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MEMOIRE-GENOCIDE: Des survivants racontent leurs souvenirs d’Auschwitz

    OSWIECIM (Pologne), 24 février (IPS) – Igor Malitsky, un Ukrainien âgé de 87 ans, professeur de construction mécanique, se tient debout dans la neige sous un portail métallique. Il porte une épaisse veste d’hiver et de gros écouteurs en plastique ainsi qu'un chapeau blanc rayé de bleu sur la tête.

    Le visage de l’homme est pâle. Sa coiffe est usée et parsemée de taches de sang vieilles de plus de soixante ans. De grandes lettres en fer forment l’arche du portail au-dessus de sa tête. Trois mots, peut-être l’euphémisme le plus terrible de toute l’histoire de l’Humanité : "Arbeit Macht Frei". Le travail rend libre. Il s’agit du portail du plus grand camp de concentration du Troisième Reich : Auschwitz.

    « Mon numéro : 188 005 », récite Malitski dans un allemand quasi impeccable, en remontant sa manche gauche. Les six chiffres sur la peau blanche de son avant-bras sont un peu flous, mais l’encre bleue est toujours bien visible. Ces chiffres sont un rappel du passage de Malitski à Auschwitz, aussi permanent que ses souvenirs de cet endroit.

    « Lorsqu’ils m’ont tatoué ça avec une aiguille, je me suis senti comme un morceau de viande », explique le vieil homme d’une voix grave. « C’était ma pire expérience, dès mon arrivée dans le camp. »

    La plupart des personnes déportées à Auschwitz n’ont jamais été tatouées. Plus de 80 % des 1,1 million de personnes décédées dans l’immense camp de concentration – qui consiste en fait en un réseau de trois camps différents – ont été conduits dans les chambres à gaz ou abattus dès leur arrivée.

    900.000 victimes étaient des Juifs, les autres étaient des Sinti et des Roms, des prisonniers politiques, des témoins de Jéhovah, des homosexuels ou des personnes handicapées. Le 27 janvier 1945, l’Armée rouge de l’Union soviétique a libéré le camp avec environ 7.500 personnes.

    Après la guerre, Auschwitz est devenu un symbole et une métaphore de l’Holocauste, du génocide planifié et systématique de membres de groupes ethniques, religieux et sociaux qui ne correspondaient pas aux idéaux racistes de darwinisme social prônés par les nazis.

    Environ 1,3 million de visiteurs venant des quatre coins du monde se rendent à Auschwitz chaque année, ce qui fait de ce camp le musée le plus visité de Pologne.

    « Nous sommes certainement le seul musée au monde qui nécessite une stratégie de communication défensive », a confié à l’agence IPS le porte-parole du musée, Pawel Sawicki. « Nous recevons beaucoup de requêtes d’artistes, de journalistes ou d’hommes d’affaires. Et, en général, nous nous devons de les décliner. »

    Le camp est certes l’une des pierres angulaires de la commémoration de l’Holocauste, mais les survivants jouent un rôle crucial dans le « devoir de mémoire ». Des organisations telles que le German Maximilian Kolbe Werk, apportent un soutien aux survivants des anciens ghettos et camps de concentration et organisent des événements commémoratifs et des réunions internationales dans les écoles, les universités ou au sein même du camp d’Auschwitz.

    « Le contact entre les étudiants et les survivants est très important pour nous », a affirmé Wolfgang Gerstner, directeur d’une organisation non gouvernementale. « Les jeunes ne peuvent pas poser de questions à leur manuel d’histoire ! Rien ne peut remplacer l’opportunité de rencontrer ces victimes des camps et de leur parler. »

    Dans un reportage réalisé par le correspondant de l'agence IPS, Igor Malitski et d’autres survivants parlent de leur expérience à Auschwitz et expliquent pourquoi ils ont décidé de venir visiter le camp des années après leur calvaire. Ils confient également leurs espoirs pour les générations à venir.

    (FIN/IPS/2012)

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