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MALAWI: Espoir de relancer l’économie par la dévaluation qui frappe les pauvres

    By Claire Ngozo

    LILONGWE, 24 mai (IPS) – Pendant que les pauvres au Malawi ont du mal à acheter de la nourriture et autres denrées de base depuis la dévaluation de 48 pour cent de la monnaie locale par rapport au dollar, des commentateurs économiques sont optimistes que cette mesure sera une occasion de booster le marché d'exportation du pays.

    Le 7 mai, la présidente du Malawi, Joyce Banda, a pris la décision de dévaluer le kwacha – la monnaie locale – de K168 à K250 par rapport au dollar.La chute de la monnaie par rapport au dollar a durement touché les habitants. Le Malawi est l'un des pays les plus pauvres au monde: 74 pour cent de la population de cette nation d'Afrique australe vit avec moins de 1,25 dollar par jour, et près d'un enfant sur 10 meurt avant son cinquième anniversaire.La dévaluation du kwacha a créé la panique parmi les consommateurs qui se sont précipités pour s'approvisionner en produits alimentaires de base comme la farine de maïs, l'huile de cuisson et le riz puisque le prix des produits a augmenté en moyenne de 50 pour cent.Les consommateurs ont subi un autre coup le 11 mai puisque les prix du carburant et d'électricité ont aussi augmenté de 30 et 63 pour cent, respectivement."La dévaluation nous a rendu plus pauvres qu'avant. Nos salaires demeurent inchangés, alors comment pouvons-nous payer le double du prix des nécessités de base comme la farine de maïs?", a demandé Mada Mayuni, une fonctionnaire qui travaille comme dactylographe dans la capitale, Lilongwe.Mayuni est une veuve et s'occupe de sept enfants âgés de quatre à 16 ans."Je ne sais pas comment nous allons survivre parce que mon salaire suffit juste pour le transport, pour aller et revenir du service. Peut-être que je devrais retourner au village et essayer l'agriculture de subsistance", a-t-elle déclaré à IPS.Matthews Chikankheni, le président de la Confédération des chambres de commerce et d'industrie du Malawi, un partenariat des entreprises et des associations représentant tous les secteurs de l'économie du Malawi, a indiqué à IPS que bien que les personnes moyennes souffrent, la dévaluation du kwacha était un ajustement nécessaire qui devrait être bien accueilli puisqu’elle renforcerait le commerce d'exportation du pays."C'est une chance pour les exportateurs d’améliorer leurs revenus. La dévaluation signifie que les exportations seront moins coûteuses et les importations plus chères, et en tant que pays, nous devons profiter de cette situation et exporter davantage", a expliqué Chikankheni.En dévaluant le kwacha, Banda répondait aux requêtes que le Fonds monétaire international (FMI) et des économistes locaux ont adressées au président défunt du pays, Bingu wa Mutharika. Cependant, Mutharika avait plusieurs fois refusé de faire le pas qui, selon les économistes, aurait sauvé l'économie défaillante du pays.Les relations du Malawi avec les donateurs ont beaucoup souffert suite aux accusations selon lesquelles le gouvernement de Mutharika a refusé de respecter les droits humains des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres ainsi que le droit à la liberté de la presse.Les bailleurs avaient refusé de débloquer jusqu'à 400 millions de dollars et les Etats-Unis ont suspendu une subvention de 350 millions de dollars. A l'époque, près de 40 pour cent du budget national du Malawi dépendait des donateurs. Beaucoup de bailleurs de fonds ont depuis ce temps promis d'aider Banda à restaurer l'économie du pays.La dévaluation du kwacha et la libéralisation du marché des changes devraient contribuer aux efforts du gouvernement visant à parvenir à un accord rapide avec le FMI afin de débloquer les fonds des donateurs.Chikankheni a affirmé que la dévaluation augmenterait la demande pour les biens localement produits et découragerait la dépendance actuelle des produits de consommation importés, qui ont maintenant automatiquement augmenté de prix.Il a ajouté que l'augmentation des exportations signifierait que les devises étrangères seraient facilement disponibles dans le pays et entraîneraient finalement une amélioration de l'économie, qui dégoulinerait jusqu’au peuple.Actuellement, les importations annuelles du Malawi, qui sont estimées à deux milliards de dollars de marchandises, telles que des articles électroniques, des épiceries et des meubles, dépassent ses exportations. Le pays exporte 1,2 milliard de dollars de produits agricoles comme le tabac, le thé, le sucre et les arachides, selon l'Office national des statistiques.Chikankheni est optimiste que la dévaluation permettra la croissance de l'industrie du tabac.Le tabac est la principale source de recettes du pays, représentant jusqu'à 60 pour cent – soit 950 millions de dollars – de devises. Selon le ministère de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire, le tabac du Malawi représente cinq pour cent des exportations totales dans le monde.Dalitso Kubalasa, le directeur exécutif du Réseau pour la justice économique au Malawi, une coalition de plus de 100 organisations de la société civile qui fait la promotion de la gouvernance économique, a déclaré à IPS que la dévaluation rendrait les produits d'exportation du Malawi plus compétitifs sur le marché international."Sur le front des exportations, la dévaluation conduira à l’accroissement de la demande pour les produits d’exportation du Malawi dans le court terme. Dans le long terme, cela devrait stimuler la production et donc conduire à augmenter la production des biens exportables, générant de ce fait des devises", a expliqué Kubalasa.

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