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LIBERIA: Aucune politique pour les filles élèves enceintes

    By Winston Daryoue

    GBARNGA, Libéria, 16 juil (IPS) – Patricia Kollie devrait être à l'école aujourd'hui, mais elle est plutôt à la maison à Gbarnga, au Libéria, pilant un tas de feuilles de manioc dans un mortier en bois. Tout son corps est légèrement enflé. Sa robe est un peu trop serrée au ventre.

    La maison de Kollie est à quelques minutes de marche du Collège luthérien Saint-Mark dans la ville de Gbarnga, dans le comté de Bong, à 164 kilomètres de la capitale Monrovia. Kollie a 21 ans, et est en classe de première. C'est parce qu'elle a raté l'école pendant les 14 années de guerre civile dans ce pays d’Afrique de l’ouest, qui a seulement pris fin en 2003, mais une période au cours de laquelle le système éducatif s'est effondré.La fin de la guerre aurait dû lui fournir une opportunité pour reprendre ses études. Mais en juin, elle a été renvoyée pour être tombée enceinte."Nous étions cinq à être enceintes. Ils nous ont appelées au bureau. Ils ont dit 'Vous êtes enceintes. Puisque vous estimez que vous êtes grandes, allez à la maison. Je ne peux pas vous garder dans mon école'", a expliqué Kollie.Kollie a affirmé qu'elle a supplié Peter Jutee, le directeur, de lui permettre de rester dans cette école privée, mais il a refusé indiquant que le fait d’être enceinte et de demeurer inscrite constitue une violation du règlement de l'école. Les écoles privées conçoivent leur règlement et la branche éducative de l'église luthérienne au Libéria a élaboré celui du Collège luthérien Saint-Mark."Nous avons pris la décision en ligne avec notre propre règlement", a déclaré Jutee. "L’article 10.2d stipule que nous ne pouvons pas garder des femmes enceintes à l'école. Après l’accouchement, nous les réadmettons".Kollie et les quatre autres filles ont imploré l'administration afin de terminer l'année scolaire, mais cet appel a été rejeté.La loi sur l'éducation au Libéria est muette sur ce qui devrait arriver aux filles qui tombent enceintes en pleine année scolaire.La grossesse et par la suite l’abandon scolaire constituent juste l’un des nombreux problèmes qui limitent l'accès à l'éducation pour les filles au Libéria.Les filles dans les zones rurales ont même plus d’obstacles sur leurs chemins. Des pratiques traditionnelles ainsi que le manque d'écoles et de soutien financier sont quelques-uns des défis qu'elles doivent relever.En avril, plus d'une centaine d’écolières dans le district de Mah, dans le comté de Nimba, dans le nord du Libéria, ont été retirées de force de l'école pour une initiation traditionnelle. A l'école traditionnelle, les filles sont excisées et "préparées à la vie de mariage".La situation dans le district de Mah a entraîné la fermeture totale de toute l'école et le chargé de l'éducation dans le comté a retiré les enseignants pour être réaffectés ailleurs.Les défis dans l'éducation des petites filles sont incontestables, mais aussi, leur capacité à contribuer à la croissance du Libéria est indubitable.Lors du lancement de la Politique nationale sur l'éducation des filles en avril 2006, la première femme présidente démocratiquement élue du Libéria et d'Afrique, Ellen Johnson Sirleaf, a parlé de la façon dont "l'éducation des filles deviendra une pierre angulaire du développement au Libéria". Sirleaf a déclaré que le Libéria œuvre à "devenir un nouveau pays avec une vision partagée pour l'éducation des filles afin de se libérer de la pauvreté, la discrimination et de la maladie".Une politique de l'enseignement primaire gratuit et obligatoire a été instituée par le gouvernement Sirleaf comme un moyen pour réaliser des progrès vers la réalisation de l’Objectif deux du millénaire pour le développement, qui appelle à l'éducation primaire universelle pour tous les enfants d'ici à 2015.Cette politique est en train d’atteindre son objectif principal, qui est un accroissement des taux de scolarisation. Au cours des trois dernières années, le taux de scolarisation, en particulier au niveau primaire, a augmenté de 50 pour cent.Toutefois, la question d’un service de qualité est une indication difficile et troublante; cela comprend un espace physique approprié pour l’apprentissage pour accueillir le nombre croissant d'écoliers et écolières inscrits ainsi que des instituteurs suffisamment formés qui sont disponibles pour enseigner régulièrement.La vision claire de Sirleaf au sujet de l'éducation est encore loin d'être atteinte. La pauvreté, la grossesse chez les adolescentes, l'analphabétisme et le viol font des victimes parmi les jeunes femmes libériennes.'Save the Children', une organisation caritative britannique, rapporte qu'une fille sur trois au Libéria accouchera avant son 20ème anniversaire – l'un des taux les plus élevés de la maternité des adolescentes au monde.Un rapport publié en février par le groupe 'Defence for Children International' (Défense des enfants – International) indique que le viol est le crime le plus couramment signalé au Libéria, avec des filles âgées de 10 à 14 ans comme les victimes les plus fréquentes.La situation de Kollie illustre les défis auxquels sont confrontées les filles qui cherchent une éducation. Elle a dit qu'elle est tombée enceinte parce qu'elle avait besoin du soutien financier de l'homme qui l’a engrossée."L'homme qui m'a enceintée m’aidait seulement", a-t-elle indiqué. Maintenant dans une tournure ironique des événements, parce qu'elle porte son bébé, Kollie ne peut plus bénéficier des frais de scolarité que le père de son enfant lui donnait. Les contributions scolaires dans l’école privée coûtent environ 7.000 dollars libériens, soit 92 dollars US; le salaire mensuel d'un fonctionnaire libérien.

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