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MONDE: Le rapport sur l’efficacité de l’aide plusieurs fois reporté

    By Bryant Harris

    WASHINGTON, 20 avr (IPS) – Les principaux donateurs d'aide étrangère ont une nouvelle fois retardé la publication d'un rapport destiné à mesurer la transparence, la responsabilité et la coopération de l'efficacité de l'aide.

    Le retard répété dans le rapport volontaire guidé par l'ONU, qui était au début prévu pour être publié en janvier, mais qui a été reporté pour au moins une seconde à la fin de mars, a poussé certains groupes d'aide à remettre en cause l'engagement des pays donateurs à la transparence de l’aide. Ce rapport serait le premier du genre.

    "Si vous ne faites pas savoir aux chefs d'entreprise publiques là où vous allez construire une nouvelle route, alors les propriétaires d'entreprises ne peuvent pas planifier leurs investissements", a déclaré à IPS, Gregory Adams, le directeur de l'efficacité de l'aide à Oxfam-

    Amérique, un groupe de lutte contre la pauvreté.

    "Nous voyons ce stratagème dans la sphère du développement. Si vos donateurs ne vont pas dire là où ils vont construire, comment l’agriculteur peut-il savoir produire une culture pour l'exportation ou pour la consommation intérieure?".

    La pression pour ce nouveau rapport a émergé en 2011, lorsque des responsables gouvernementaux, représentants de l'industrie et des membres de la société civile se sont réunis à Busan, en Corée du Sud, lors d'une conférence organisée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un regroupement de pays riches.

    Cette conférence a poussé les gouvernements donateurs, ainsi que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), à la création d'un nouvel organisme, le Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement (GPEDC), qui met l'accent sur la "l’appropriation" par les bénéficiaires de l'aide des stratégies de développement aux côtés d’une transparence et d’une responsabilité renforcées pour la programmation de l'aide.

    Ce cadre mondial de suivi de l'efficacité de l'aide évaluerait et suivrait les progrès réalisés dans les accords conclus à Busan, et était prévu pour être lancé au début de 2014, mais il a été reporté à plusieurs reprises.

    Les principes de Busan appellent à l'appropriation des projets de développement par les pays en développement eux-mêmes, une approche axée sur les résultats, des partenariats inclusifs avec les bénéficiaires de l'aide, ainsi que la responsabilité et la transparence mutuelles. Ils mettent l'accent sur la collaboration et les partenariats avec les bénéficiaires de l'aide pour leur permettre une contribution plus grande à la conception des stratégies de développement tout en leur permettant de s'assurer que l'argent de l'aide est utilisé sur les vrais projets de développement efficaces.

    "C'est une question fondamentale de savoir qui mène le développement. A Oxfam, nous croyons que…l'aide n'entraîne pas le développement, les gens causent le développement", a indiqué Adams.

    "L'aide ne guérit plus la pauvreté tout comme la pelle ne creuse pas une rigole ou que le marteau ne construit pas une maison. Vous avez réellement besoin de gens qui conduisent cela, et si vous privez les gens qui mènent votre développement des informations de base sur ce que vous faites, non seulement vous rater les occasions, mais vous frustrez également les gens que vous essayez d'aider à mener leur propre développement".

    Le rapport était au début prévu pour être publié avant une prochaine réunion du GPEDC le 15 avril à Mexico, afin que les donateurs puissent évaluer les progrès réalisés sur l'accord de Busan tout en développant de nouvelles stratégies pour leur mise en œuvre.

    Alors qu'il est difficile de comprendre pourquoi la publication du rapport a été retardée à plusieurs reprises, certains analystes voient un motif politique. Il apparaît que les conclusions du rapport mettront en évidence le manque de progrès réalisés dans la mise en œuvre des réformes de Busan.

    Peu de progrèsOxfam et d'autres groupes de surveillance ont exprimé des inquiétudes concernant le retard dans la publication du rapport et, plus généralement, la mise en œuvre des principes de Busan tant de la part des pays développés et de ceux en développement.

    "Les premières conclusions sur les preuves de suivi du GDEPC montrent que dans l'ensemble, peu de progrès ont été réalisés, bien qu’ils soient vendus comme un 'verre à moitié plein'", a écrit sur un blog à la fin de mars, Oxfam-Amérique. "Pour un certain nombre d'indicateurs, il est trop tôt de s’exprimer".

    "Mais les indicateurs qui mesurent les aspects de l’appropriation des pays constituent une inquiétude particulière… Contrairement aux rapports précédents sur l'efficacité de l'aide, les données sur la façon dont les différents gouvernements ont réussi ne seront pas rendues disponibles dans le rapport complet de suivi, à l'exception de l'indicateur de la transparence".

    Hannah Ryder, une chef d'équipe au ministère britannique du Développement international (DFID), note également que, bien que le rapport mesure 10 indicateurs, la réussite de chaque pays est classée uniquement sur un seul indicateur – la transparence. Elle affirme que c'est pour des raisons purement politiques, insinuant que certains donateurs sont réticents à divulguer publiquement leur performance sur la plupart des indicateurs.

    "Le PNUD et l'OCDE sont des organisations qui ne sont pas indépendantes des pays et organisations qui soumettent les données", a écrit Ryder à la fin de mars sur le portail d’un blog du DFID. "Et c'est pourquoi le classement est trop politique pour eux".

    Ryder a poursuivi: "La raison principale pour laquelle la transparence est en mesure d'être classée dans le rapport est qu'il existe déjà un rapport publié indépendamment sur la transparence qui est devenu bien connu et bien respecté … Mais pour les neuf autres indicateurs et les questions soulevées dans [le] prochain rapport, aucun de ces classements, crédibles et indépendants n’existe encore".

    Elle fait allusion à l'Indice de transparence de l'aide, publié par le groupe international de surveillance 'Publish What You Fund' (Publiez ce que vous financez). Cet indice s'appuie également sur un cadre de soumission de rapports qui découle des engagements que les donateurs ont pris lors de la conférence de Busan.

    Bien qu’Adams d'Oxfam ait dit que la transparence et la divulgation de l’aide constituent un concept relativement nouveau pour les organismes de développement, il a souligné son importance.

    "Lorsque que les données sont publiées, elles permettent aux gens de faire deux choses", a-t-il souligné. "Premièrement, ils peuvent penser d'une manière plus sophistiquée de la façon dont ils peuvent eux-mêmes investir pour mieux profiter de ces investissements pour le développement. Et deuxièmement, cela leur permet d’exiger des comptes pour ce qui est en train d’être promis".

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