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OPINION: Le Japon reste engagé à 'promouvoir une diplomatie dynamique'

    By Isamu Ueda*

    TOKYO, 24 juil (IPS) – Au cours des dernières années, le Japon s’est retrouvé dans un environnement de sécurité en évolution rapide. L'équilibre mondial de la puissance a changé et diverses nouvelles menaces sont apparues au sein de la région, y compris le développement des armes de destruction massive et des systèmes de missiles balistiques, qui pourrait être bientôt en mesure d'en livrer.

    Ces changements ont suscité un débat sérieux au Japon sur la meilleure façon de répondre aux besoins de sécurité en évolution du peuple japonais et de protéger leur vie et leurs moyens de subsistance.

    Certains sont même allés jusqu'à suggérer que l'article 9 de la constitution, qui déclare fameusement que "le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation et à la menace ou l'emploi de la force comme moyen de régler les différends internationaux", doit être fondamentalement révisé si nous devons nous protéger nous-mêmes et nos intérêts nationaux.

    Le gouvernement japonais a longtemps pris la position selon laquelle bien que le droit à l’auto-défense soit reconnu par la constitution, cela ne peut être exercé qu’en réponse à une attaque militaire directe contre le Japon et l'usage de la force doit être limité au minimum nécessaire pour repousser l'attaque.

    D'autres ont cherché à étendre cette interprétation pour dire que la constitution japonaise n'interdit aucune forme d'auto-défense qui est reconnue comme légale en vertu du droit international, y compris les formes d’"auto-défense collective" sanctionnées, par exemple, par une résolution des Nations Unies.

    Pris dans sa conclusion logique, cela pourrait signifier que les troupes japonaises se trouveraient dans des rôles de combat dans des endroits loin de leur patrie. Cela irait à l'encontre de l'esprit pacifiste de la constitution et le désir ardent du peuple japonais pour la paix. Cela pourrait provoquer une vive inquiétude chez nos voisins asiatiques, qui portent encore les souvenirs amers de l'agression militaire japonaise au 20ème siècle.

    Depuis sa fondation en 1964, le parti Nouveau Komei est resté dédié à une voie pacifique pour le Japon. Au centre de cela se trouve notre engagement à la constitution japonais pour la paix comme un engagement volontaire du peuple japonais à s'abstenir de tout usage de la force au-delà des exigences minimales de l'auto-défense. Nous voyons "la constitution pour la paix" du Japon comme une expression d’idéaux élevés et universels dans les relations internationales, en particulier, la résolution pacifique des conflits par la diplomatie et le dialogue.

    En tant que membres de la coalition au pouvoir, nous avons aussi la responsabilité de faire face aux défis réels auxquels le Japon est confronté, y compris les questions dans le domaine de la sécurité – la meilleure façon de protéger la vie et l'existence pacifique du peuple japonais.

    En mai de cette année, nous avons commencé les réflexions avec nos partenaires de la coalition, le Parti libéral-démocrate, sur la façon de clarifier les limites constitutionnelles sur l'auto-défense de manière à contribuer au renforcement de la confiance mutuelle au sein de l'Alliance américano-japonaise et à la stabilité en Asie de l'est.

    Nous avons abordé ces discussions avec la volonté de protéger et de préserver l'esprit qui sous-tend la constitution de la paix qui, avec l'alliance américano-japonaise, a été au cœur de la prospérité et de la sécurité du Japon pendant des décennies depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Au début, nous avons insisté pour que toute interprétation soit fondée sur les interprétations antérieures du gouvernement avec lesquelles elle doit être logiquement cohérente. Ceci, avons-nous soutenu, était indispensable si le Japon devait être reconnu comme une nation de lois. Le Premier ministre Abe a exprimé son soutien à cette approche au début des discussions.

    Le 1er juillet, un accord a été conclu sur une Décision du gouvernement qui, entre autres, définit trois conditions fondamentales qui limitent l'utilisation de la force.

    Ce sont: 1) qu'une attaque armée contre un pays étranger avec lequel le Japon a une relation étroite produit un danger clair que la survie nationale du Japon sera menacée et le droit de ses citoyens à la vie, à la liberté et la recherche du bonheur fondamentalement sapés; 2) qu'il n'y a pas d'autres moyens appropriés disponibles pour protéger les citoyens japonais; et 3) que tout usage de la force soit maintenu au minimum nécessaire.

    Ces conditions strictement définies limitent les actions militaires potentielles à celles qui sont véritablement nécessaires à la défense du Japon. Elles n'ouvrent pas la voie à l'envoi à l'étranger des Forces d'autodéfense du Japon (SDF) dans l'exercice de la force militaire. La Décision du gouvernement réaffirme l'engagement du Japon aux trois principes non nucléaires de ne pas posséder, de ne pas produire et de ne pas permettre l'introduction d'armes nucléaires sur son territoire.

    Elle précise aussi que le Japon n'a aucun intérêt à devenir le genre de puissance militaire qui constituerait une menace pour les autres pays. L'interprétation révisée permettrait plutôt une réponse plus étroitement coordonnée par les SDF du Japon et les forces américaines à des situations nées dans le voisinage immédiat du pays qui pourraient sérieusement influer la paix et la sécurité de la nation.

    Cette Décision du gouvernement fournit seulement une orientation pour les mesures législatives futures. Ces lois, qui définissent scrupuleusement les limites de l'action admissible de la part des SDF, doivent être débattues et adoptées par le parlement japonais pour donner effet à la nouvelle politique. Nous espérons utiliser le processus de réflexion législative comme une occasion pour informer l'opinion publique mondiale et gagner une compréhension plus grande de la véritable intention du Japon à opérer ces changements.

    Parmi les objectifs énoncés dans la Décision du gouvernement figure la déclaration que "le gouvernement doit, d'abord et avant tout, créer un environnement international stable et prévisible et prévenir l'émergence de menaces en promouvant une diplomatie dynamique…

    ". Dans cet esprit, il adopte la politique que le Japon devrait être un pays qui fait des contributions proactives à la paix. Pour le parti Nouveau Komei, cela signifie le fait de s'engager dans une diplomatie multiforme basée sur l'esprit de la constitution de la paix.

    Nulle part une telle diplomatie n’est d'une importance vitale qu’en Chine, en Corée du Sud et dans nos autres voisins en Asie. Au cours des décennies, le parti Nouveau Komei s’est activement engagé avec nos homologues chinois, cherchant à maintenir et développer les liens de confiance et d'amitié qui peuvent servir de base pour des relations mutuellement bénéfiques.

    En janvier 2013, le leader du Nouveau Komei, Natsuo Yamaguchi, s'est rendu à Beijing pour rencontrer le secrétaire général, Xi Jinping. Il a amené avec lui une lettre du Premier ministre Abe et a profité de l’occasion pour exhorter la tenue rapide d'un sommet sino-japonais, soulignant sa confiance que les différences entre la Chine et le Japon peuvent être résolues par des efforts persistants au dialogue.

    Finalement, si le Japon veut tenir la promesse de notre seule et remarquable constitution, cela doit se faire par un engagement inébranlable à "promouvoir une diplomatie dynamique" sur plusieurs fronts. Ceci doit être notre contribution proactive à la paix.* Isamu Ueda est un membre de la Chambre des représentants de la Diète japonaise, et préside le comité international du parti Nouveau Komei, un partenaire junior dans le gouvernement de coalition dirigé par le Premier ministre Shinzo Abe du Parti libéral-démocrate. Il était l'un des membres dans les récentes discussions sur les questions de sécurité entre les partis de la coalition.

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