Home » Afrique, Droits de L'Homme, Economie et Travail, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

MALI: Les partis politiques demandent un dialogue avec les rebelles touaregs

    By Soumaila T. Diarra

    BAMAKO, 8 fév (IPS) – Les partis politiques du Mali ont proposé mardi au gouvernement d’organiser un forum de paix et de réconciliation, du 17 au 19 février, pour mettre fin à la rébellion touarègue déclenchée depuis quelques semaines, dans le nord du pays, par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

    Cette rébellion a fait des dizaines de victimes aussi bien dans les troupes de l’armée régulière que celles des rebelles, même si aucun bilan précis n’a été encore établi de sources indépendantes. La crise a provoqué en outre un début de violences interethniques dans plusieurs villes maliennes.

    Les combats ont également poussé des milliers de civils maliens à se réfugier dans les pays frontaliers, selon le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés. L’agence onusienne a annoncé mercredi le déploiement des «équipes d'urgence dans les pays voisins du Mali pour aider à couvrir les besoins d'environ 20.000 personnes qui ont été forcées de fuir les combats dans le nord du pays», dont la plupart se trouvent au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie.Aussi les partis politiques maliens recommandent-ils au gouvernement de «prendre attache avec les gouvernements d’Algérie, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Niger et solliciter leur concours en vue de l’ouverture d’un dialogue avec les groupes rebelles».

    Ils demandent en outre aux autorités maliennes de contacter les principales personnalités touarègues et arabes qui ont quitté le Mali et qui se trouvent dans ces pays voisins; de rencontrer les ambassadeurs d’Algérie, du Burkina Faso, de Mauritanie, du Niger, des Etats-Unis, de France, de l’Union européenne et de Suisse, pour aider à organiser le forum de paix et de réconciliation.Mais le président malien, Amadou Toumani Touré, avait déclaré, le 3 février, que le gouvernement comptait maintenir l’élection présidentielle prévue pour le 29 avril au Mali, tout en poursuivant les opérations militaires contre les rebelles touaregs dans le nord du pays.

    Le président l’a confirmé en recevant les représentants des partis politiques, le 4 février à Bamako, la capitale malienne. Il s’est engagé à «tout mettre en œuvre pour se retirer le 8 juin 2012, après avoir organisé des élections crédibles et transparentes dans les délais constitutionnels», selon Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale et candidat à la présidentielle.

    Le chef de l’Etat a néanmoins appelé les populations maliennes à ne pas faire d’amalgame entre les insurgés et les civils touaregs. En effet, de nombreux habitants du sud du pays montrent de plus leur mécontentement face aux attaques des rebelles touaregs. Des manifestations violentes se sont déroulées dans plusieurs villes du sud du pays, du 31 janvier au 2 février, pour dénoncer la «timidité des réactions des autorités» contre la rébellion.Les manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes comme Kayes, Ségou, Sikasso et Bamako. Elles dénonçaient la «la timidité de la réponse» des autorités face aux attaques rebelles, mais elles ont souvent dégénéré. Par exemple, des commerces appartenant à des Touaregs ou aux gens ayant l’apparence des Touaregs ont été saccagés à Kati», a affirmé à IPS, Modibo Diaby, un témoin des violences à Kati, dans le sud.Ces manifestations ont encouragé le chef de l’Etat à confirmer la poursuite des opérations militaires engagées par l’armée contre les rebelles touaregs, selon des analystes. «L’armée a tout ce dont elle a besoin pour sécuriser les populations du pays. On continue d’envoyer armes et des munitions», a affirmé le président Touré, qui recevait, le 3 février, une délégation des épouses des militaires combattant les rebelles au front.Toutefois, le président malien avait invité ses compatriotes à éviter l’amalgame entre les rebelles et les civils touaregs. «Ceux qui ont attaqué certaines casernes militaires et localités au nord ne doivent pas être confondus avec nos autres compatriotes touaregs, arabes, songhoïs, peuls qui vivent avec nous», avait déclaré Touré à la télévision nationale, le 1er février.La première attaque rebelle lancée par le MNLA a eu lieu, le 17 janvier, contre la ville de Menaka. Cette nouvelle rébellion touarègue a attaqué plusieurs autres garnisons de l’armée régulière dans le nord du pays.

    Après les journées de violences circonscrites par la police anti-émeute dans les villes du sud, des initiatives se sont multipliées pour appeler les populations au calme. Le ministre malien de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Semega, a déclaré, le 2 février, que tous les Touaregs ne sont pas dans la rébellion. «Sur près de 3.600 Touaregs intégrés dans l’armée nationale, il y a moins d’une centaine seulement qui ont déserté», a-t-il affirmé.Selon une source militaire, 300 combattants touaregs, venus de Libye, sont déployés avec l’armée malienne dans les localités de Kidal, Tessalit et Gao, dans le nord du Mali. Ces combattants, qui sont de la communauté touarègue Imghad, étaient positionnés à Kidal avant leur déploiement dans ces localités. La même source ajoute qu’ils se sont mis à la disposition du commandement militaire et du chef des opérations de l’armée régulière, le colonel Elhadj Gamou, un Touareg intégré dans l’armée malienne en 1992, après la rébellion de 1991.

    Selon Cheikna Hamalla Sylla, un journaliste basé à Bamako, la ville de Kidal qui est l’objectif des insurgés, n’a pas été attaquée jusqu’ici à cause du dispositif militaire mis en place par l’état-major et la présence des soldats Imghad, qui représentent le plus gros lot des contingents de soldats rentrés de Libye, après la chute du colonel Mouammar Kadhafi.

    Bien avant l’éclatement de la rébellion en cours au Mali, deux représentants de cette communauté touarègue, le colonel Waqqi Ag Ossad et le comandant Inackly Ag Back, avaient été reçus par le chef d’Etat malien, le 3 décembre 2011. Ces deux officiers touaregs avaient déclaré au président que leur unité était prête à remettre leurs armes à l’armée malienne et à servir l’Etat.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa