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MALAWI: Les héroïnes des inondations

    By Mabvuto Banda

    NSANJE, Malawi, 17 oct (IPS) – Pour bon nombre de femmes dans le district de Nsanje, dans le sud du Malawi, en proie aux catastrophes, la résilience est nécessaire pour survivre aux inondations cycliques dans ce pays d’Afrique australe.

    Chrissie Davie, 24 ans, mère de quatre enfants, a sauvé deux de ses trois enfants de la noyade quand l'eau a rempli sa maison pendant qu'elle dormait au début de cette année.

    Environ 6.157 familles ont perdu leurs biens, plus d'un millier d'hectares de champs de cultures ont été ruinés et 343 maisons ont été détruites en quelques minutes lorsque le cyclone tropical Funso venu du canal du Mozambique a atteint le sud du Malawi en janvier. La région est touchée par de fortes précipitations vers cette période de chaque année.

    "L'eau entrait si rapidement qu’au moment de me réveiller, c’était trop tard pour Chimwemwe, mon plus jeune fils", a-t-elle déclaré à IPS.

    Chimwemwe était déjà mort quand elle est arrivée pour le sortir des eaux de crue. Il n’avait que 18 mois.

    Davie a utilisé un bidon vide pour faire flotter ses deux enfants restants, Saulos, quatre ans, et Moses, deux ans, vers un lieu sûr.

    Elle a atteint Chikoje, l'une des écoles à 'Traditional Authority Mbenje', dans le sud du Malawi.

    Mais en quelques heures, elle, et les autres personnes qui y ont trouvé refuge, ont abandonné l'école à la montée des eaux de crue. Elles ont marché pendant des heures avant d’arriver dans un camp d'urgence des Forces de défense du Malawi appelé 'Nyatwa'.

    Sandram Chale se rappelle comment en 2003 sa femme l'a sauvé quand des crues rapides ont touché leur village à Nsanje.

    "Ma femme a tenu fermement ma main droite et m'a sorti de l'eau qui avait rempli notre maison pendant que nous dormions… J'étais soûl, trop faible pour nager", a indiqué Chale. Il parlait des inondations causées par deux semaines de pluies torrentielles qui ont détruit des milliers de maisons dans huit districts, laissant 300.000 personnes dans la misère, faisant huit morts et plusieurs disparus.

    Dorothy Chale n'a pas seulement sauvé son mari. Elle a également sauvé ses quatre enfants de la noyade lorsque des eaux enragées se sont déversées dans leur maison après que les rives des fleuves Ruo et Shire ont éclaté.

    Ce sont quelques-unes des histoires inédites de la bravoure extraordinaire des femmes dans cette partie du pays. Mais elles ne sont pas les seules à se débrouiller en temps de catastrophes ici.

    Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ce pays enclavé, pauvre en ressources, est vulnérable à une gamme variée de chocs et de catastrophes, y compris des inondations annuelles et la sécheresse une fois tous les trois à cinq ans.

    "Bien que l'impact probable des changements climatiques ne puisse pas être encore précisé pour le Malawi avec un niveau de confiance élevé, les prévisions pour l'Afrique australe indiquent qu'il est susceptible d’être confronté à certains des changements climatiques les plus extrêmes", déclare le PNUD.

    Parce que 65 pour cent de la population du pays vit en dessous du seuil de pauvreté, avec un pourcentage écrasant des 16 millions d’habitants du Malawi vivant dans les zones rurales et dépendant du maïs pour leurs moyens de subsistance, il y a un besoin "d'élaborer une stratégie nationale de réduction des risques de catastrophe et de l'intégrer dans les politiques et programmes du gouvernement", souligne le PNUD.

    Le Malawi a commencé à prioriser la réduction des risques en 2009, et le ministère des Affaires de Gestion des Catastrophes du pays a reçu environ 99.000 dollars pour mener une sensibilisation sur la gestion des risques de catastrophe dans le budget 2011-2012.

    Environ 3,2 millions de dollars sont mis de côté pour faire face aux catastrophes, selon un rapport conjoint du Réseau pour la justice économique du Malawi, 'Christian Aid' et le Centre pour la politique environnementale et le plaidoyer. Cependant, ce montant est retenu par le trésor et non le ministère des Affaires de Gestion des Catastrophes.

    "Le ministère des Affaires de Gestion des Catastrophes a besoin d'avoir sa propre voix avec des ressources suffisantes pour ses activités au lieu d'attendre la même chose du trésor. Cela renforcerait ses programmes puisque quelques-unes des catastrophes sont en réalité devenues très prévisibles récemment", indique le rapport intitulé: "Projet d’analyse du budget national 2011-2012 avec un accent sur les changements climatiques".

    Agnes Chembe, 25 ans, a appris, par une expérience douloureuse, les conséquences dévastatrices de ces catastrophes prévisibles.

    "Ma maison était à proximité du fleuve, mais elle a été balayée au cours des dernières inondations. Elle a été détruite", a-t-elle expliqué à IPS.

    Elle vit maintenant dans une maison couverte de paille à environ un kilomètre du fleure Shire.

    C'est la troisième fois qu'elle a été forcée de se déplacer à cause des inondations. Comme la plupart des villageois de Nsanje, elle utilise désormais les connaissances locales pour se préparer aux prochaines inondations.

    "Je sais par exemple que la prochaine saison des pluies n’amènera pas des inondations dévastatrices comme celles de l’année dernière", a-t-elle affirmé.

    "Mais je me prépare déjà à me déplacer sur de hautes terres avant l’arrivée de la catastrophe", a indiqué cette mère de trois enfants qui vit seule avec ses gosses. Son mari, a-t-elle dit, travaille à Blantyre, la capitale économique du pays, et rentre à la maison seulement une fois tous les six mois.

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