Home » Afrique, Headlines, Internationale, Politique »

LIBERIA – POLITIQUE: L'opposition libérienne réclame la démission de la Présidente-lauréate du Prix Nobel de la Paix

    MONROVIA, 10 octobre (IPS) – Les partisans de l'opposition au Liberia sont descendus en masse dans les rues pour exiger le départ de la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf. La manifestation coïncide avec la récente attribution du Prix Nobel de la Paix à Johnson-
    Sirleaf.

    A l'étranger, Ellen Johnson-Sirleaf a recueilli des applaudissements pour son prix Nobel (également attribuée cette année à la militante libérienne Leymah Gbowee et la journaliste yéménite Tawakkul Karman) mais dans son propre pays, l’attribution du prix a provoqué des sentiments mitigés.

    L’information en provenance de Stockholm est tombée au moment où le Congrès pour le changement démocratique (CDC), le principal parti d'opposition au Liberia, organisait son grand rassemblement à Monrovia pour réclamer le changement politique.

    Demain (mardi) aura lieu les élections présidentielles au Libéria et Ellen Johnson-Sirleaf est candidate pour exercer un second mandat à la tête du pays.

    Soutien pour Charles Taylor
    Selon le Comité Nobel, Madame Johnson-Sirleaf a reçu le prix pour avoir « contribué à la paix au Libéria, au développement économique et social du pays et pour avoir renforcé la position des femmes. »
    Mais selon le CDC, c’est plutôt elle qui a apporté la guerre au Liberia. Les opposants se réfèrent ainsi à son soutien financier au profit de l'ancien président Charles Taylor, aujourd'hui inculpé à La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

    En 1989, Taylor a lancé un coup d'Etat qui avait provoqué une longue guerre civile de quatorze ans dans le pays. Plus d'un quart de million de personnes ont perdu leurs vies durant ce conflit. En 2009, la commission Vérité et Réconciliation a publié son rapport sur cette guerre civile. Johnson-
    Sirleaf, qui était devenu présidente en 2005, figurait sur la liste des 49 politiciens qui ne devaient plus faire de la politique pendant trente ans en raison de leurs liens avec les parties belligérantes dans cette guerre civile. Peu de temps après, la Présidente avait été forcée de présenter ses excuses à ses compatriotes. Elle avait précisé que son soutien pour Charles Taylor avait été effectué dans l'espoir de renverser le dictateur Samuel Doe.

    Le soutien international
    Johnson-Sirleaf, qui a étudié à l’Université de Harvard et a travaillé pour l'ONU et la Banque mondiale, est accusé par ses opposants de se réfugier derrière le soutien international et de ne pas écouter ses propres électeurs libériens.

    Winston Tubman, le candidat à la présidence du CDC, estime que l’attribution du Prix Nobel démontre à nouveau que la vision de la communauté internationale n’est pas la même que celle des Libériens. Il a précisé que l'opposition comptait suivre son combat de manière pacifique pour installer le changement dans le pays.

    Résister à la dictature
    L’un des milliers de partisans du CDC qui manifestaient dans les rues était David Mzor (36 ans). Ce militant estime inapproprié l’attribution du prix Nobel à la présidente Johnson-Sirleaf. « Je ne pense pas que la Présidente Sirleaf mérite ce prix parce qu'elle a échoué à réconcilier le peuple libérien. Elle n'est pas une conciliatrice. Notre avenir est désormais incertain. Ce n'était pas la bonne façon de faire disparaître Samuel Doe du pouvoir. Il y avait d'autres alternatives. »
    Les partisans de Johnson-Sirleaf estiment au contraire que la Présidente a bien apporté la paix et la stabilité dans le pays en dépit des obstacles importants. « Elle a apporté la paix au Libéria », répète Prince Worzie, tandis qu’il observe les manifestants du CDC.

    Selon John Ballout, sénateur du parti gouvernemental Unity Party et membre de la campagne présidentielle de Johnson-Sirleaf, cette stratégie de l’opposition qui consiste à dépeindre la Présidente comme un soutien des criminels de guerre ne vise en réalité à distraire l’opinion publique. « Oui, elle a soutenu tous les combats contre la dictature dans ce pays. Elle n'a jamais soutenu des conflits ou de guerres, elle n’a fait que soutenir la résistance. »

    (FIN/IPS/2011)
    * en collaboration avec Stephen Binda et Saye Messah

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa