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MALI: Cissé reconnaît sa défaite et félicite son adversaire IBK à la présidentielle

    By Soumaila T. Diarra

    BAMAKO, 13 août (IPS) – L’économiste Soumaila Cissé, candidat au second tour de l’élection présidentielle au Mali, a félicité son challenger Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) lundi soir à Bamako alors que les résultats provisoires du scrutin du 11 août ne sont même pas encore annoncés.

    Cissé qui avait promis de respecter les résultats du second tour, n’a pas attendu la proclamation officielle des résultats pour féliciter son adversaire.

    «Le président Ibrahim Boubacar Keïta a gagné les élections d’une belle manière. Au lieu des traditionnelles félicitations par téléphone, j’ai décidé de lui rendre visite à la maison pour le féliciter, ce qui relève d’une tradition bien malienne», a déclaré Cissé lundi sur une chaîne de télévision locale.

    Visiblement ému, IBK s’est réjoui de la visite surprise de son adversaire, qui était en compagnie de sa femme et ses enfants. «C’est le symbole d’un Mali nouveau, qui s’inscrit dans la ligne que ceux qui nous ont devancés ont souhaité», a affirmé IBK sur la même télévision.

    Le geste de Cissé a été salué par la majorité des Maliens comme une action symbolique positive pour la démocratie, qui fait la fierté du peuple malien.

    Cette convivialité tranche pourtant avec la méfiance qui a caractérisé la période entre les deux tours de l’élection. Arrivé deuxième au premier tour avec un peu plus de 19 pour cent des voix, Cissé avait mis en garde le gouvernement malien contre la répétition de la fraude qu’il avait dénoncée au scrutin du 28 juillet.

    Son parti, l’Union pour la République et la démocratie (URD), avait multiplié, dans la journée, les déclarations, soutenu par ses alliés du Front pour la démocratie et la République (FDR). Ils avaient notamment dénoncé le fait que des centaines de milliers de Maliens n’aient pas pu voter au premier tour faute de cartes d’électeur et de matériel électoral dans certains bureaux de vote.

    IBK qui a été soutenu au second tour par la plupart des candidats malheureux au premier tour, n’a pas accepté le débat télévisé que son adversaire avait sollicité. Son équipe de campagne estimait qu’i n’y avait pas de temps pour un tel débat, la Cour constitutionnelle ayant proclamé les résultats du premier tour le 7 août et le lendemain était la fête du Ramadan.

    Mieux organisé selon des observateurs, ce second tour a su éviter les erreurs et dysfonctionnements constatés au premier tour tenu les électeurs ayant retrouvé rapidement leurs bureaux de vote.

    Le gouvernement a poursuivi la distribution des cartes d’électeur jusqu’à la veille du scrutin. Ensuite, l’encre indélébile n’a plus été utilisée pour les empreintes digitales des électeurs afin de réduire le nombre de bulletins nuls qui avoisinaient 400.000 au premier tour.

    En attendant les chiffres officiels, selon les observateurs, le taux de participation au second tour est important mais faible, contrairement au premier tour où il représentait plus de 48 pour cent. Les électeurs se sont mobilisés notamment à Bamako, la capitale, malgré une pluie tombée sur la ville le matin.

    Abdoulaye Diarra, politologue à Bamako, voit dans l’engouement des Maliens pour les deux tours de l’élection, une manifestation du traumatisme subit par le pays du fait de l’occupation récente par des djihadistes.

    «Le peuple revendique un Etat normal; nous avons été meurtris, des terroristes nous ont envahis. Cette mobilisation est aussi un message à la classe politique pour qu’elle comprenne que les choses doivent changer désormais», déclare Diarra à IPS.

    Face aux nombreuses critiques des candidats sur les problèmes rencontrés au premier tour, le gouvernement malien a pris des mesures pour une bonne organisation du second tour.

    Mamadou Diamoutani, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a expliqué à la télévision nationale que les forces de sécurité ont reçu l’ordre d’interdire les attroupements dans les centres de vote pour combattre la fraude.

    Au premier tour, des électeurs corrompus ont reçu de l’argent en contrepartie de la photo de leur vote prise sur leur téléphone portable. «Nous avons reçu l’ordre de mettre à la disposition de la police tout électeur surpris en train de prendre une photo sur son téléphone portable dans un bureau de vote», a indiqué Alou Diabaté, délégué de la CENI au quartier de Baco Djicoroni à Bamako.

    Dans le centre de vote de ce quartier, tous les électeurs pouvaient facilement retrouver leurs bureaux de vote qui ont ouvert leurs portes à 8 heures conformément à la loi. «C’est sûrement à cause des mesures prises par le gouvernement pour que le vote se passe bien. Par exemple, les gens pouvaient connaître leurs bureaux par SMS avant le jour du vote», a ajouté Diabaté à IPS.

    Dans les régions du nord, le second tour scrutin s’est aussi déroulé dans le calme et les difficultés d’organisation du premier tour n’ont pas été signalées. Contacté par IPS, Ousmane Cissé, un délégué de la CENI dans la région de Kidal, a expliqué le scrutin s’est déroulé sans incident.

    Deux jours avant le second tour, le 9 août, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) avait publié un communiqué pour réaffirmer son attachement à l’accord signé à Ouagadougou en juin. Cet accord a permis l’organisation de l’élection à Kidal, fief des rebelles touaregs et le redéploiement progressif de l’armée et l’administration maliennes dans cette région.

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