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OUGANDA: Filmer ses propres histoires

    By Amy Fallon

    KAMPALA, 3 sep (IPS) – Pendant quatre ans, Isaac Godfrey Nabwana, a fabriqué et vendu des briques dans le bas-quartier de Wakalinga, à Kampala, en Ouganda. Mais aujourd’hui, grâce à ses travaux, il construit ce qui, selon lui, deviendra la réponse de l'Ouganda à Nollywood au Nigeria.

    "Je vendais des briques et à partir [des ventes] j'ai acheté une [caméra] vidéo. J'ai travaillé très dur pour l'obtenir", déclare à IPS, ce réalisateur, producteur et écrivain, pendant qu'il fait un tour de ses studios audio et de cinéma dans le bas-quartier.

    Nabwana, 40 ans, a produit environ 35 films au cours des cinq dernières années. Il en réalise actuellement "entre trois et cinq" par an, tous en Luganda, la langue locale avec des sous-titres en anglais.

    "J'ai obtenu un ordinateur, que j’ai monté moi-même parce que j'achète [les] pièces. J'ai trouvé des projecteurs, qui ne sont pas vraiment professionnels, mais ils marchent".

    "L'industrie cinématographique en Ouganda est une industrie en croissance, jeune mais en pleine expansion", explique Nabwana.

    Il y a quatre compagnies de cinéma à Wakalinga, notamment 'Ssosha Film Productions Ltd', 'LAP Film Productions' et 'Ramon Films' de Nabwana, bien qu'il en existe un certain nombre d'autres éparpillées à travers Kampala, la capitale de ce pays d'Afrique de l’est.

    "Je pense que cela va devenir le Hollywood de l'Ouganda, de l'Afrique, parce que nous faisons des films d'action qui ne sont pas produits ailleurs en Afrique. Réalisés par des Ougandais, édités par des Ougandais, produits par des Ougandais", affirme Nabwana.

    Mais la portée continentale de l'industrie cinématographique de l'Ouganda reste encore loin. L'industrie cinématographique locale produit environ 30 films chaque année, alors que Nollywood au Nigeria, par comparaison, en réalise environ 70 par semaine. Toutefois, le Nigeria a une population de 162 millions d’habitants, tandis que l'Ouganda est un pays plus petit avec seulement 34,5 millions d’habitants.

    Il ne fait aucun doute que l'industrie cinématographique locale est encore naissante. Il y a une semaine, le Festival inaugural du film en Ouganda a été organisé du 26 au 31 août par la Commission ougandaise des communications (UCC) à Kampala.

    Il a consisté en des expositions, ateliers et des formations avec des mentors venus d'Afrique du Sud, de Suède et du Nigeria. Il disposait également des forums pour discuter des intérêts d’affaires et des projections en plein air de 189 films dans cinq endroits de la capitale.

    "L'objectif principal est de voir l'état de l'industrie cinématographique", déclare à IPS, Jonas Bantulaki, le directeur de la radiodiffusion de l’UCC.

    L'Ouganda n'a pas décidé d’un surnom approprié pour son industrie cinématographique, explique Moses Serugo, un journaliste des beaux-arts et critique de cinéma.

    "Il y a 'Pearlwood' [en référence à la 'Perle de l'Afrique', souvent utilisée pour décrire ce pays d'Afrique de l’est], mais 'Ugandawood' ou 'Ugawood' est trop agité", affirme-t-il à IPS.

    Il y a deux volets dans le secteur cinématographique en Ouganda, déclare Serugo. Il existe les "cinéastes des quartiers résidentiels", qui incluent les diplômés de 'Maisha Film Lab', une initiative de formation à but non lucratif pour les talents émergents d'Afrique de l’est, fondée en 2004 et dirigée par la réalisatrice indienne et nominée aux Oscars, Mira Nair.

    "Ensuite, vous avez les cinéastes du centre-ville qui sont plus commerciaux, qui s’impliquent dans la réalisation des films et de leur distribution sur DVD", explique Serugo.

    Dans le cinéma de Cineplex à 'Oasis Mall' à Kampala, les films 'Officer Down' mettant en vedette Stephen Dorff, le fondamentaliste réticent, dirigé par Nair, et 'World War Z', avec Brad Pitt, sont à l'affiche.

    Derrick Musuguya, 24 ans, qui y a travaillé pendant un an, affirme qu'ils ne montrent pas encore les films locaux, bien que cela ait été bien reçu quand ils ont une fois joué une production ougandaise-nigériane combinée. Cineplex peut commencer à montrer des films luganda au début de l'année prochaine, estime-t-il.

    Artiste et musicien, Denis Dhikysuuka, 25 ans, va au cinéma au moins une fois par semaine. "Les films ougandais s’améliorent, mais j'aime les films occidentaux puisqu’il y a tellement de choses à apprendre à partir d'eux", indique-t-il.

    Nabwana réalise ses films à moins de 10 millions de shillings ougandais (environ 3.875 dollars), utilisant le bénéfice de son entreprise de fabrication de briques pour financer ses films.

    Une fois terminées, les copies DVD sont colportées porte-à-porte à 1,16 dollar la copie.

    Le personnel de production et même les acteurs, qui sont souvent obligés de débourser pour leur propre moyen de transport, fournissent leur propre accoutrement et font leur propre maquillage, ne sont pas payés et gagnent seulement d'argent quand ils vendent les films.

    Nabwana affirme qu’il se fait peu de bénéfice. Il peut investir environ 4.000 dollars dans un film, mais gagne en retour seulement un quart de ce montant.

    Le dernier film de Nabwana, 'Revenge' (Vengeance), est l'histoire d'un homme d'affaires ougandais bienveillant qui aide son ami et est ensuite battu à mort. Un fantôme apparaît alors pour venger son meurtre.

    "Il est basé sur une vraie histoire ougandaise", déclare Nabwana. Il a été présenté pour la première fois dans une salle de cinéma à Lukwanga, dans les banlieues de Kampala, il y a environ trois semaines.

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