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MALI: L’ONU examine le plan d’intervention dans le pays

    By Carey L. Biron

    WASHINGTON, 27 sep (IPS) – Le Conseil de sécurité des Nations Unies a commencé mercredi à débattre d'un plan de déploiement de soldats ouest-africains de maintien de la paix pour lutter contre l'insurrection islamiste depuis six mois dans le nord du Mali.

    Au Conseil de sécurité, les Etats-Unis et la France ont vigoureusement soutenu l'appel pour une implication internationale plus grande, comme l’ont fait plusieurs dirigeants africains. Mais alors que la France, l'ancienne puissance coloniale au Mali, mène depuis des mois la campagne pour une implication militaire étrangère, les Etats-Unis sont réticents à soutenir officiellement une telle opération.

    La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déclaré au Conseil de sécurité que la situation au Mali était "non seulement une crise humanitaire", mais aussi "une poudrière que la communauté internationale ne peut pas se permettre d'ignorer". Toutefois, elle a semblé s’être retenue d'appeler à une intervention immédiate.

    "Les Etats-Unis soutiennent la nomination d'un envoyé supérieur de l'ONU habilité à conduire un effort international global sur le Mali et la création d'un groupe diplomatique central", a-t-elle dit. "Nous devons former les forces de sécurité au Mali, les aider à déloger les extrémistes, à protéger les droits humains, et à défendre les frontières".

    Depuis fin-mars, grâce à un vide du pouvoir provoqué par un coup d'Etat à Bamako, la partie massive du nord du Mali est tombée sous le contrôle de plusieurs groupes vaguement alignés de nationalistes de l’ethnie touarègue, d’islamistes, de trafiquants de drogue et d’opportunistes.

    Mardi, 'Human Rights Watch' a publié un nouveau rapport prévenant que les groupes armés islamistes sont devenus "de plus en plus répressifs", y compris le fait d’avoir recruté plusieurs centaines d'enfants pour combattre.

    Au début de cette semaine, après de longues négociations, le gouvernement de transition du Mali a officiellement accepté une force d'intervention de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l’ouest (CEDEAO). Cette décision a mis fin au sentiment de longue date que l'idée d’envoyer des troupes étrangères au Mali, bien que paraissant de plus en plus inévitable, n'est pas néanmoins restée politiquement inacceptable, sinon impossible, à Bamako.

    Une partie de ce sentiment tient à une fierté de longue date parmi les Maliens pour avoir chassé les troupes françaises avant l'indépendance en 1960, une période à partir de laquelle aucune troupe étrangère ne s’est stationnée dans le pays. En outre, il y a une méfiance généralisée au Mali même de la CEDEAO, à cause des suspicions à l'égard de certains de ses membres, en particulier la Côte d'Ivoire.

    Au cours du mois dernier, la CEDEAO aurait indiqué qu’elle disposait d’environ 3.300 soldats en attente, prêts à entrer au Mali à la suite d’un accord. En outre, la France a offert un appui logistique pour toute intervention.

    Bien que l’accord de cette semaine soit l'étape la plus critique vers une mission de paix étrangère, il stipule toujours l’obtention de l’appui des Nations Unies. Cependant, les premières informations indiquaient, mercredi, que le Conseil de sécurité était divisé sur la question.

    Un objectif limité au terrorismeBien que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ait déclaré mercredi à l'Assemblée générale des Nations Unies que "le Mali et ses voisins ont besoin de votre attention", il a également prévenu que "toute solution militaire envisagée devrait être considérée avec beaucoup de prudence". "Cela pourrait avoir de graves conséquences humanitaires, notamment de nouveaux déplacements et des restrictions à l'accès humanitaire".

    Les agences humanitaires, qui tentent actuellement d'aider quelque 1,6 million de personnes touchées par l'insécurité dans le nord du Mali, ont répété cette mise en garde, notant qu’en plus de la situation politique chaotique dans la zone, toute la région du Sahel est aux prises avec une grave crise alimentaire.

    "De nouveaux combats risquent d'augmenter les besoins humanitaires et d’obliger encore plus de personnes à quitter leurs maisons, et pourraient même rendre encore plus difficile l'accès des communautés à l'aide dont elles ont besoin", a indiqué mercredi, Mamadou Biteye, directeur régional d’Oxfam pour l’Afrique de l'ouest, une organisation humanitaire.

    Il y a un grand risque que les opérations militaires dans le nord du Mali rendent une situation humanitaire déjà précaire beaucoup pire. Au minimum, si une telle opération est lancée, toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter des victimes civiles et assurer le respect du droit international humanitaire et des droits de l'Homme.

    Oxfam prévient également contre le fait de se focaliser sur la situation au Mali uniquement à travers l’objectif limité de lutte contre le terrorisme, soulignant qu’une paix durable et la prospérité dans le Sahel signifient qu’il faut s’attaquer aux conditions de la pauvreté chronique, de la faim et de l'exclusion.

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