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LIBYE: Les islamistes menacent l’avenir du pays

    By Mel Frykberg

    TRIPOLI, 13 sep (IPS) – Le meurtre de l'ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, s’est produit à la suite d'une nouvelle menace de l'intégrisme islamique qui a secoué la Libye au cours de ces dernières semaines.

    Un certain nombre d'attaques présumées des salafistes sont menées contre des consulats et intérêts étrangers à Benghazi depuis la fin de la guerre. Certaines ambassades à Tripoli ont été menacées récemment.

    Des radicaux ont également prévenu les femmes libyennes leur demandant de s'habiller de façon conservatrice et de couvrir leurs cheveux. Les djihadistes ont appelé à la ségrégation des sexes dans les établissements scolaires.

    Des signes de la montée en puissance des salafistes sont manifestes en Libye, tels que la récente destruction des mausolées soufis. Depuis l’hôtel Al Mahary Radison Blu, à Tripoli, les eaux turquoises de la mer Méditerranée peuvent être vues en train de clapoter le long des kilomètres de plages de sable blanc poudreux. Mais ce point de vue magnifique est marqué par des amas de décombres et poutres en acier pliées dans du béton.

    Les bâtiments détruits ne sont pas le résultat du bombardement des bâtiments de renseignement ou militaires appartenant au régime du feu Mouammar Kadhafi par l'Organisation du traité Atlantique Nord (OTAN), mais un mausolée soufi et une mosquée de l'époque ottomane.

    IPS a été témoin de la destruction délibérée, avec des bulldozers et des pelles, du mausolée et de la mosquée par des salafistes armés, pendant que des membres des forces armées et de la police libyenne se tenaient à côté et les protégeaient, tout en interdisant l’accès aux journalistes et en bloquant la route à la circulation.

    Les salafistes suivent une souche puritaine de l'islam et croient que le soufisme (une secte islamique mystique), et la danse qu’ils pratiquent, sont hérétiques.

    La destruction a été faite pendant trois jours malgré les protestations du public, et l'indignation exprimée par certains membres du gouvernement libyen qui ont accusé le ministère de l'Intérieur non seulement de n’avoir pas protégé les sites historiques, mais aussi de son implication possible dans leur démolition.

    Certains des islamistes qui ont pris part à cette destruction seraient des membres actuels du Comité suprême de la sécurité (CSS), un regroupement de milices et d'autres forces de sécurité libyennes, comprenant environ 100.000 hommes, avec des loyautés variées et des idéologies différentes. Le CSS est soupçonné d'avoir été fortement infiltré à la fois par des islamistes et des loyalistes endurcis de Kadhafi.

    Une foule de Libyens cocardiers et joyeux était descendue une fois sur la place des Martyrs, appelée la place Verte sous Kadhafi, pour célébrer la nouvelle liberté de la Libye après la chute du régime de Kadhafi. Mais ce goût de la liberté peut être de courte durée.

    Trois mausolées soufis à Tripoli, Zliten et à Misrata (à l’est de Tripoli) ont été systématiquement détruits, et une bibliothèque contenant des centaines de livres et de manuscrits historiques a été incendiée. Environ 30 tombes soufies, dans la vieille ville de Tripoli, ont été attaquées.

    Le ministre de l'Intérieur de la Libye, Fawzi Abdel Al, a provoqué l'indignation lorsqu'il expliquait l'incapacité des forces de sécurité à intervenir. Il a dit qu'il n'était pas prêt à accepter que des vies soient perdues pour "certaines vielles tombes". Il a admis que les extrémistes religieux lourdement armés étaient trop nombreux et trop puissants face aux forces de sécurité libyennes faibles.

    "Si nous abordons ce problème en utilisant la sécurité, nous serons obligés d'employer des armes, et ces groupes ont d'énormes quantités d'armes. Ils sont puissants et nombreux en Libye", a déclaré Abdel Al aux journalistes.

    Enhardis par leurs "succès", les salafistes ont tenté d'attaquer une autre mosquée soufie près de la ville de Benghazi le vendredi 7 septembre, mais cette fois, ils ont été confrontés à la brigade 'Libya Shield' de l'armée. Trois salafistes ont été tués dans un échange de tirs, et sept autres blessés. Deux salafistes ont été tués samedi, et cinq autres blessés, quand ils ont attaqué un autre mausolée soufi à Ajlayat, 80 km à l'ouest de Tripoli.

    Les salafistes ont prévenu contre des représailles, en signe de l’escalade de la guerre sectaire.

    Ces derniers développements surviennent pendant que des analystes préviennent que des islamistes, y compris des membres d’Al-Qaïda, cherchent à combler le vide politique et alimenter des conflits régionaux après le Printemps arabe. Une première spéculation selon laquelle après les premières élections libres et démocratiques en presque 50 ans, en juillet, la Libye inverserait la tendance islamiste dans les pays voisins, semble avoir été prématurée.

    Daniel Nisman, directeur des renseignements à 'Max Security Solutions', un cabinet-conseil en matière de risques géopolitiques basé à Tel-Aviv, en Israël, déclare: "Le renforcement de l'extrémisme islamique représente un échec politique clair de la part des autorités libyennes, qui ont refusé de qualifier ces violences comme une menace nationale. Aussi dangereux qu’ils soient, les islamistes sont la partie émergée de l'iceberg quand il s'agit de menaces ignorées à la sécurité nationale de la Libye".

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