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LIBYE: Des loyalistes de Kadhafi continuent d’agir avec des armes

    By Mel Frykberg

    TRIPOLI, 17 août (IPS) – La situation sécuritaire reste tendue en Libye puisque des violences par des voitures piégées, des assassinats politiques de hauts responsables militaires et cadres du gouvernement, des attaques contre le personnel diplomatique étranger et des organisations non gouvernementales.

    Par ailleurs, de jeunes gens continuent sans relâche de régler de petites disputes avec des fusils automatiques AK-47.IPS a parlé avec des loyalistes armés de Kadhafi qui ont juré qu'ils intensifieront leur combat. Des sources gouvernementales affirment tour à tour que les auteurs sont des loyalistes de l’ancien président Mouammar Kadhafi ou des islamistes animés de vengeance.Cette situation trouble est encore aggravée par le bâillonnement de la diffusion d'informations dans les médias locaux, et les forces de sécurité libyennes qui empêchent les journalistes étrangers de couvrir les scènes d'attaques de première main ou de prendre des photos.Sur deux samedis d'affilée, un journaliste a été réveillé par l’explosion d’une voiture piégée devant mon hôtel au centre-ville de Tripoli, la deuxième du genre depuis la mort de Kadhafi en octobre 2011.Un véhicule de sécurité appartenant à des membres de l'armée libyenne, garé à l'hôtel 'Four Seasons' dans la rue Omar Al Mukhtar, était la cible. Au matin du samedi précédent, une autre voiture piégée avait explosé devant le quartier général de la police militaire de Tripoli juste sur la route. Une personne a été blessée dans cette dernière attaque."Nous croyons que les anciens partisans de Kadhafi sont derrière cette attaque ainsi que celle de samedi dernier (11 août)", a déclaré un membre des forces de sécurité assis dans l'un des nombreux véhicules de sécurité qui ont foncé sur les lieux pour boucler la rue."Ces Tahloob (loyalistes de Kadhafi en arabe) sont de beaux parleurs, disant qu'ils mèneront une contre-révolution contre le mouvement du 17 février (début de la révolution contre Kadhafi en Libye). Ils pourront seulement mener de petits actes de sabotage, rien de majeur", a affirmé à IPS l'un des hommes de la sécurité.Peu de temps après, le black-out sur les informations a commencé lorsque des soldats lourdement armés ont empêché la prise de photos, et ont indiqué que les journalistes étaient interdits dans la zone. Un officiel du ministère de l'Intérieur de la Libye a refusé de commenter davantage.La semaine dernière, un certain nombre de Tahloob ont été tués lorsque les forces de sécurité libyennes ont attaqué une ferme où des loyalistes se cachaient après qu’ils ont été signalés comme ayant coordonné l'attentat à la voiture piégée devant le quartier général de la police militaire de Tripoli.L’un des membres qui a survécu a été accusé d'avoir mis en place des cellules dormantes en Libye et d'avoir sillonné la frontière libyenne avec la Tunisie à partir de laquelle lui et plusieurs camarades auraient fait entrer clandestinement des armes en Libye pour déstabiliser le pays après Kadhafi.Les services des renseignements de la Libye prétendent également que le groupe était en possession de sept autres bombes, l'une d'elles destinée à un autre hôtel à Tripoli. Des documents qui les lient avec l'un des fils de Kadhafi, Saadi, qui est en résidence surveillée au Niger, auraient été également trouvés sur le survivant. Saadi a averti au début de l'année qu’il était en contact avec des cellules dormantes qui organisaient la résistance clandestine.IPS a réussi à obtenir une interview exclusive avec des loyalistes de Kadhafi dans le quartier d'Abou Salim à Tripoli, l'un des derniers bastions des partisans de Kadhafi et théâtre de certains des combats les plus féroces entre les loyalistes et les rebelles pendant la révolution.Peu avant la mort de Kadhafi, Abou Salim était inondé d’armes dans une dernière tentative de résistance contre la révolution."Nous attendons le bon moment. Nous n'abandonnerons pas. S'ils (le nouveau gouvernement) pensent que nous sommes une force épuisée, ils se trompent", a déclaré à IPS, Ahmed, qui a combattu avec les forces de Kadhafi et a réussi à s'échapper d'un camp de détention des rebelles l'année dernière.Ahmed affirme avoir tué un certain nombre de rebelles, et est maintenant dans la clandestinité. Lui et les autres personnes interviewées ne seraient pas d’accord que leurs noms de famille soient publiés, et que leurs photos soient prises pour des raisons évidentes de sécurité."Tous les hommes dans ce quartier sont armés, mais nos fusils sont enterrés dans le sol parce que la zone est régulièrement attaquée par les forces de sécurité en quête d'armes et d'hommes recherchés", a expliqué à IPS, Muntasser, un autre loyaliste.Pendant ce temps, au cours des trois dernières semaines, plus de deux douzaines de hauts responsables militaires ou officiels du gouvernement ont été assassinés à Benghazi. Bon nombre des hommes étaient des anciens loyalistes de Kadhafi qui ont fait défection pour rejoindre les rebelles après avoir servi auparavant dans le régime de l’ancien président.Certaines personnes estiment que les insurgés islamistes sont derrière les attentats, puisque des armes libyennes inondent les conflits dans les pays voisins, notamment dans le Sinaï (Egypte), au Mali, au Nigeria et en Syrie, où des dizaines de combattants ont rejoint l'Armée syrienne libre.

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