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OUGANDA: Application locale pour un test de paludisme sans douleur

    By Amy Fallon

    KAMPALA, 16 août (IPS) – A 21 ans, Brian Gitta a souffert du paludisme plusieurs fois en Ouganda. Et au fil des ans, à cause des nombreuses fois qu’il a fait prélever son sang pour le test du paludisme, il a développé une peur des aiguilles.

    Alors, ce n'est pas étonnant que lui et trois de ses collègues étudiants en informatique aient travaillé dur dans leur pays pour développer une application mobile qui permet de détecter le paludisme – sans l'utilisation d'aiguilles.

    "J'avais deux ou trois ans lorsque je l'ai contracté pour la première fois", déclare Gitta, qui étudie l'informatique à l'Université de Makerere à Kampala, la capitale ougandaise.

    "C’est très rare de rencontrer des gens en Ouganda qui n'aient pas souffert de paludisme. Si vous allez dans un centre de santé, vous pourriez constater que 90 pour cent des patients en souffrent".

    Chaque année, environ 70.000 à 100.000 Ougandais meurent de cette maladie tropicale, qui est transmise aux humains par des moustiques porteurs du parasite du paludisme. Cela fait de lui le plus grand tueur dans le pays, selon l'ONG 'Malaria Consortium Uganda'. Des experts affirment que près de la moitié (42 pour cent) des 34,5 millions d'habitants de l'Ouganda ont le parasite du paludisme, bien qu’ils ne présentent pas de signes de la maladie.

    L’accès palustre le plus récent de Gitta, juste avant Noël 2012, a été grave. Il a souffert de la brucellose, une maladie infectieuse contractée par la consommation de lait ou de la viande non stérilisés, et la typhoïde au même moment, et il a dû être hospitalisé pendant un mois.

    "J'ai dû faire beaucoup de tests sanguins. Je sentais beaucoup de douleur et la file d'attente chez le médecin était longue", indique-t-il.

    Gitta était alité durant sa convalescence, et pendant ce temps, il a connu un moment d'inspiration. Il a pensé à un "centre médical mobile" qui offrait un diagnostic plus rapide et sans douleur, sans aiguilles ni piqûres. Gitta a envisagé l'utilisation d'un petit appareil pour cela – mais c'était une grande vision.

    Mais dès qu'il a récupéré, il s’est mis à travailler sur la réalisation de ce projet.

    Et en juillet, à Saint-Pétersbourg, en Russie, Gitta, Joshua Businge, Simon Lubambo et Josiah Kavuma, appelés équipe Code 8, ont été déclarés lauréats du Prix inaugural de l’autonomisation des femmes lors du concours mondial de Microsoft pour les logiciels d’étudiants, appelé 'Imagine Cup'. Ce groupe composé exclusivement d’hommes a été reconnu pour avoir développé une application qu'ils appellent Matibabu, qui signifie centre médical en swahili.

    En Ouganda, le paludisme est diagnostiqué soit par l'examen microscopique des frottis sanguins ou un test de diagnostic rapide.

    Le diagnostic microscopique dure généralement environ 30 minutes ou plus et nécessite un technicien de laboratoire. Il est considéré comme la "norme d’or" dans la réalisation des tests, puisque c'est la méthode la plus fiable. Il révèle la présence ou l'absence du parasite dans le sang, les espèces de parasite et le degré auquel elles se sont multipliées dans le corps.

    Cependant, un test de diagnostic rapide peut être fait n'importe où et sans un microscopiste qualifié. Il met généralement environ 15 minutes pour sortir les résultats, bien qu’il ne puisse pas montrer le nombre de parasites comme le fait un diagnostic microscopique.

    Matibabu utilise un appareil portable fait sur commande appelé matiscope, qui est relié à un smartphone, pour faire un test de diagnostic rapide. Le doigt de l'utilisateur est inséré dans le matiscope, et l'application utilise une lumière rouge pour pénétrer dans la peau et détecter les globules rouges.

    "Il a été montré que les globules rouges infectés ont une structure physique, chimique et biomédicale différente par rapport à un globule rouge normal, d'où [nous] avons utilisé la technologie de diffusion de lumière pour déterminer les modes de dispersion des cellules normales et des cellules infectées", explique Kavuma à IPS.

    "A travers la différence des modèles, l’application est capable de diagnostiquer le paludisme sans une prise de sang".

    Ce matériel informatique dispose d’une diode émettrice de lumière et d’un capteur de lumière, et il transmet les résultats de test sur le téléphone de l'utilisateur pour un traitement.

    Matibabu envoie ensuite les résultats au service Microsoft d'hébergement de fichiers, Skydrive, et ceux-ci peuvent être partagés avec le médecin du malade presque immédiatement, empêchant le long retard dans l'obtention des résultats.

    Code 8 affirme que Matibabu, qui ne peut être utilisé actuellement qu’avec le système d'exploitation Windows sur téléphone, aidera les femmes enceintes en particulier. Selon l'Organisation mondiale de la santé, la moitié de la population mondiale est vulnérable au paludisme. Les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes vivant avec le VIH/SIDA sont spécialement vulnérables.

    "Quand une femme enceinte souffre de paludisme, cela affecte le bébé", explique Lubambo à IPS. "Mais si on peut le détecter très tôt, cela pourrait réduire les fausses couches".

    Toutefois, l'équipe espère avoir la version Android et d'autres versions OS d'ici à la mi-2014. Elle déclare que lorsqu’elle commencera à introduire d'autres versions pour différentes plateformes, elle peut commencer à utiliser des services d'hébergement de fichiers comme Dropbox pour stocker les résultats.

    Ces étudiants espèrent que leur appareil sera sur le marché dans deux ans et affirment que l'application sera gratuite à télécharger. Le matériel informatique peut coûter entre 20 et 35 dollars. Ces jeunes développeurs admettent que cela constitue beaucoup d'argent pour bon nombre d’Ougandais.

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