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OUGANDA: Le pays peut vendre du pétrole à la Chine

    By Fred Ojambo

    KAMPALA, 19 sep (IPS) – Près d’une décennie depuis que l’Ouganda a engagé des négociations avec la Chine pour l’exportation avantageuse des grains de café au géant asiatique, le pays se bat pour créer des relations commerciales égales avec la deuxième plus grande économie du monde.

    Mais des experts en économie prédisent que cette nation d’Afrique de l’est pourrait combler cet écart grâce à la promotion de l’agriculture et l’exportation éventuelle de pétrole.

    “Bien qu’il y ait actuellement un déséquilibre, l’écart se réduira puisqu’il existe des efforts visant à diversifier la base des exportations de l’Ouganda”, a déclaré dans une interview avec IPS, Stephen Kaboyo, le directeur général de ‘Alpha Partners’, une société de recherches financières dans la capitale ougandaise, Kampala.”La Chine est une nation de forte consommation avec un marché de masse, et les matières premières agricoles ainsi que le pétrole y auront des marchés potentiellement grands. Déjà la demande chinoise pour le pétrole est si énorme qu’elle contrôle la fixation des prix pour ce produit”, a-t-il ajouté.En 2004, l’Ouganda a négocié un accord de traitement préférentiel pour ses exportations de café vers la Chine, entraînant la création de la ‘Ouganda Crane Coffee’, une entreprise joint-venture entre l’Autorité ougandaise de développement du café et ‘Beijing North Star Industrial Group’, pour la promotion des grains de café de cette nation est-africaine dans le pays le plus peuplé au monde.Au moins 2.200 tonnes de grains de café d’une valeur de 7,6 millions de dollars ont été exportés vers la Chine dans la première moitié de 2010, selon les chiffres de l’ambassade d’Ouganda en Chine.

    L’Ouganda, qui est le deuxième plus grand producteur de grains en Afrique après l’Ethiopie, exporte environ 180.000 tonnes de grains de café principalement vers l’Europe chaque année.La promotion concertée des autres produits d’exportation de l’Ouganda vers la Chine, comprenant la diversification des produits comme le cacao, le coton, le bois, les concentrés de cuivre, ainsi que les cuirs et peaux, a vu la valeur des expéditions monter en flèche pour passer de 15.000 dollars en 2003 à 26,71 millions de dollars en 2011, selon les chiffres du Bureau des statistiques de l’Ouganda.Mais le gouvernement chinois dispose d’un total différent. L’ambassadeur chinois, Zhao Yali, estime que les exportations de l’Ouganda vers son pays totalisaient 40 millions de dollars l’année dernière.Cependant, ce montant n’est rien par rapport aux exportations de la Chine, qui ont augmenté au cours de la dernière décennie. Ce pays d’Asie était la troisième plus grande source d’importations de l’Ouganda l’année dernière, avec des marchandises évaluées à 522,5 millions de dollars, contre 70,2 millions de dollars d’importations il y a neuf ans.La Chine demeure une source privilégiée des importations de l’Ouganda à cause des “prix compétitifs et des produits très adaptatifs”, a expliqué à IPS, dans un entretien téléphonique, Moses Kalule, le directeur général de l’Association des commerçant(e)s de la ville de Kampala.

    Les chaussures, textiles, motos et pièces, vélos, articles en caoutchouc, produits pharmaceutiques, la télécommunication, l’électronique et des équipements médicaux, sont quelques-unes des principales importations en provenance de ce pays d’Asie, selon le ministère du Commerce de la Chine.”L’entrée des Chinois dans le petit commerce dans ce pays les favorisait puisqu’ils pouvaient se procurer des biens à bon prix depuis leur pays au détriment des Ougandais qui importent la même gamme de produits de la Chine”, a indiqué Kalule.”Mais le contrôle des Chinois s’engageant dans le petit commerce a enrayé la concurrence déloyale à laquelle les gens du coin étaient confrontés de leur part”, a-t-il affirmé. Il n’a pas donné de détails sur ces contrôles.Issa Sekitto, le porte-parole de l’Association des commerçant(e)s de la ville de Kampala, a déclaré que l’organisation collaborait avec les autorités de l’immigration pour surveiller les Chinois s’engageant dans le petit commerce. Actuellement, le seuil des investisseurs en Ouganda est de 100.000 dollars, mais il a dit qu’un certain nombre de Chinois avaient renoncé à l’investissement et se sont plutôt engagés simplement dans le petit commerce.

    En Juillet, les commerçants locaux ont protesté contre la situation, affirmant que les Chinois les avaient chassés du commerce.L’Inde reste le plus grand partenaire commercial de l’Ouganda, exportant des biens d’une valeur de 928,08 millions de dollars vers cette nation d’Afrique orientale. Le Kenya est son deuxième plus grand partenaire commercial, exportant des produits d’une valeur de 671,61 millions de dollars vers ce pays, selon le Bureau des statistiques de l’Ouganda.”Mais l’Ouganda tient à accroître ses exportations vers la Chine au taux annuel moyen de 25 pour cent”, a déclaré Kaboyo.”L’Ouganda peut augmenter ses exportations vers la Chine s’il améliore la productivité agricole, en particulier pour les produits qui sont demandés en Chine”, a expliqué à IPS, Paul Mugerwa, un professeur d’économie à l’Université de Bugema, en Ouganda.

    “Le gouvernement devrait trouver une stratégie afin de promouvoir l’agriculture pour le marché chinois puisque nous avons la capacité de production dans ce domaine”, a-t-il dit.La Chine est non seulement une source d’importations pour cette nation d’Afrique orientale, mais aussi une source d’investissement étranger direct. Cette nation d’Asie était la principale source d’investissements brevetés prévus dans le pays de 2009 à 2010, selon l’Autorité ougandaise des investissements.La Chine représentait 31 projets prévus pour une valeur de 246 millions de dollars dans le tannage du cuir, la transformation des aliments, la technologie de l’information et de la communication ainsi que dans l’immobilier, selon l’Autorité ougandaise des investissements.Les investissements chinois réussis de 1993 à 2011 s’élevaient à 596 millions de dollars, avec 265 entreprises provenant du géant asiatique opérant en Ouganda et offrant au moins 280.000 emplois, indiquait ‘New Vision’, le principal quotidien public, citant Yali le 24 février.”L’Ouganda peut améliorer sa balance commerciale avec la Chine à travers plus d’exportations, tandis que les investisseurs chinois peuvent élargir la base industrielle étroite du pays”, a déclaré à IPS, Lawrence Bategeka, un chercheur principal au Centre de recherches sur la politique économique du pays.Yanli Ren, le deuxième secrétaire de l’ambassade de Chine en Ouganda, a approuvé: “Les entreprises chinoises sont impliquées dans la construction et la fabrication en Ouganda parce que des politiques favorisent leurs investissements. Ces usines aideront le pays à réduire ses importations”.

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