: abus sexuels commis par des Casques bleus en Haïti

    NEW YORK, 24 janvier (IPS) – L’État caraïbéen d’Haïti, qui peine toujours à se remettre du séisme dévastateur de 2010, est confronté pour la troisième fois en cinq ans à une affaire d’abus sexuels perpétrés sur des mineurs par des Casques bleus.

    La semaine dernière, des officiers de police de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) ont été impliqués dans deux affaires « d’exploitation et d’abus sexuels impliquant des mineurs ». « Les Nations unies sont choquées par ces allégations et prennent leurs responsabilités très au sérieux dans cette affaire », a déclaré lundi aux journalistes le porte-parole de l’organisation, Martin Nesirky.

    Étant donné la gravité de la situation – et la récurrence des viols commis par des Casques bleus en Haïti – les Nations Unies ont déjà envoyé une équipe d’enquête dans la capitale, Port-au-Prince, « afin d’examiner ces allégations avec le plus grand sérieux ».

    M. Nesirky a souligné le rôle clef que joue la hiérarchie de la MINUSTAH lorsque de telles accusations sont proférées. Il a ajouté que la mission prendrait des mesures afin de soutenir les victimes présumées. La nationalité des officiers de police impliqués dans l’affaire n’a cependant pas été révélée.

    Contrairement aux allégations de mauvaise conduite attribuée à des éléments des contingents militaires, les enquêtes portant sur des éléments civils et de police relèvent de la responsabilité des Nations Unies. Les contingents civil et policier des missions de maintien de la paix sont traités comme des fonctionnaires internationaux, sous l’autorité des Nations Unies.

    Mariano Fernandez, Représentant spécial en Haïti du Secrétaire général de l'ONU et Chef de la MINUSTAH, a réitéré son "engagement à faire respecter la politique de tolérance zéro en matière d'abus commis par le personnel de la mission internationale".

    Il a ajouté que chaque membre du personnel des Nations Unies, qu'il soit civil, militaire et policier, est tenu d'observer un niveau de conduite exemplaire.

    « C'est là un engagement qu'il prend en rejoignant l'Organisation des Nations Unies où que ce soit dans le monde. Nous continuerons à prendre les mesures les plus strictes afin d'assurer, le cas échéant, que les coupables de tels actes soient sanctionnés avec la plus grande sévérité », a-t-il poursuivi.

    En novembre 2007, 108 agents militaires du Sri Lanka servant en Haïti ont été expulsés vers leur pays d’origine après avoir été accusés d’exploitation et d’abus sexuels sur des mineurs. Un des Casques bleus expulsés avait alors déclaré, non sans insolence, à la presse locale : « A quoi s’attend-on d’autre lorsque l’ONU nous fournit des préservatifs gratuits ? »

    Étant donné que les Nations Unies n’ont aucun droit politique ou légal de condamner les militaires, la plupart d’entre eux échappent aux sanctions, soit parce que les gouvernements nationaux se refusent à en donner, soit parce que ces mêmes gouvernements sont trop lents à rendre la justice au sein de leurs propres systèmes judiciaires.

    L’année dernière, cinq Casques bleus uruguayens ont été accusés de viol sur un adolescent haïtien. La scène avait été filmée, ce qui avait entraîné des manifestations et des protestations contre les Nations Unies dans les rues de Port-au-Prince.

    Cependant, au début du mois de janvier cette année, les cinq violeurs ont été relâchés par une cour militaire uruguayenne étant donné que le jeune Haïtien de 18 ans ne pouvait être retrouvé. Les autorités uruguayennes ont promis de rouvrir le dossier si le jeune homme se produisait à la barre.

    Dans une lettre adressée en 2007 aux Nations Unies, Ezili Danto, Présidente du réseau du leadership des avocats haïtiens (HLLN), expliquait que des petites filles de 13 ans consentaient à avoir des relations sexuelles avec des Casques bleus en Haïti pour à peine 1 dollar.

    Les viols fréquents en Haïti, ainsi que durant d’autres missions de maintien de la paix en République Démocratique du Congo et en Côte d’Ivoire, ont alarmé l’ONU. Les allégations d’abus sexuels ont entaché les missions onusiennes depuis leur avènement il y a plus de 50 ans.

    Ce problème a été au centre de l’attention après que les Nations Unies ont découvert, en 2005, que les Casques bleus au Congo avaient des relations sexuelles avec des femmes et des jeunes filles congolaises généralement en échange de nourriture ou de sommes d’argent dérisoires.

    Le département responsable des missions de maintien de la paix de l'ONU a instauré une politique de « tolérance zéro » face aux agressions sexuelles, un nouveau code de conduite pour ses quelque 110.000 Casques bleus postés partout dans le monde, et de nouvelles formations pour ses officiers et tout son personnel.

    Le phénomène n’est cependant pas enrayé et les viols de femmes ou de mineurs se répètent dans le monde entier, lors des missions de maintien de la paix.

    Les Nations Unies ont affirmé avoir tout mis en œuvre pour lutter contre ce fléau depuis 1999, lorsque des Casques bleus en Bosnie avaient été accusés d’implication dans un réseau de prostitution.

    En 2003, l’ONU a instauré sa politique de « tolérance zéro » pour l’exploitation et les abus sexuels. Actuellement, tous les Casques bleus suivent un entraînement intensif focalisé sur les comportements sexuels.

    (FIN/IPS/2012)

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