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KENYA: Une gouvernance perfectible

    By Isaiah Esipisu

    NAIROBI, oct 21 (IPS) – Kimani Wanyama*, un homosexuel vivant à Nairobi, sait ce que signifient les violations des droits humains. Pendant trois ans, ses tentatives pour recevoir le traitement pour une gonorrhée rectale ont abouti à une violence verbale et à une stigmatisation intense de la part de ceux-là même qui sont censés l’aider.

    "Dans de nombreuses cliniques, les spécialistes médicaux m’insultaient et me faisaient croire que j’avais commis un très grand péché pour avoir eu des relations sexuelles anales", a-t-il déclaré. "Chaque fois que je suis allé dans un centre médical pour le traitement, j’ai reçu un accueil très cruel. Et pour les trois fois que j’étais traité, la maladie a récidivé".Après trois ans de souffrance, Wanyama a été finalement traité correctement à Liverpool VCT, une ONG (Organisation non gouvernementale). Et bien que le progrès soit lent, les attitudes sont en train de changer au Kenya.En août 2010, le pays a adopté une nouvelle constitution qui pourvoit aux réformes politiques, agraires et celles sur le genre. Mais dans un pays qui a connu deux mois de violence post-électorale et des massacres ethniques de décembre 2007 à janvier 2008, les questions de droits humains et de gouvernance doivent être encore abordées.L’indice Ibrahim sur la gouvernance publié le 4 octobre indique qu’il reste beaucoup à faire pour avancer vers la bonne gouvernance, puisque le classement du Kenya a reculé en matière de bonne gouvernance depuis le dernier indice.L’enquête de 2010 de la fondation Mo Ibrahim a classé le Kenya au 27e rang en matière de gouvernance générale, un recul de cinq places à partir du 22e rang en 2009.Le pays a remporté 55,5 pour cent en matière de droits humains et de participation. Ce qui dépasse de loin l’Egypte qui a eu 35 pour cent en matière de participation mais qui était en 10e position pour la gouvernance générale, et la Tunisie qui a eu 37,7 pour cent en participation et en droits humains et qui a occupé le huitième rang en gouvernance.Mais l’avocate de défense des droits humains, Catherine Mumma, pense que la lutte pour les droits humains est en train de prendre de l’élan et qu’elle mène lentement vers la bonne gouvernance.Récemment, la ministre kenyane des Programmes spéciaux, Esther Murugi, a fait une sortie publique pour soutenir le droit de la communauté gay et lesbienne à accéder aux services de soins de santé comme toute autre personne. "Je n’ai aucune excuse à présenter. La communauté gay est classée parmi les populations à haut risque de VIH/SIDA; par conséquent, elle a le droit d’accéder aux services de soins de santé, et elle ne doit pas être stigmatisée", a-t-elle déclaré.De pareils activismes hardis en appui aux droits humains ont fait voter les prisonniers kenyans lors des récents sondages référendaires, qui ont conduit à la promulgation en août d’une nouvelle constitution kenyane. "C’est ce pourquoi nous luttons, en tant que société civile à travers la Commission nationale des droits de l’Homme du Kenya. Tous les Kenyans doivent avoir un droit égal, indépendamment de leur état de santé, de leur religion, de leurs croyances, de leur mode de vie, et ainsi de suite", a déclaré Mumma. "La gouvernance facilite ou entrave les droits humains".La participation et les droits humains ont été simplement l’un des indicateurs utilisés pour évaluer la gouvernance dans tous les 53 pays africains listés sur l’indice. Les trois autres sont la sécurité et la souveraineté du droit, les opportunités de développement économique durable, et le développement humain."Avec la nouvelle constitution en place, acceptée par de nombreuses personnes et avec une société civile active, nous espérons des changements majeurs dans le système de gouvernance du pays", a déclaré Dr Ekure Aukot, un avocat de défense des droits humains, qui a dirigé la Commission des experts sur la constitution récemment promulguée.Cependant, déclare-t-il, ceci peut ne pas être facilement réalisable sans une bonne volonté politique et un engagement des législateurs."Comme le disent de nombreux experts, le Kenya a élaboré et promulgué la meilleure loi de la région, pouvant fortement améliorer son mode de gouvernance. Cependant, cette loi demeurera un document inutile si elle n’est pas totalement appliquée", a-t-il ajouté.Il a observé que la bonne gouvernance dépend du type de leadership et de l’unité des citoyens dans un pays donné."Il est intéressant de voir en quoi les pays sont des mondes à part en termes de gouvernance, bien qu’ils soient sur le même continent africain. Tout commence avec le leadership et l’unité des citoyens dans un pays", a-t-il déclaré.Cependant, les experts pensent qu’en dehors de la corruption, l’instabilité politique dans un pays est une cause majeure de mauvaise gouvernance, et partant, de pauvres moyens d’existence des citoyens."Nous devons faire en sorte que le côté politique de la gouvernance ne soit pas négligé. Nous avons vu à partir de preuves et de l’expérience à travers le monde que la divergence entre la gouvernance politique et la gestion économique n’est pas viable à long terme", a déclaré Salim Ahmed Salim, un membre du conseil d’administration de la fondation Ibrahim, dans une déclaration publiée lors du lancement du rapport."Si l’Afrique doit continuer à progresser, alors nous devons faire attention aux droits et à la sécurité des citoyens", a-t-il ajouté.Aukot note que le respect des indicateurs de gouvernance a un énorme rôle à jouer pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement en Afrique."Les dirigeants doivent considérer cet indice comme un outil important, qui les aidera à savoir là où leurs pays ont mal fait et à s’améliorer en apprenant à partir des pays qui ont bien fait", a déclaré Aukot.Tous les pays qui ont eu un mauvais résultat dans le classement de l’indice Ibrahim, ont des taux élevés de mortalité infantile et maternelle, et des niveaux élevés de pauvreté et d’anarchie.* Le nom a été changé.

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