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OUGANDA: Des femmes s’impliquent dans la boxe

    By Amy Fallon

    KAMPALA, 9 oct (IPS) – Helen Baleke a commencé la boxe à 16 ans, après avoir été attaquée par un homme dans le bas-quartier de Katanga, à Kampala. Mais cette bastonnade l’a transformée en ce qu'elle est aujourd'hui – l’une des nombreuses Ougandaises amatrices de boxe.

    "Il m’a tellement frappée que j'ai commencé à pleurer et à saigner au nez", déclare Baleke à IPS, s’exprimant à travers un interprète dans la langue locale Luganda, depuis une cabane en terre cuite qu'elle partage avec 23 membres de sa famille à Katanga.

    "J’ai quitté le village [dans le district de Kayunga] pour Kampala [la capitale ougandaise] avec ma fierté… et je crois qu’aucun homme ne pourrait jamais me battre", affirme Baleke, âgée de 24 ans aujourd’hui.

    Baleke aimait toujours se battre, "même sur le chemin de retour quand elle allait à l'école". Le Club de boxe Rhino à Katanga a supprimé les frais d'adhésion de huit dollars pour lui permettre de commencer à s'y entraîner à la suite de son attaque.

    Elle a passé trois semaines à apprendre la boxe après l'incident, et a ensuite localisé son agresseur. Quand elle l'a retrouvé, elle l'a pris par la chemise.

    "Je cherchais ce gars pour lui montrer que je peux vraiment me défendre", affirme Baleke.

    Aujourd'hui, Baleke a participé à 14 combats en Ouganda et au Kenya, et détient trois médailles à son actif. Elle et sa demi-sœur, Diana Tulyanabo, 20 ans, s’entraînent quotidiennement au Club de boxe Rhino à Katanga avec Lydia Nantale, 17 ans, et Maureen Nakilyowa, 23 ans, qui vivent également dans le bas-quartier.

    Plusieurs autres Ougandaises ont montré des résultats prometteurs sur le ring. Agnes Adong, Hawa Daku, Eva Zalwango et Fiona Tugume, avec les deux sœurs, en effet, postulent actuellement pour devenir les premières femmes membres de la Commission ougandaise de boxe professionnelle (UPBC), indique Salim Saad Uhuru, le vice-président de la commission.

    Il n’a aucun doute que les boxeuses du pays peuvent faire de grandes choses si elles bénéficient de plus de soutien. "Nous pouvons envoyer une femme représenter l'Ouganda aux Jeux olympiques, vraiment. Nous allons les former pour être les meilleures".

    Mais Uhuru, qui est également vice-président du Mouvement national de résistance, le parti politique au pouvoir en Ouganda, pour le district central de Kampala, déclare que la corruption retarde les athlètes potentiels du pays.

    "J’accuse le ministère des Sports. Il nous a vraiment laissé tomber. Si vous voyez les responsables qui ont assisté aux derniers Jeux olympiques, il y en avait plus que les participants. C'est si absurde. Comment se fait-il que vous payez plus d'argent à un responsable qu'à un participant?". Il n'a pas précisé combien les responsables ou athlètes ont été payés.

    L'Ouganda a envoyé 16 athlètes aux Jeux de l'année dernière, 12 d'entre eux étaient de nouveaux venus aux Jeux olympiques.

    Mais les femmes de Katanga, qui est censé abriter environ 20.000 habitants, sont confrontées à d'autres luttes en plus de la corruption.

    Le mariage et les grossesses précoces ainsi que les agressions sexuelles sont des défis auxquels elles sont confrontées, souligne Juliette Segujja, la volontaire principale de 'Kids Club Kampala', la seule ONG qui travaille dans le bas-quartier.

    "La plupart des filles, quand elles sont jeunes, vont simplement dans les rues afin de pouvoir obtenir de l'argent auprès des gars", déclare Segujja, 23 ans, qui vit à Katanga.

    La vie est loin d'être facile pour les boxeuses. Nakilyowa, 23 ans, a quatre enfants et le fait d’être une mère célibataire et de s’entraîner quotidiennement est une jonglerie difficile. Baleke et sa sœur collectent des peaux de banane que leur mère vend au bord de la route près de Katanga comme nourriture pour animaux à un dollar le paquet.

    Mais elles rêvent d’une gloire olympique.

    Les boxeurs de l'Ouganda ont enregistré des succès au niveau international. Kassim Ouma est un ancien champion du poids moyen junior de la Fédération internationale de boxe, et Joseph Lubega, un médaillé d'argent aux Jeux du Commonwealth. John "The Beast" Mugabi et Eridad Mukwanga ont tous deux remporté l'argent aux Jeux olympiques, tandis que Leo Rwabwogo a gagné le bronze.

    Mais aucune boxeuse de l'Ouganda n'est jamais allée aux Jeux olympiques.

    Natalie "Sugar" Brown, poids welter junior, basée au Canada, qui ne s'est jamais rendue en Afrique ou n’a jamais rencontré ses sœurs boxeuses du pays, aimerait bien changer cela.

    Elle envisage de venir en Ouganda vers la fin de cette année pour parrainer Baleke et Tulyanabo, dans le cadre du Projet des boxeuses de Kampala. C'est un projet à long terme lancé par Lori Steinhorst, la présidente de 'Bad Girls Boxing' et de 'Classic Women Warriors', deux organisations basées à Washington, qui consiste à mettre en contact les boxeuses de l'Ouganda avec des boxeurs professionnels américains pour les guider dans l'espoir de les amener aux jeux de 2016.

    "Je voudrais encourager les boxeuses de l'Ouganda à apprendre le sport de la boxe et gagner tous les avantages sur le ring et en dehors du ring en leur transmettant mes expériences et mon éducation", indique Brown à IPS.

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