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MALI: Tirs de sommation de l’armée contre l’avancée des islamistes

    By Soumaila T. Diarra

    BAMAKO, 8 jan (IPS) – Des tirs à l’arme lourde ont été entendus lundi (7 janvier) par des habitants du village de Kona, dernier poste militaire malien dans le centre du pays avant la zone contrôlée par des islamistes armés plus au nord.

    Ces coups de feu visaient à stopper l’avancée d’une colonne de rebelles vers le sud de ce pays d’Afrique de l’ouest, laissant planer le risque d’un déclenchement précoce des combats entre l’armée malienne et les islamistes.

    Cette information, qui a été confirmée par le ministre malien de la Défense, Yamoussa Camara, l’a été également par des habitants de Kona. «Nous avons entendu ce soir (lundi, vers la fin de l’après-midi) des déflagrations, mais elles venaient de loin», a déclaré à IPS, Abdoulaye Cissé, un habitant du village contacté par téléphone.

    La nouvelle a été relayée tôt dans la presse malienne mardi. Selon Malijet, un site d’informations locales, «les jihadistes ont quitté Tombouctou pour venir vadrouiller à quelques kilomètres de Kona au nez et à la barbe de l’armée qui n’a pas gobé. Des tirs à l’arme lourde de l’armée malienne ont été entendus par des habitants de Kona, qui ont remarqué un léger retrait des jihadistes provocateurs».

    Le même site explique que s’il est exagéré de parler d’accrochages, il y a quand même eu des tirs à l’arme lourde contre des jihadistes distants d’une trentaine de kilomètres. «C’est dire qu’il ne manque plus qu’une petite brindille pour que l’embrasement soit une réalité, mais on n’en est pas encore là», indique-t-il. «Pour certains, cette nuit (celle de ce mardi) sera déterminante, pour les deux camps qui se regardent en chiens de faïence», ajoute le site: www.malijet.com/

    Durant toute la journée du 7 janvier, la colonne des islamistes, composée de quelques dizaines de véhicules, aurait tourné sous les yeux de l’armée malienne. Mais plusieurs sources estiment que les soldats maliens étaient restés sur la défensive.

    Contacté lundi soir à Bamako, la capitale malienne, un militaire ressortissant de la région de Gao (nord du pays), souhaitant garder l’anonymat, a confirmé à IPS l’envoi de renforts vers la ligne de front. «Je ne peux rien confirmer pour le moment, mais il pourrait y avoir bientôt des affrontements. Des renforts d’une quarantaine de véhicules ont quitté Kati (ville garnison à 15 km de Bamako) ce soir pour le front», a affirmé le soldat malien.

    Partie de Tombouctou au nord le 5 janvier, la colonne islamiste aurait campé au village de Bambara Maoudé, avant de poursuivre son avancée vers le sud du pays. Pourtant, depuis la chute des grandes villes du nord entre leurs mains, les Islamistes étaient restés sur leurs positions.

    Ce rebondissement intervient au moment où le Mali courtise ses voisins pour l’aider à rétablir l’intégrité de son territoire. Le pays peut compter sur le soutien total de la Guinée dans la recherche de solution à la crise qu'il traverse, a assuré lundi le président guinéen Alpha Condé après un entretien avec le Premier ministre malien, Diango Cissoko, en visite à Conakry, la capitale guinéenne.

    Le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé le déploiement d'une force internationale pour déloger les groupes terroristes armés du Mali, sans préciser de calendrier, indiquant que cela se fera par étapes, tout en exhortant au dialogue avec ceux qui rejetteraient le terrorisme et la partition du pays.

    Le Burkina Faso, pays voisin du Mali a été désigné médiateur dans la crise malienne par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l'ouest (CEDEAO). Des négociations devraient avoir lieu, le 10 janvier, à Ouagadougou, la capitale burkinabé, entre le gouvernement malien et les groupes rebelles du MNLA et Ansar Dine. Mais elles ont été reportées au 20 janvier pour des raisons techniques, selon des sources diplomatiques.

    L’Algérie, un autre pays voisin du Mali, est aussi médiatrice. Sous le parrainage d’Alger, Ansar Dine et le MNLA avaient annoncé fin-décembre 2012 qu’ils renonçaient aux hostilités. Mais début-janvier 2013, Ansar Dine est revenu sur cette décision, estimant, dans un communiqué, que le gouvernement malien n’avait pas réagi à sa proposition.

    Le Mali est divisé en deux depuis un peu plus de neuf mois. Des groupes armés, incluant des rebelles touaregs et des groupes jihadistes dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ont pris ensemble le contrôle des régions formant le Nord entre fin-mars et début-avril 2012, après deux mois et demi d'offensives contre l'armée et quelques jours après le coup d'Etat militaire du 22 mars à Bamako, dans le sud.

    Les jihadistes ont ensuite chassé fin-juin leurs ex-alliés rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui revendiquaient l’indépendance de la région. A présent, les islamistes multiplient les exactions contre la population du nord occupé, prétendant imposer dans la zone la charia (loi islamique).

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