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POLITIQUE-CHINE: Le mouvement Occupy très peu soutenu en Chine

    SHANGHAI, 16 novembre (IPS) – A Shanghai, le centre financier chinois et le principal moteur de la prospérité nationale, le mouvement international de prestations « Occupy » qui lutte contre les inégalités croissantes des revenus a du mal à s’implanter. Dans d'autres endroits il a pourtant une certaine résonance.

    Shanghai est l'une des villes qui illustre le potentiel de la superpuissance économique chinoise. Les travailleurs urbains sont souvent comparés à une armée de fourmis. Ils travaillent de longues heures par jour de manière disciplinée pour créer de la valeur ajoutée aux produits mais peu semble se soucier des questions de la justice sociale.

    Interpellé pour savoir si un mouvement similaire à « Occupy Wall Street » a des chances de s’implanter dans la ville de Shanghai, le trader Zhao Hui exprime son étonnement : « Pourquoi? Les banquiers ne sont pas les personnes plus détestées en Chine. Ce sont des fonctionnaires corrompus et des hauts dirigeants d’entreprises publiques qui gagnent le plus d'argent. C’est donc eux qui peuvent s’attendre à la colère des gens ».

    Yang Jianlong, professeur à l'Université normale de Shanghai et spécialiste de la culture commerciale urbaine, rappelle que Shanghai a une longue tradition entrepreneuriale et n’est pas très sensible au mouvement du type « Occupy Wall Street ». Dans la population, ce sont surtout l'envie d’entreprendre et l’appât des bénéfices qui attirent. Les gens protestent généralement contre un projet commercial parce qu’ils estiment le projet nocif pour l'environnement mais la ville ne risque pas de se transformer en centre de militantisme politique. »

    Mao Zedong

    Le mouvement Occupy trouve plus de résonance dans des provinces comme le Henan, traditionnellement considérés comme des lieux de reproduction de révoltes paysannes. Les gens du Henan ont organisé de petites manifestations symboliques contre le capitalisme pour soutenir leurs « frères idéologiques vivant en Occident ».

    Les intellectuels chinois sont d’ailleurs en désaccord sur l’analyse des mouvements de protestation aux Etats-Unis et en Europe ainsi que sur le printemps arabe au Moyen-Orient.

    La nouvelle gauche, qui estime que la Chine sous Mao Zedong (1949-1976) était une société plus égalitaire et donc plus proche de l'idée socialiste que la Chine d'aujourd'hui inspirée par le capitalisme, soutient les mouvements Occupy à travers le monde.

    La gauche libérale reste plus prudente dans l’analyse. Pour les gens qui sont assez vieux pour avoir connu la Révolution culturelle (1966-1976), ces manifestations dans les rues d’Amérique et d’Europe rappellent les protestations radicales de l’époque qui avaient opposés les enfants aux parents et les élèves aux enseignants.

    Alors que les jeunes radicaux de la Garde rouge envahissaient les rues, la véritable bataille politique se déroulait à Zhongnanhai, au siège des dirigeants communistes. Le président Mao Zedong a utilisé cette campagne pour étouffer l'opposition et pour consolider l'emprise du Parti sur l'intelligentsia du pays.

    Suite aux rapides évolutions dans le monde, les analystes chinois restent prudents en matière d’évaluation des nouveaux mouvements. Certains avertissent même que le mouvement risque d’être « détourné » par des puissants groupes d'intérêt.

    Craintes pour l'autocritique

    Dans un long article publié par China Times au sujet du « Printemps arabe », l’expert du Moyen Orient Ma Xiaolin commente sur « les limites et la nature superficielle » des mouvements arabes. Ceux-ci sont, selon lui, facilement manipulés par les puissances occidentales. Le résultat final – le triomphe des partis islamistes – n’était peut-être pas prévu mais logique.

    « C'est ainsi qu’un mouvement impartial qui promeut la participation et la justice aboutit à une révolution ainsi colorée », conclut-il.

    En Chine, un pays qui a rejoint il y a dix ans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et a dû faire face aux douloureuses réformes pour s'adapter au système de libre-échange et de mondialisation, de plus en plus de mouvements plaident pour un moment de réflexion et d’autocritique.

    La Chine est consciente de l'interdépendance entre la croissance économique et les insatisfactions sociales et réfléchit sur les conséquences économiques et politiques des mouvements populistes qui peuvent inverser cette tendance.

    (FIN/IPS/2011)

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