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PACIFIQUE: La corruption défavorise des étudiants

    By Catherine Wilson

    HONIARA, îles Salomon, 13 nov (IPS) – Des interventions externes dans l'attribution des bourses universitaires dans des pays insulaires du Pacifique comme les îles Salomon privent certains des jeunes les plus battants d’une opportunité pour contribuer à l'avenir de leur pays et de la région.

    "Le problème, ce sont des appuis inutiles pour des étudiants qui n'ont pas de bourses académiques", a déclaré à IPS, Wilfred Luiramo, président de l'Association des étudiants des îles Salomon à l'Université du Pacifique Sud (USP), à Honiara, la capitale. "C'est un gaspillage de l'argent des contribuables et cela a un impact négatif sur les ressources humaines de ce pays et sur l'économie".

    "Lorsque des gens qui n'ont pas de mérite académique bénéficient de bourses étrangères, ils ne donnent pas de bons résultats dans leurs études et sont incapables de contribuer de manière significative au développement du pays".

    Un rapport publié cette année par le vérificateur général de la gestion des bourses universitaires accordées au niveau national a identifié des problèmes tels que le traitement préférentiel des candidats et l'octroi de bourses d'études supplémentaires en dehors du processus officiel d'approbation sans "aucune preuve de critères de sélection utilisés pour l'évaluation des demandes" et "sans des documents d’appui indiquant les raisons de l'octroi des bourses".

    Le Forum des îles Salomon, un groupe de citoyens préoccupés, a reçu plus de 60 plaintes du public au sujet des incohérences dans l’octroi des bourses dans les premiers mois de cette année. Mais le directeur général, Benjamin Malao Afuga, affirme que le problème est répandu depuis des années.

    "Nous avons eu des rapports indiquant que cela se passe dans tout le pays", concernant les bourses d’études dans des institutions internationales d’éducation et le parrainage pour des études supérieures dans le pays, a indiqué à IPS, un porte-parole de 'Transparency-îles Salomon'. Cette organisation de la société civile anti-corruption croit que "le problème est que les ministres ont un pouvoir discrétionnaire sur les recommandations et cela est en train d’être abusé".

    Secrétaire général de l'Association nationale des enseignants à Honiara, Walter Tesuatai, a identifié des facteurs clé comme "l'ingérence politique, la corruption et le népotisme" qui, selon lui, sont influencés par le 'système wantok'.

    En Mélanésie et dans d'autres îles du Pacifique, les gens expriment traditionnellement leur première allégeance à la famille élargie ('wantoks'), et cela peut entraîner des relations d'obligations sociales et économiques mutuelles. Ceux qui ont accès au pouvoir ou à la richesse sont souvent sous pression afin de faciliter les avantages à leurs plus proches parents ou à leurs associés.

    Le Centre Est-Ouest, à Hawaï, aux Etats-Unis, a reconnu dans un rapport sur l'éducation que "les élites politiques et autres semblent avoir un avantage injuste dans l'accès aux bourses financées par l'Etat pour étudier à l'étranger" dans un certain nombre d'Etats insulaires du Pacifique.

    L’opportunité qu'une bourse offre aux étudiants dans les pays insulaires en développement du Pacifique, où le coût de l'enseignement supérieur est hors de la portée des familles à faible revenu ou engagées dans des moyens de subsistance, ne peut pas être surestimée.

    "La formation universitaire est chère et il y a une demande croissante pour les bourses puisque plus d'élèves terminent le cours secondaire", a indiqué à IPS, un porte-parole de l’Unité nationale de la formation (NTU) du ministère de l'Education, qui est responsable de l'attribution des bourses.

    Cette demande augmentera seulement dans les îles Salomon où la population des jeunes devrait croître rapidement au moins jusqu'en 2025. Actuellement, 40 pour cent de la population a moins de 14 ans et sur six élèves qui ont fini le secondaire, un seul regagnera la main-d’œuvre formelle.

    Cette année, le ministère de l'Education a reçu 1.650 demandes de jeunes élèves qui ont fini le cours secondaire pour 300 bourses gouvernementales. Pour être admissibles, les élèves doivent avoir fini la classe de terminale, obtenu une moyenne d'au moins 3 dans leurs résultats scolaires, et être en train de postuler pour étudier une matière prioritaire pour les besoins de développement du pays, telle que la médecine ou les sciences.

    Un porte-parole du ministère a reconnu que les cas d'interventions externes étaient connus pour se produire après que la liste officielle de sélection établie par le Conseil national de la formation a été affichée au public, et que ceux qui étaient mécontents ou qui avaient des relations influentes faisaient pression sur des politiciens pour qu'ils interviennent en leur nom.

    Dans un pays qui s'efforce toujours pour la reconstruction et la relance socio-économique après cinq ans de conflit civil débilitant, 1998 à 2003, ce type de corruption affecte une génération plus jeune qui espère parvenir à un meilleur avenir à travers l'éducation et le mérite.

    "La plupart des étudiants qui sont victimes ne poursuivent pas leurs études", a souligné Luiramo. "Ils rentrent chez eux ou postulent pour des emplois peu rémunérés".

    Un élève exceptionnel de 20 ans, originaire de la province de Temotu, qui a officiellement bénéficié d’une bourse d’études au début de l’année, s'est suicidé après que son allocation a été retirée et donnée à l'enfant d'un député.

    Afuga a souligné que l'avenir du pays dépend de ces pratiques qui deviennent inacceptables. "Si les gens étaient honnêtes dans ce qu'ils font et avaient une passion pour ce pays, nous ne serions pas confrontés à ce problème".

    Un rapport du contrôleur général sur la corruption en 2007 a indiqué qu'il faut d’urgence des contrôles internes améliorés et des mesures plus efficaces pour lutter contre la corruption afin de réduire les incitations et la possibilité de mauvaise administration dans le secteur public.

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