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ONU: Tolérance zéro pour les violences faites aux femmes

    By Marzieh Goudarzi

    NATIONS UNIES, 8 mars (IPS) – Les chefs des agences des Nations Unies se sont réunis mardi pour réaffirmer leur engagement commun à mettre fin à l'épidémie des violences faites aux femmes et aux filles, et à amener la justice et la guérison aux victimes.

    Des statistiques sombres soulignent l'urgence de cette question: 70 pour cent des femmes dans le monde affirment avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles, 50 pour cent des agressions sexuelles rapportées sont commises contre des filles de moins de 16 ans, et 603 millions de femmes vivent dans des pays où les violences conjugales n’ont pas été criminalisées.

    Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a articulé un autre fait: "Trop de femmes et de filles sont confrontées à l'intimidation et à des abus physiques et sexuels, souvent de la part de ceux qui devraient prendre soin d'elles et les respecter le plus – pères, maris, frères, enseignants, collègues et surveillants".

    Le forum de mardi a été organisé dans le cadre de la 57ème Commission de la condition de la femme (CSW), dont le principal thème est l'élimination des violences faites aux femmes et aux filles.

    Il a débuté par les remarques du secrétaire général et s’est poursuivi avec un panel de représentants de haut niveau des agences des Nations Unies, y compris Michelle Bachelet, directrice exécutive de l'ONU-Femmes, et Irina Bokova, directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

    Bachelet a souligné l'importance des diverses contributions des agences des Nations Unies aux efforts déployés par la CSW.

    "Que nous parlions de l'UNESCO à travers l'éducation, du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) à travers la coopération avec les gouvernements, de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) à travers la promotion de la santé sexuelle et de la reproduction ainsi que les droits, ou de l'UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l'enfance) à travers la protection des droits des enfants, ce travail fait une différence sur le terrain", a-t-elle déclaré.

    Etaient également représentés le bureau du Haut commissariat aux droits de l'Homme (HCDH), l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Organisation internationale du travail (OIT), l’Office de l’ONU contre la drogue et le crime (ONUDC) et le Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH et le SIDA (ONUSIDA).

    Peut-être, le message le plus fort de ce forum était sa déclaration solennelle unifiée et incontestable sur les violences faites aux femmes et aux filles comme une priorité sur l'agenda international des droits humains.

    La longue lutte pour la reconnaissance des violences faites aux femmes comme une question des droits humains a pour la première fois attiré une grande attention du monde lors de la Conférence mondiale de 1993 sur les droits de l'Homme à Vienne, en Autriche, rapidement suivie de la Déclaration de l'Assemblée générale sur l'élimination des violences faites aux femmes.

    Faisant un commentaire sur le développement de la question à l'ONU, Bokova a indiqué à IPS qu’aujourd'hui, "il y a beaucoup plus de prise de conscience, d'engagement et d'action concrète… Mais bien sûr, nous ne sommes pas encore arrivés du tout – c'est juste le début".

    La directrice exécutive adjointe de l’UNICEF, Geeta Rao Gupta, a ajouté: "Je peux vous dire qu'au cours de cette dernière décennie, l'attention dont cette question a bénéficié au plan international n’aurait pas été possible si l'ONU n'avait pas pris une position de leadership".

    "Je pense que la différence majeure est qu'elle est devenue un problème d'intérêt public. (Les violences faites aux femmes) ne sont pas tolérées de la façon dont c’était auparavant", a expliqué à IPS, Rebeca Grynspan, administratrice associée du PNUD.

    "Ayant reconnu cela, je pense que nous n'avons pas eu les progrès accélérés que nous espérions", a-t-elle dit. "Plusieurs fois, nous pédalons pour rester au même endroit et non pour revenir en arrière. C'est pourquoi je suis vraiment heureuse du fait que cette question soit revenue sur la table de la CSW".

    Une récente étape importante a été la création en 2010 de l'ONU-Femmes, qui a offert l'année dernière un renforcement des capacités en vue d’une législation plus forte et d’une fourniture de services aux victimes de violences dans 57 pays.

    L’ONU-Femmes dirige la campagne du secrétaire général intitulée "Unis pour mettre fin aux violences faites aux femmes", et collabore avec l’ONU-Habitat et l'UNICEF sur l'Initiative mondiale des villes sûres, s'efforçant de rendre les espaces urbains sans violence pour les femmes et les filles.

    S’exprimant au nom de l'UNESCO, Bokova a déclaré: "La sensibilisation et le changement de l'environnement à travers l'éducation sont cruciaux. Nous devons aller en profondeur à la racine des violences", expliquant la nécessité d'inculquer au sein de la jeunesse l'idée que la violence n'est pas une partie "normale" de la vie.

    L'UNESCO a établi des lignes directrices internationales au sujet de l'éducation sur la sexualité, l’éducation sur le VIH, l'égalité entre les sexes dans l'éducation, et des lignes directrices pour les enseignants sur l'arrêt des violences dans les écoles.

    Des études montrent que les violences constituent une grande menace pour l'éducation des filles, entraînant une faible fréquentation et forçant bon nombre à abandonner l'école – une autre raison pour laquelle la question occupe une place élevée parmi les priorités de l'UNESCO.

    Grynspan a affirmé que les violences faites aux femmes constituent aussi un obstacle dangereux à la productivité mondiale, empêche actuellement sept femmes sur 10 de réaliser leur plus grande contribution potentielle à la société et à l'économie en les rendant plus susceptibles d’être absentes à l'école et au travail ou de les abandonner.

    Les violences coûtent également à la société en termes de services juridiques et de santé pour les victimes, a-t-elle ajouté.

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