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PRINTEMPS ARABE: Les femmes arabes craignent la montée de l'islamisme

    BRUXELLES, 31 octobre (IPS) – Avec les révolutions en Tunisie, en Egypte et en Libye, les militantes de défense des droits des femmes craignent à présent la montée des régimes islamistes dans la région. Il n'y a pas de place pour les femmes dans ces régimes, ajoutent-elles.

    Les révolutions du "Printemps arabe" offrent en réalité une opportunité pour accorder plus de droits aux femmes mais, en même temps, le risque est grand pour que des partis religieux prennent le pouvoir après les élections démocratiques. C'est en tout cas la grande crainte des militantes féministes de la région. L'enjeu est important car les partis qui détiendront le pouvoir après les élections auront la possibilité de réécrire la constitution.

    Islamisme modéré ?

    "Je ne vois pas d'islamisme modéré. Toute forme d'islamisme veut imposer la charia et le Coran comme constitution", estime Nadia Ait Zai, militante des droits des femmes et professeure à la Faculté de Droit de l'Université d'Alger. Elle souligne qu'elle préfère vivre dans l'Algérie d'aujourd'hui qu'en Tunisie d'après la révolution.

    Nadia Ait Zai était à Bruxelles dans le cadre de la conférence annuelle du mouvement des droits des femmes, Women in Development Europe (WIDE). Cette année, le colloque s'intéresse aux rôles des femmes dans le printemps arabe.

    "Nous devons déconstruire le mythe des islamistes modérés", a déclaré Lina Habou-Habib, une militante libanaise de défense des droits des femmes. "Ce mythe est sans cesse encouragée par les dirigeants occidentaux qui estiment que les islamistes pourraient être considérés comme des partenaires légitimes alors qu'ils ne le sont pas", estime Habou-Habib.

    Libye

    En Libye, le Président du Conseil national de transition (CNT) a déclaré que la charia sera d'application dans la nouvelle Libye . "Il ne peut pas dire cela car ce n'est pas un dirigeant élu. C'est au peuple de décider de son avenir", ajoute la Marocaine Rabea Naciri.

    Naciri est la fondatrice de l'Association démocratique des femmes marocaines. Elle plaide pour un débat ouvert sur la Constitution marocaine. "Les gens dans la rue n'ont pas réclamé l'application de la charia. Ils ont demandé plus de liberté, de démocratie, d'égalité et soudain on leur propose la charria", s'étonne Naciri.

    Elections libres

    Les islamistes doivent néanmoins recevoir une chance s'ils gagnent les élections, estime pour sa part l'Egyptienne Esraa Abdel Fattah. Elle avait l'une des premières en 2008 à publier des messages de protestations sur le réseau social Facebook avant d'être arrêtée par le régime en place. Cette militante est devenue une important porte-parole du mouvement des jeunes égyptiens.

    Elle se déclare satisfaite du déroulement des élections en Tunisie même si c'est le parti conservateur islamiste Ennahda qui l'a emporté. «Il ne s'agit pas de savoir qui gagne mais bien la façon de gagner. Si nous avons des élections libres et que nous perdons, nous pouvons encore travailler pour gagner le prochain scrutin. Si les élections ne sont pas libres, nous ne pourrons jamais gagner", explique-t-elle.

    Abdel Fattah espère que le prochain président égyptien ne sera ni un candidat issu de l'armée, ni un candidat d'un mouvement religieux et qu'il travaillera pour réformer la Constitution du pays.

    (FIN/IPS/2011)

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