Home » Amerique Latine, Headlines, Internationale, Politique »

POLITIQUE-BOLIVIE: Les Boliviens votent massivement blancs et nuls

    LA PAZ, 18 octobre (IPS) – Lors de l'élection des juges en Bolivie, les électeurs ont massivement voté blanc et nul, une attitude qui est perçu comme un signe de rejet du gouvernement d'Evo Morales.

    Le président de gauche Evo Morales du Mouvement vers le socialisme (MAS) avait lancé un appel pour un soutien massif aux candidats. Ils avaient été choisis par une majorité des deux tiers au Parlement bolivien a choisi un parlement où le parti MAS bénéficie d’une très large majorité.

    Le dépouillement des votes a débuté lundi dernier et les autorités n’ont pas précisé le moment où les résultats définitifs seront disponibles. Mais selon un sondage sorti des urnes réalisé par l’agence Ipsos Apoyo, les électeurs boliviens auraient massivement voté blanc ou nul pendant le scrutin tandis que 20 % des électeurs ont boudé l’exercice malgré l’obligation de vote.

    Un échec pour Morales
    Julio Alvarado, professeur d'économie politique, affirme que pour la première fois dans l’histoire de la Bolivie le nombre de votants blancs et nuls dépasse les 50 %. « C'est une défaite pour le gouvernement d’Evo Morales qui comptait au moins sur 60 % de suffrages valablement exprimés », affirme-t-il.

    Franklin Pareja, professeur de science politique, partage cet avis en précisant qu’il s’agit « d’une expression d'insatisfaction de l'électorat.

    C'est un rejet clair et explicite des candidats du gouvernement ».

    Selon le vice-président bolivien Álvaro García le peuple n’était pas intéressé par le sujet par manque d’information sur les candidats. Les candidats ne pouvaient pas faire campagne et les médias ne pouvaient ni publier des articles sur les candidats, ni des sondages sur ce scrutin.

    Justice corrompue
    C’était la première fois que les Boliviens pouvaient voter pour l’élection des magistrats. Les 5,2 millions d'électeurs devaient se prononcer sur 118 candidats pour des places dans divers tribunaux et conseils, y compris la Cour constitutionnelle et la Cour suprême plurinational.

    A travers ce scrutin, Morales a voulu renouveler le système judiciaire qui, selon lui, était affecté par la corruption et l'arbitraire. L'opposition a estimé que le président cherchait au contraire à accroître son contrôle sur l’appareil judiciaire. Selon le gouvernement, les candidats à la magistrature n’avaient aucun lien avec le parti gouvernemental MAS.

    Légalement, les candidats ont été élus « mais leur légitimité est discutable car seule une partie limitée de la population les ont soutenu », a précisé le vice-président.

    Pas d’emploi, pas de chance

    Le chef du parti d’opposition Unité Nationale (UN) dirigé par l’homme d’affaires Samuel Doria Medina, a exigé que Morales annule ces élections.

    L'ancien maire de La Paz, Juan del Granado, chef du Mouvement Sans Peur (MSM), a demandé un débat national sur l'amélioration du système judiciaire.

    Alvarado estime que les partis d’opposition ne peuvent pas récupérer politiquement les votes blancs et nuls. Il affirme simplement qu’il s’agit de l'expression d'une insatisfaction après cinq ans de gestion qui n’a livré ni de nouveaux emplois, ni de nouvelles opportunités pour les personnes pauvres du pays.

    (FIN/IPS/2011)

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa