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NUCLEAIRE-IRAN/ISRAEL: « Une attaque militaire ne pourra pas mettre fin au programme nucléaire iranien »

    Jim Lobe et Jasmin Ramsey

    WASHINGTON, 16 septembre (IPS) – Une attaque militaire israélienne ou américaine permettra tout au plus de retarder la construction d'armes nucléaires en Iran de quelques années et cette action sera particulièrement contre-productive. C'est ce qu'indique un nouveau rapport signé par des diplomates et des militaires américains de haut niveau.

    Une attaque dirigée seulement par Israël ne pourra retarder que de deux années le programme nucléaire iranien, selon les conclusions du rapport « Mesurer les coûts et les avantages d'une intervention militaire en Iran » qui vient d'être publié. Une plus grande attaque conjointe, y compris à l'aide de bombardements, de cyberattaques et d'infiltration, le retard peut aller jusqu'à quatre ans. Mais « la destruction complète du programme reste peu probable car l'Iran disposera encore de la capacité scientifique et de l'expérience pour redémarrer le programme si elle le désire ».

    Représailles

    Les conséquences prévisibles d'une telle action seront des représailles directes et indirectes de Téhéran dans la région et au-delà. Cela aura pour effet de briser la coalition qui soutient les sanctions envers ce régime et renforcer la détermination de l'Iran à vouloir fabriquer une telle arme. « Le leadership iranien sera encore plus convaincu que le véritable but de la politique américaine est un 'changement de régime' et donc que la construction d'une bombe est nécessaire pour prévenir de futures attaques et des humiliations du pays ».

    Ces derniers temps, la tension entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le gouvernement américain de Barack Obama a fortement augmenté. Le dirigeant israélien exige des Etats-Unis des « lignes rouges » concrètes que l'Iran ne doit pas dépasser, sous peine de déclencher l'intervention américaine. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a rejeté cette exigence, Netanyahu a alors mis en garde les Américains contre des mesures unilatérales d'Israël. « Les personnes de la communauté internationale qui refusent de signaler des lignes rouges pour l'Iran n'ont dès lors aucun droit moral à allumer des feux rouges pour Israël ».

    Dépolitiser

    Suite à la publication de ce nouveau rapport, le gouvernement américain voit ses opinions renforcées à propos de sa gestion de la crise nucléaire avec l'Iran. Le rapport est signé par de nombreuses personnalités, notamment des conseillers en sécurité, des diplomates de haut rang, des anciens chefs de renseignement et des personnalités influentes des camps républicains et démocrates. Ils ont mis six mois pour rédiger ce rapport. Les auteurs ont voulu «dépolitiser» le sujet et fournir une analyse qui se fonde seulement sur des faits. Parmi ces faits, on peut lire que l'Iran doté d'une arme nucléaire constitue un danger aussi bien pour les intérêts américains qu'israéliens. Mais l'action militaire ne devrait vraiment être que le « dernier recours » à être considérée.

    Si l'Iran décide d'opter pour la fabrication d'une bombe – cette décision n'a encore été prise et serait sans doute remarqué par le renseignement américain – le pays devra alors patienter quatre mois pour sa fabrication et encore deux ans pour la fabrication d'une ogive capable d'être montée sur une fusée.

    Pour garantir que l'Iran ne puisse jamais fabriquer une bombe nucléaire, il faut nécessairement miser sur une guerre navale et aérienne d'au moins une année. Pour ensuite pouvoir changer le régime et briser la puissance iranienne dans la région, il faut en plus passer par une occupation du terrain, indique le rapport. Le document décrit longuement les dangers et les conséquences d'un tel scénario. L'une des premières conséquences suite à une attaque sera que « la population s'unira pour soutenir l'actuel gouvernement iranien » au lieu de soutenir l'attaque et les opposants.

    (FIN/IPS/2012)

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