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POLITIQUE: Obama obtient plus de temps pour un accord sur le nucléaire iranien

    By Jim Lobe

    WASHINGTON, 19 nov (IPS) – L'administration du président Barack Obama semble avoir réussi à empêcher le Congrès de promulguer de nouvelles sanctions contre l'Iran avant le prochain cycle de négociations sur le nucléaire entre les Etats-Unis et d'autres grandes puissances et Téhéran prévu le 20 novembre à Genève, en Suisse.

    En conséquence, l'optimisme qu'au moins un accord intérimaire pourrait être bientôt conclu entre l'Iran et le soi-disant P5+1 (Etats-Unis, Grande-

    Bretagne, France, Russie, Chine, plus Allemagne) apparaît une fois encore fort ici, pendant que des rumeurs circulaient tard le 15 novembre que le secrétaire d'Etat lui-même, John Kerry, peut conduire la délégation américaine.

    Bien que certains sénateurs puissent toujours essayer de joindre des amendements de sanctions à la législation en cours – notamment le projet de loi 2014 d'Autorisation de la défense nationale qui sera adopté cette semaine – la plupart des observateurs de 'Capitol Hill' croient qu'ils ne seront très probablement pas votés avant les vacances de deux semaines du Congrès pour le Thanksgiving, repoussant à décembre toute nouvelle action législative éventuelle contre l'Iran.

    L'administration avait été préoccupée par le fait que de nouvelles sanctions renforceraient des partisans de la manière forte à Téhéran, qui utiliseraient cela comme une preuve qu’Obama était soit incapable ou peu disposé à conclure un accord qui ne franchirait pas "la ligne rouge" de l'Iran – un refus de reconnaître le "droit" de cette République islamique à l’enrichissement de l'uranium dans certaines conditions conformément au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

    Tout renforcement des partisans de la manière forte, on craignait cela, forcerait le président Hassan Rouhani et son ministre des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, à durcir leurs conditions pour un accord, rendant un accord avec le P5+1 beaucoup plus difficile à conclure.

    Résistant à la pression du puissant lobby d’Israël, plusieurs sénateurs importants ont indiqué, il y a une semaine, qu'ils soutenaient le fait d’ajourner l'action pour la législation sur de nouvelles sanctions ou des sanctions en cours et de donner à l'administration la chance de conclure au moins un accord intérimaire qui pourrait ouvrir la voie à un accord global sur le programme nucléaire iranien dans un délai de six mois à un an.

    "Je m'oppose fermement à toute tentative visant à renforcer les sanctions contre l'Iran alors que les négociations du P5+1 sont en cours", a déclaré Dianne Feinstein, la présidente influente de la Commission des renseignements du Sénat, dans un communiqué publié le 15 novembre.

    "Le but des sanctions était d'amener l'Iran à la table des négociations, et elles ont réussi à le faire. Insérer de nouvelles sanctions dans le projet de loi d’autorisation de la défense ou toute autre législation ne conduirait pas à un meilleur accord", a-t-elle indiqué, reprenant plusieurs autres collègues, y compris le président de la Commission des services armés du Sénat, Carl Levin. "Cela ne conduirait du tout à aucun accord".

    L'administration avait espéré conclure un accord intérimaire il y a environ deux semaines à Genève et a négocié un projet d'accord dans les négociations intensives entre Kerry, la chef de la politique étrangère de l'Union européenne (UE), Catherine Ashton, et Zarif, selon des sources bien informées.

    Mais l'intervention de dernière minute du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui se serait opposé au langage utilisé concernant les revendications de l'Iran pour un droit à l'enrichissement, ainsi que la disposition de son réacteur à eau lourde d'Arak, qui n’est pas encore achevé, a entraîné des changements dans le projet d’accord que Zarif était incapable d'accepter sans qu’il n’y ait de nouvelles consultations à Téhéran.

    Il n’est pas clair de savoir si les objections de Fabius – qui ont été diversement attribuées à la pression de l'Israël, de l'Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis, qui abritent la seule base militaire de la France dans le Golfe, ainsi qu’une consultation inadéquate de Washington dans ses négociations avec Téhéran – ont été surmontées.

    Toutefois, empêcher le Sénat d'approuver de nouvelles sanctions avant les négociations de cette semaine était devenu une priorité dans la diplomatie de Fabius sur l’Iran il y a deux semaines.

    Confrontée à une campagne tous azimuts du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, visant à qualifier "d’erreur historique" quasiment tout accord intérimaire qui n’est parvenu à démanteler totalement le programme nucléaire de l'Iran, l'administration a tenu une série de réunions de haut niveau avec les sénateurs il y a une semaine.

    L’objectif était de les convaincre que l'accord en cours arrêterait non seulement les progrès nucléaires de Téhéran, mais aussi ferait reculer certains de ses éléments clé, prolongeant effectivement le temps qu'il faudrait à l'Iran de développer vraiment une arme si elle décidait de le faire.

    Obama lui-même s’est jeté dans la mêlée le 14 novembre, insistant au cours d'une conférence de presse que tout assouplissement des sanctions existantes dans le cadre d'un accord intérimaire serait "très modeste" et facilement réversible si l'Iran refusait de respecter ses engagements.

    "…

    Ce que j'ai dit aux membres du Congrès est que si, en fait, nous sommes sérieux par rapport à la tentative de résoudre cela diplomatiquement – parce que peu importe la qualité de notre armée, les options militaires sont toujours délicates, elles sont toujours difficiles, ont toujours des conséquences imprévues, et dans cette situation ne sont jamais complètes en termes du fait de nous assurer qu'ils [Iran] n’iront pas développer des armes encore plus vigoureusement nucléaires à l'avenir – si nous sommes sérieux au sujet de la poursuite de la diplomatie, alors il n'y a aucun besoin pour nous d'ajouter de nouvelles sanctions aux sanctions qui sont déjà très efficaces et qui les ont amenés à la table en premier lieu", a déclaré Obama.

    Pendant qu’Obama parlait, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avec qui Téhéran avait conclu un plan d'inspection renforcé il y a une semaine, publiait un nouveau rapport qui indiquait que l'Iran avait ralenti ses efforts nucléaires depuis que Rouhani a pris le pouvoir en juin.

    Les inspecteurs de l'AIEA ont signalé, entre autres, que l'Iran n'avait pas installé de nouvelles centrifugeuses très efficaces dans ses installations d'enrichissement de Natanz et de Fordow; que ses stocks d'uranium enrichi à 20 pour cent – considéré comme le plus proche du niveau de bombe – avaient augmenté de seulement cinq pour cent au cours des quatre derniers mois; et que les travaux sur son réacteur d'Arak avaient considérablement ralenti.* Le blog de Jim Lobe sur la politique étrangère américaine peut être lu sur le site internet http://www.lobelog.com.

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