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OCCUPY WALL STREET: Valeur en hausse : la colère de la rue contre la cupidité de Wall Street

    NEW YORK, 11 octobre (IPS) – La protestation des jeunes gens désabusés en plein cœur du quartier financier de la ville de New York met à nu une colère croissante au sujet de la montée des inégalités et du chômage persistant aux États-Unis.

    La manifestation baptisée « Occupy Wall Street » qui se déroule quotidiennement au Liberty Plaza à Manhattan ressemble curieusement à d’autres événements du même genre comme les grèves des travailleurs dans l'industrie automobile américaine durant les années 1930, la contre-culture des années 1960 ou encore les révoltes populaires du récent printemps arabe.

    Les protestations dépassent la capitale de la finance américaine et se répandent maintenant à plus de vingt grandes villes américaines comme Los Angeles et Atlanta.

    Il est encore trop tôt pour juger si Occupy Wall Street est le point de départ d’un mouvement social visant à renforcer des décennies de politiques néolibérales, de réductions d'impôts et de coupes budgétaires dans le secteur public. Le fait est que la protestation touche désormais une corde sensible chez des millions de personnes qui n’ont pas bénéficié de la croissance économique durant ces dernières années.

    « Le mouvement Occupy Wall Street reflète une colère largement répandue à propos du système économique qui ne fonctionne plus ou qui ne fonctionne que pour un très petit groupe », explique Robert Boro Sage, co-directeur de la Campagne pour l'avenir de l'Amérique, un groupe de réflexion progressiste basé à Washington.

    Décennie perdue
    Cette colère des manifestants peut être interprétée à travers deux slogans utilisés : « Les banques ont été sauvées, nous sommes condamnés » et « nous représentons les 99 % ». Ils n’acceptent pas que le gouvernement américain à injecter aux plus grandes banques du pays pas moins de 787 milliards de dollars (576 milliards d'euros) suite à la crise financière de 2008, tandis que les classes moyennes et pauvres doivent continuer à se débrouiller par eux-mêmes. Par exemple, les jeunes diplômés américains se retrouvent aujourd’hui avec une dette de plusieurs milliers de dollars qui a financé leurs études et doivent vivre chez leurs parents parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi.

    Au moment où Wall Street a raflé la mise des pouvoirs publics, la classe moyenne américaine a le sentiment d’avoir « perdu une décennie », comme l’explique l'économiste Richard Freeman de l’université de Harvard. Le revenu moyen des familles de classe moyenne a commencé à stagner dès les années 1970. Mais l'année dernière leur revenu moyen affiche un net recul avec un niveau à 49 445 $ contre 53 164 $ en 2000, selon les chiffres du Bureau américain de recensement.

    Chômage
    En terme net, il n’y a même pas de création d'emplois dans cette même période. Avec 14 millions de chômeurs, les États-Unis se retrouvent aujourd’hui avec le même niveau que les années de la Grande Dépression.

    Officiellement, le chômage américain est de 9,1 % mais en réalité, le pays compte le double de ce chiffre si on comptabilise les gens qui recherchent activement un emploi tout en travaillant à temps partiel. Le taux de chômage chez les jeunes adultes ayant un diplôme d'études secondaires était de 21 % l'an dernier. Pour les diplômés universitaires, il se situe à 9,6 %.

    Au pied du Liberty Plaza, Gillian Cipriano (23 ans) se plaint de ne pas pouvoir trouver un job après avoir pourtant terminé ses études d'infirmière il y a près d’un an. Contraint de faire d’importantes économies, le gouvernement a réduit le budget pour l’embauche de nouveaux travailleurs dans les hôpitaux publics et privés, explique-t-elle. Ses amis ont trouvé des petits boulots dans les écoles publiques mais il n'y a pas de postes vacants pour des enseignants.

    «Si le gouvernement avait utilisé ces milliards pour des personnes à la place des banques, ils auraient pu recruter des enseignants, augmenter les dépenses dans des hôpitaux publics et mieux financer le fonctionnement de la police et des pompiers », déclare Cipriano.

    Syndicats
    Occupy Wall Street a obtenu un énorme coup de pouce de plusieurs organisations syndicales qui ont rejoint la protestation. Des dizaines de milliers de délégués et des partisans du mouvement social ont protesté le 5 octobre dernier près d'un tribunal fédéral de Manhattan avant de rejoindre la Liberty Plaza.

    Entre cent et deux cents manifestants d’Occupy Wall Street ont planté leurs tentes au cœur du quartier financier et des centaines d'autres manifestent également pendant la journée. Le mouvement a débuté le 17 septembre au Liberty Plaza. Initialement, leur action avait attiré très peu d’attention de la part des médias traditionnels et certains n’hésitaient pas à se moquer des manifestants. Mais lorsque la police a utilisé du gaz lacrymogène contre certaines jeunes femmes, le mouvement a recueilli une attention nationale pour finalement gagné le soutien des forces de gauche aux États-Unis. Plus tard, l'arrestation de sept cents manifestants sur le pont de Brooklyn le 1er octobre a déclenché un nouvel élan de solidarité.

    Les manifestants ne comptent pas abandonner le mouvement mais ils se rendent compte que le froid et les opérations policières peuvent les mener à quitter le campement. Pour l'instant, ils se contentent de rester dans leurs tentes et organisent une assemblée générale deux fois par jour.

    « Il est difficile de dire ce qui va sortir de tout cela », a déclaré Mark Bray, un étudiant de 29 ans qui étudie l’histoire européenne. « Nous essayons d'imaginer une meilleure démocratie. Il est important de signaler que notre modèle reste un mouvement participatif et inclusif »,
    (FIN/IPS/2011)

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