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MEDIAS-PHLIPPINES: La loi contre la cybercriminalité menace la liberté de presse

    Kara Santos

    MANILLE, 01 octobre (IPS) – Une nouvelle loi aux Philippines contre la criminalité sur Internet soulève la crainte non seulement des médias en ligne, mais aussi des citoyens qui pourront désormais être poursuivis pour avoir usés de leur liberté d'expression.

    Divers médias dans le pays estiment que la nouvelle loi représente une menace pour la liberté de la presse. Les blogueurs et les utilisateurs de médias sociaux précisent que la loi permet aux autorités de fermer l'accès aux sites internet et ajoutent une responsabilité pour les utilisateurs qui font usage des fonctions « like » sur Facebook ou « retweet » sur Twitter.

    Cette loi controversée a été signée le 12 septembre dernier par le président philippin Benigno Aquino III. Dans le champ criminalité sur Internet, on retrouve dorénavant de nouvelles dispositions comme l'intrusion dans les ordinateurs, le vol d'identité informatique, la propagation du sexe et de la pornographie sur Internet.

    La loi prévoit également que la diffamation peut être considérée comme un crime par toute personne ayant commis un tel agissement en utilisant un ordinateur. Selon Luis Teodor, directeur faisant fonction du Centre pour la liberté et la responsabilité (CMFR) des médias, la nouvelle loi renforce en réalité une autre loi sur la diffamation qui est d'application depuis 82 ans. Cette loi avait été qualifiée de « draconienne » et « excessive » par le Conseil des droits de l'Homme de l'Organisation des Nations Unies.

    « À l'ère des nouveaux médias, où les citoyens ordinaires font massivement usages de Facebook et Twitter comme moyen d'expression, on est face à un acte absolument méprisable adopté par le pouvoir philippin afin de limiter au maximum la liberté d'expression », estime le spécialiste.

    Plagiat

    Le secrétaire général de l'Union nationale des journalistes des Philippines (NUJP), Rowena Paramese, qualifie la nouvelle loi de "sournoise".

    « Certaines dispositions n'existaient pas dans la version approuvée par le Sénat. Elles sont apparues soudainement dans la version signée par le président. Il n'y a pas eu de débat à propos de ces amendements de dernière minute », explique Paramese.

    Le journaliste d'investigation et blogueur Raïssa Robles affirme que le sénateur Vicente Sotto III est responsable des modifications apportées en dernière minute. C'est précisément ce sénateur qui avait été accusé d'avoir plagié le contenu de certains blogs dans ses discours officiels sans citer les blogueurs respectifs.

    La loi n'est en plus pas claire, selon Robles, quand il s'agit d'identifier ceux qui calomnient et même rend punissable toute action contenu partagé (ou re-tweeté) qui serait considéré comme diffamant.

    «Historiquement, ce sont les riches et les puissants qui font le plus usage des accusations de calomnies et de diffamations pour réduire au silence les voix critiques. Avant l'avènement de l'Internet, il était beaucoup plus facile pour eux d'étouffer la critique. Ils devaient simplement acheté des actions dans les journaux et des chaînes de télévision. Ou bien, ils décidaient de poursuivre les journalistes en justice. Ils ont désormais beaucoup moins de contrôle sur l'Internet », conclut-elle.

    (FIN/IPS/2012)

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