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MADAGASCAR: Ces femmes chefs d’entreprises qui réussissent

    By Leevy Frivet*

    ANTANANARIVO, 7 sep (IPS) – On les surnomme souvent avec une pointe de mépris les «Ranavolona» du nom d’une ancienne reine malgache réputée pour sa fermeté et son manque de clémence. Aujourd’hui, le nom est utilisé pour démontrer l’autorité exercée par de nombreuses femmes chefs d’entreprises à Madagascar.

    Au regard des dispositions du Protocole de la SADC sur le genre et le développement, ratifié par Madagascar, beaucoup reste à faire quant à l’accès égal des femmes à l’éducation et au monde du travail. Mais certaines femmes ont réussi à se hisser sur les plus hautes marches du podium comme ce fut le cas de la reine Ranavolona.

    Ainsi, dans la société malgache, on trouve de nombreuses femmes à la tête d’entreprises. Le plus vieux quotidien malgache, 'Midi Madagascar', est dirigé par une femme: Juliana Andriambelo Rakotoarivelo. Elle est à la tête du groupe Midi depuis plusieurs décennies, un groupe de médias comprenant plusieurs journaux malgaches et une chaîne de télévision. Elle est l’épouse de Mamy Rakotaorivela, président du Conseil de transition – le parlement malgache.

    Andriambelo Rakotoarivelo tient d’une main ferme le groupe Midi et a su gérer cet organisme en dépit de l’arrivée d’Andry Rajoelina au pouvoir car tout sépare le pouvoir actuel du groupe de presse des Rakotoarivelo.

    Elle est fille d’une mère journaliste, Marthe Andriambelo, et d’un père poète journaliste, Eddy Rajaofera. Sa mère s'est formée sur le tas en suivant son mari. Andriambelo Rakotoarivelo a fait des études supérieures mais c’est son mari, Rakotoarivelo, expert-comptable, qui assurait la direction et la gestion du groupe de presse Midi. Il lui a légué le pouvoir quand il est entré en politique, créant dans la foulée, le quotidien malgache le plus vendu nommé 'Gazetiko'. A force de forger, Andriambelo Rakotoarivelo a réussi à tenir solidement les rênes du groupe.

    Les médias et notamment la communication sont un domaine où les femmes excellent à Madagascar. On note aussi la montée en puissance de Nathalie Rabe, ancienne ministre de la Communication et directrice exécutive de la compagnie de communication 'Novo Comm Ogilvy'. Une agence qui a déjà été primée à plusieurs reprises et dont les compétences ne sont pas remises en cause.

    Rabe a su prouver que la communication est un atout à Madagascar et dans une interview, elle va encore plus loin, affirmant que sa boîte n’a rien à envier aux entreprises de communication étrangères. «Novo Comm est une agence de communication globale créée il y a neuf ans. Nous œuvrons aussi bien dans la publicité que dans les relations publiques».

    «Novo Comm Ogilvy est une agence de communication qui conseille ses clients et met en œuvre les plans de communication décidés avec les annonceurs. Notre rôle est de définir au mieux les actions pour atteindre les cibles en tenant compte des différentes contraintes sur le terrain», ajoute-t-elle.

    Rabe ne craint pas la concurrence bien que de nombreuses agences de communication et de boîtes de production aient vu le jour ces derniers temps.

    «La concurrence permet de stimuler un marché, mais elle doit être saine. Il y a encore une mauvaise compréhension du secteur. Certaines personnes pensent que si une société travaille dans le domaine des supports publicitaires, il s’agit d’une agence de communication, il en est de même pour les sociétés de productions audiovisuelles ou même certaines entreprises d’événementiels», déclare Andriambelo Rakotoarivelo.

    «Mais les grandes agences de communication se professionnalisent et dans le cas de Novo Comm Ogilvy, nous n’avons rien à envier aux agences étrangères avec lesquelles nous sommes en concurrence dans les concours», affirme-t-elle.

    Une autre patronne malgache est Johanne Rasamoely, la directrice de 'Teknet Group'. Elle a eu le courage de mettre sur pied son entreprise dans une période de crise politique. 'Teknet Group' est une société de services en ingénierie informatique, fondée en 2000. Rasamoely est diplômée en sciences politiques et en finances-comptabilité. Elle possédait quelques années d’expérience dans un centre d’appels quand elle a tenté sa chance pour être son propre chef.

    Elle a commencé par un petit cybercafé offrant toutefois une formation spécifique en ingénierie informatique. Au fil du temps, elle a su gagner la confiance et Teknet a pu élargir ses activités à la représentation exclusive de matériels informatiques de marques connues, au développement de logiciels et de sites Web.

    Membre de la Chambre de commerce France-Madagascar et de l’Association des femmes entrepreneurs de Madagascar, Rasamoely a reçu le trophée du Jeune entrepreneur décerné par la Banque nationale d’investissements en 2006. Comme quoi l’ambition, le dur labeur et la persévérance sont toujours payants.

    *(Leevy Frivet est journaliste à Maurice et a écrit pour 'Gender Links', une ONG de défense des droits des femmes en Afrique australe. Cet article est publié en vertu d’un accord de coopération entre Gender Links et IPS).

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