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MIGRATIONS-POPULATION: Le nombre d'immigrés trop souvent exagéré

    NEW YORK, 07 décembre (IPS) – La résistance mondiale contre les migrants est principalement basée sur des préjugés négatifs découlant des débats sur l'immigration, révèle le nouveau rapport de l'Organisation mondiale pour les migrations (OIM) basé à Genève.

    Dans ce rapport, l'OIM rapporte que les gens vivant dans les pays de destination surestiment considérablement le nombre d'immigrés vivant dans leur pays, une exagération qui est parfois de plus de 300 %.

    À titre d'exemple, le rapport cite le nombre d'immigrés en Italie. En 2010, ils représentaient de 7 pour cent de la population italienne mais les sondages d'opinion indiquent que les Italiens évaluent à 25 % le nombre d'immigrés vivant dans le pays.

    Aux États-Unis en 2010, les sondages ont montré que le public américain pensait que les immigrés représentaient 39 % de la population alors qu'ils étaient en réalité 14 %.

    Chômage

    Les auteurs du rapport estiment que « la communication négative sur la migration contribue au sentiment généralisé contre les immigrés dans de nombreuses parties du monde ». Dans les pays de destination, on constate l'effervescence des stéréotypes nuisibles, de la discrimination et même de la xénophobie.

    « Il est très clair que des incertitudes en matière de cohésion, d'emploi, d'accès au logement et d'aide sociale renforcent la peur à propos des immigrés », affirme William Lacy Swing, directeur de l'OIM. La migration peut être vu comme une perte de capital humain et une source de dépendance économique dans le pays d'origine, ajoute-t-il.

    Une bonne et juste communication est toujours importante, affirme Joseph Chamie, directeur du Center for Migration Studies à New York. Mais il ajoute que les articles nuancés dans les médias n'ont pas, selon lui, un rôle majeur sur la cause de la résistance du public à l'immigration.

    Selon Chamie, il y a souvent un écart surprenant entre la vision du gouvernement et celui du public quand il s'agit de débattre à propos de l'immigration. « La plupart des gouvernements et des entreprises sont en faveur de l'immigration, tandis que le public est réticent vis-à-vis de l'étranger, surtout s'il y a des grandes différences culturelles. »

    L'identité nationale

    Tant dans les pays riches et que ceux en voie de développement, il existe des oppositions envers les flux migratoires, souligne Chamie. Outre les préoccupations concernant l'emploi et le logement, il y a généralement une crainte de perdre la culture traditionnelle et de l'identité nationale. « Les gens sentent que leur mode de vie doit être protégé contre les influences extérieures ».

    L'OIM plaide pour « un changement fondamental dans la façon dont on communique à propos de migration, en particulier en période de ralentissement économique. Dans le débat politique, la couverture médiatique forge l'opinion publique négative sur les gens et a un impact socio-économique sur la migration ».

    Il faut continuer à avoir un débat ouvert et public sur l'immigration mais pour parler sur les peurs et les sentiments négatifs des personnes à propos des migrations, affirme l'OIM. Les attitudes du public envers la migration dans l'organisation est encore fortement influencé par le statut socioéconomique, l'âge et le niveau d'éducation des personnes.

    Les jeunes qui entretiennent plus de contacts avec les populations migrantes, par exemple, sont souvent plus positifs en matière de migration, révèle un sondage allemand datant de 2009.

    Les sondages peuvent aussi être trompeurs, car les participants ne savent pas toujours clairement qui est et qui n'est pas immigré. L'IOM regrette aussi que les chercheurs et les médias donnent trop rarement la parole aux employeurs sur des questions de migration alors que ces acteurs jouent un rôle majeur en matière de migration mondiale.

    Les migrants doivent, selon Swing, plus souvent faire entendre leur voix en racontant leurs parcours. « Ils sont maintenant trop souvent mis à l'écart ou présentés comme des individus passifs, impuissants et marginalisés qu'ils ne sont pas toujours ».

    (FIN/IPS/2011)

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