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KENYA: Des lacs clé succombent aux activités humaines

    By Peter Kahare

    RIFT VALLEY, Kenya, 24 jan (IPS) – Il y a plusieurs années, les lacs Kamnarok et Ol Bollosat au Kenya étaient des étendues d'eau vivantes qui soutenaient et déterminaient les écosystèmes qui les entouraient. Mais aujourd'hui, ils sont des coquilles vides, à cause de l'ensablement provoqué par des activités humaines.

    "L'ensablement se produit toujours, le lac s'assèche et cela menace le lac Kamnarok et la faune de disparition, outre le fait que cela affecte la vie des populations qui l'entourent", a déclaré à IPS, Elijah Chemitai, gouverneur principal du comté de Baringo, dans la province de la Rift Valley. "Une grande partie est causée par des activités en amont, comme l'abattage des arbres et la fabrication du charbon de bois, les activités agricoles, le pâturage et la collecte de sable".

    Le lac Kamnarok, dans le comté aride de Baringo, est le seul bras mort (un lac en forme de croissant qui se forme lorsqu’un méandre d'un fleuve est coupé du canal principal) dans le pays. Il abritait la deuxième plus grande population de crocodiles en Afrique, après le lac Tchad.

    "Les crocodiles dans le lac étaient plus de 30.000; ils sont aujourd’hui moins de 5.000 après que beaucoup sont morts tandis que d'autres préfèrent habiter le fleuve Kerio qui a formé le lac. Des animaux sauvages à la 'Rimoi Game Reserve' (Réserve de Rimoi) à côté du lac sont en danger et le tourisme en général est menacé", explique Chemitai.

    Roy Kiplagat, un habitant du comté de Baringo, affirme que le déplacement des crocodiles signifie que les animaux domestiques risquent désormais de devenir des proies.

    "Cela se passe dans la 'Kerio Valley' (Vallée de Kerio) par laquelle passe le fleuve Kerio. Les crocodiles qui sont sortis du fleuve ont tué beaucoup de chèvres pendant qu’elles boivent de l'eau", indique-t-il.

    Chemitai déclare que le lac Kamnarok est devenu graduellement peu profond, diminuant en superficie, de dix à deux kilomètres carrés. Il affirme que les gens abattent les arbres, fabriquent du charbon et pratiquent l'agriculture dans les forêts indigènes voisines. Alors, quand il pleut, le sable est emporté dans le lac.

    Ce lac était autrefois une source d'eau pour plus de 500 éléphants et plus de 10 espèces d'autres mammifères de la Réserve de Rimoi adjacente. D'autres animaux rencontrés autour du lac sont des impalas, des phacochères, des antilopes, des léopards, des buffles et un mammifère en danger appelé 'funkleen'.

    Toutefois, Chemitai dit que le nombre de touristes visitant Rimoi a diminué au fil des ans en raison de la baisse du nombre d’animaux sauvages. Et ceux des animaux sauvages qui restent se sont repliés puisque les vaches se sont emparées de la zone pour le pâturage.

    Le braconnage constitue l’autre défi ici.

    "Des braconniers entrent dans la réserve pour faire la chasse. L'année dernière, nous avons perdu beaucoup d'animaux du fait des braconniers et nous sommes désavantagés parce que nous manquons d’assez de gardes forestiers", souligne Chemitai.

    Chemitai a déclaré que le 'County Council of Baringo' (Conseil du comté de Baringo), l'autorité locale chargée de contrôler les établissements humains, devait être en partie condamné puisqu’il était réticent à empêcher les gens de perturber les terres riveraines.

    "Nous demandons aux gens qui ont envahi le lac de quitter. Le Conseil du comté de Baringo n’a pas réussi à contrôler les installations et empêcher l'occupation illégale des terres riveraines", a ajouté Chemitai à IPS.

    Albert Lagat, un écologiste et directeur de 'Esageri Sabatia Environmental Organization' (Organisation de protection de l'environnement, Esageri Sabatia), une organisation non gouvernementale qui plante des arbres dans les bassins hydrographiques déboisés, estime qu’une mesure urgente doit être prise pour sauver le lac Kamnarok.

    Il indique que les fleuves Ketipborok, Cheplogoi, Oiwo et Chelabei, qui se jettent dans le lac Kamnarok, sont devenus complètement secs ou sont devenus saisonniers suite à la destruction de leurs sources.

    "Le lac renfermait beaucoup d'eau il y a un moment. Des mesures urgentes comme le reboisement des forêts avec des arbres indigènes, la sensibilisation des populations à protéger le lac et à libérer les terres qui se situent près du lac devraient être prises", explique Lagat.

    Il ajoute que le lac Ol Bollosat, le seul lac dans la 'Central Province' (Province centrale) et l'un des rares lacs de montagne au monde, a également subi un sort semblable.

    Un groupe de 250 familles touchées par les violences post-électorales au Kenya, qui ont déplacé environ 600.000 personnes de leurs maisons après les élections contestées de 2007 dans le pays, ont acheté des terres sur la rive du lac, sur lesquelles elles se sont installées maintenant.

    Le fait qu’elles détruisent la Forêt d’Aberdare proche a amené les fleuves qui vont de la forêt vers le lac Ol Bollosat à tarir.

    Le lac Ol Bollosat abritait un certain nombre d'hippopotames et jusqu'à 200 espèces d'oiseaux, et constitue la source d'eau qui alimente 'Thompsons Fall' (Chute de Thompsons), la chute d'eau la plus touristique du Kenya. S’élevant à 2.360 mètres au-dessus du niveau de la mer, cette cascade de 72 mètres est une attraction touristique importante et une source de revenus à Nyahururu, l’une des plus grandes villes du Kenya.

    "Ce lac a diminué d’une superficie comprise entre 5.000 et 10.000 hectares à moins de 3.000 hectares actuellement en moins de trois ans. Par conséquent, des centaines, sinon des milliers, d'oiseaux se sont déplacés vers d'autres lacs ou sont morts; les hippopotames ont continué de mourir, avec des touristes préférant aller à d'autres endroits", a souligné Lagat à IPS.

    Lagat affirme qu’en dépit de l'ordre du gouvernement, il y a un an, que les gens perturbant la forêt d'Aberdare soient déplacés, rien n'a été fait.

    L'année dernière, le ministère de l'Environnement a introduit une politique qui guidait l'abattage des arbres d'eucalyptus dans les zones humides et le long des berges. Ces arbres sont accusés de consommer d'énormes quantités d'eau.

    "Certaines personnes ont Toutefois continué de planter ces arbres au détriment des rivières et bassins hydrographiques importants", déclare Lagat.

    Cependant, William Kimosop, un garde de réserve à Baringo, affirme que le 'Kenya Wildlife Service' (Service de protection de la faune et de la flore du Kenya) travaille dur afin de protéger ces ressources et ouvrir la région au tourisme.

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