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KENYA: Une petite marge de profit entrave l’accès aux médicaments antipaludiques subventionnés

    By Isaiah Esipisu

    NAIROBI, 1 juin (IPS) – Dans les rues de Nairobi, James Odhiambo va d’une pharmacie à une autre, à la recherche des médicaments antipaludiques marqués au logo du Fonds mondial, une feuille verte. Il recherche cette marque spécifique parce qu’il apprend que c’est dix fois moins cher que le même médicament produit par différents fabricants.

    Il l’achète finalement à 'Nila Pharmacies' le long de 'Accra Road' – le sixième point de vente qu’il a visité ce matin."On a diagnostiqué chez mon frère le paludisme hier soir dans une clinique privée, dans la banlieue de Dandora, dès son retour d’un congé de deux semaines à Kisumu, ville située au bord du lac. C’est pourquoi je suis venu en ville pour acheter les médicaments", déclare Odhiambo, gardant une ordonnance médicale de la 'Samaritan Health Clinic' – où son frère a été examiné.Odhiambo affirme, cependant, que son frère ne pouvait pas acheter les médicaments antipaludiques dans la clinique où il a été examiné parce que les médicaments disponibles étaient chers, coûtant 400 shillings kényans (KES) (cinq dollars). C’est le prix en moyenne pour les médicaments antipaludiques au Kenya."Nous avons toujours vu ces médicaments subventionnés en publicité dans tous les médias. Nous n’allions pas perdre les 400 KES – équivalents à deux jours de salaires – pour une dose similaire", a indiqué Odhiambo, qui travaille comme un ouvrier occasionnel dans la ville.Les médicaments auxquels Odhiambo se réfère sont subventionnés à travers le 'Affordable Medicines Facility – malaria' (Fonds pour des médicaments abordables pour le paludisme – AMFm). Tous les médicaments fabriqués sous ce projet ont le logo d’une feuille verte. Il est géré par le Fonds mondial avec l’appui des Nations Unies, du ministère britannique du Développement international et d’autres donateurs concernés.Le Kenya était l’un des tout premiers pays en Afrique à mettre en œuvre ce projet en août 2010, dans lequel une dose pour un adulte devrait être vendue en détail à 40 KES ou 50 cents, et une dose pour les enfants de moins de cinq ans coûterait 10 KES.Toutefois, plusieurs pharmacies à travers le pays ont profité de cette subvention pour maximiser des bénéfices. "Il y a deux mois, nous avons demandé à nos reporters des différentes régions du pays, y compris les régions rurales, de vérifier les prix de détail des médicaments antipaludiques subventionnés. Comme résultat, nous avons découvert que les pharmaciens les vendaient à des prix différents qui se situent entre 80 KES (un dollar) et 240 KES (trois dollars)", affirme Gatonye Gathura, le reporter scientifique en chef à 'Nation Media Group' au Kenya.Une pharmacienne, dans une pharmacie privée à 'Buruburu Estates' à Nairobi, a expliqué à IPS qu’elle a dû augmenter le prix simplement parce que si elle vendait les médicaments au prix de détail recommandé, cela ne serait pas financièrement intéressant pour elle – considérant le coût de leur transport, de chez les distributeurs, et les autres frais.Selon la société 'Harley's Ltd', le distributeur de l’une des marques recommandées pour la subvention, une dose pour un adulte doit être vendue aux détaillants à 26 KES (plus de 25 cents) pour être vendue aux consommateurs au prix recommandé de 40 KES (50 cents).

    Mais comme beaucoup de pharmaciens, la pharmacie de Linda Atieno n’a pas en stock les médicaments subventionnés. "Si je vends une dose des médicaments Coartem non subventionnés par exemple, je fais un bénéfice allant jusqu’à 200 KES (plus de deux dollars). Cela ne se compare pas avec le bénéfice que je ferais sur une dose de la version subventionnée du Coartem – qui est de 14 KES", explique-t-elle.

    Pour réduire les cas dans lesquels les pharmaciens augmentent le coût des médicaments subventionnés, le gouvernement s’est lancé dans des campagnes de sensibilisation à travers les médias pour informer les Kényans de la disponibilité des médicaments, et des prix recommandés par dose.Selon Dr John Logedi, le directeur adjoint du programme à la Division de lutte contre le paludisme, la campagne de sensibilisation aidera les consommateurs à faire un choix en toute connaissance de cause et leur permettra de rechercher les boutiques qui vendent ces médicaments au vrai prix.Techniquement, le gouvernement du Kenya n’a pas de contrôle sur les médicaments vendus dans les pharmacies du secteur privé parce que le marché des produits pharmaceutiques dans le pays est basé sur le concept du 'consentement mutuel entre acheteur et vendeur'.Jusqu’à présent, les médicaments subventionnés au Kenya sont distribués à travers les secteurs public et privé à la fois.Cependant, malgré les difficultés à rechercher les pharmacies qui ont en stock les médicaments subventionnés et qui les vendent aux prix corrects, Odhiambo admet que le programme de subvention est un grand soulagement pour plusieurs personnes ayant un revenu maigre comme lui. "La plupart d’entre nous ne peuvent pas s’offrir les médicaments non subventionnés dont le coût atteint 600 KES (plus de sept dollars). La subvention est donc une bonne nouvelle pour la plupart d’entre nous", a-t-il déclaré.Dans les régions rurales marginalisées telles que Turkana, les pharmacies privées n’ont pas encore commencé à mettre en stock les médicaments subventionnés, malgré le lancement du programme depuis plusieurs mois. "Nous avons les médicaments subventionnés dans les centres de santé publics à l’intérieur de 'Turkana Central'. Mais pas dans les pharmacies privées", a indiqué Dr Gilchrist Lokoel, responsable principal de la santé de 'Turkana Central' à l’Hôpital du district de Lodwar.La phase 1 de l’AMFm est déjà en cours d’exécution dans neuf régions pilotes, dans huit pays: Cambodge, Ghana, Kenya, Madagascar, Niger, Nigeria, Ouganda et Tanzanie (continentale et Zanzibar).

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