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Q&R: Aucun pays ne peut prévoir seul le changement climatique

    Patricia Grogg interviewe ABEL CENTELLA de l’Institut de météorologie de Cuba

    LA HAVANE, 26 mai (IPS) – Les scientifiques cubains du changement climatique partagent leurs résultats de recherche et leur expérience au cours des dernières années avec le reste des îles des Caraïbes, en utilisant PRECIS, un système régional de modélisation du climat, pour aider à la conception des politiques d'adaptation.

    PRECIS (Fournir des climats régionaux pour des études d'impacts), qui a été développé au Centre Hadley à l'Office de météorologie du Royaume-Uni – le service national météo de Grande-Bretagne – a commencé à être utilisé dans les Caraïbes en 2003, a déclaré à IPS, Abel Centella, directeur scientifique à l'Institut de météorologie de Cuba.Centella a dit que la prévision scientifique est essentielle pour concevoir des politiques d'adaptation, et a ajouté qu'aucun pays ne peut relever seul ce défi.Pour cette raison, il a voyagé au Nicaragua pour y former des experts en utilisant PRECIS. Voici des extraits d’une interview qu’il a accordée à IPS.

    Q: En quoi consiste ce système, et comment est-il important?R: Les modèles climatiques constituent le meilleur outil disponible aujourd'hui à la science pour expliquer ce qui va se passer avec le climat dans l'avenir.Autrement dit, un modèle climatique à trois dimensions est un programme informatique qui simule les interactions de l'atmosphère, des océans, de la surface terrestre, et de la glace.Q: Diriez-vous que l'intégration et les échanges académiques entre Cuba et le reste des Caraïbes ont été renforcés à la suite de la formation et de l'utilisation régionale du système de modélisation?R: Dès le début, nous avons encouragé l'utilisation de PRECIS dans le reste de la région, pas seulement à Cuba. Alors, comme des liens forts étaient déjà noués avec le Centre sur le changement climatique de la communauté des Caraïbes (CCCCC) et l'Université des Antilles, nous avons tous convenu que Cuba serait le centre des ateliers de formation pour l'application du modèle climatique.Des experts sont venus des pays de la région, et des nations d’Amérique du sud aussi, comme le Pérou.Au fil du temps, certains d'entre eux ont continué, tandis que d'autres ne l'ont pas fait. Mais la base a été le CCCCC, qui a été créé par un accord entre les chefs d'Etat de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) pour coordonner la réponse de la région des Caraïbes aux changements climatiques, et dont le budget n'est pas financé par les gouvernements, mais dépend des projets.Cuba n'appartient pas au CCCCC parce qu'il n'est pas membre de la CARICOM. Toutefois, nous avons un lien fort avec l'organisation, qui nous a permis de nous réunir et de partager des expériences, des résultats et même des frustrations lorsque quelque chose n’a pas marché pour quelqu'un. Voilà comment nous avons progressé.Q: Cet effort peut-il être considéré comme faisant partie d'un système d'alerte précoce?R: Pas vraiment, parce qu’un système d'alerte précoce travaille avec un délai plus immédiat. Ce que nous faisons, c’est de produire des informations pour faciliter l'adoption de mesures visant à réduire les impacts dans l'avenir et à s'adapter aux changements climatiques.En d'autres termes, cet organe d'information peut permettre aux décideurs de commencer à penser aujourd'hui, et à mettre en œuvre les options qui freinent ou minimisent les impacts des changements climatiques. L'analyse de ces informations et des conclusions, à laquelle la science peut contribuer, nous aidera sans doute à aller dans cette direction.Q: Quels pays insulaires des Caraïbes pourraient-ils être particulièrement vulnérables aux changements climatiques?R: Bien, la vulnérabilité a des variables qui ne sont pas physiques, mais de nature sociale et économique, parce qu'elles dépendent du niveau de développement. Par exemple, le cas d'Haïti est terrible.La taille compte aussi. Il est peu probable qu'un seul cyclone tropical ait un impact sur tout le territoire de Cuba, mais s’il passe au-dessus de l'une quelconque des petites îles, il peut tout détruire. Parfois, un orage est plus grand que l'île elle-même.En termes de facteurs physiques, nous avons observé certaines différences par rapport aux types de précipitations futures.Dans certaines parties des Caraïbes, les modèles climatiques indiquent clairement que les niveaux des précipitations baisseront – en d'autres termes, il y aura un grand impact sur les sources d'eau. Mais dans d'autres régions, la modélisation du climat ne montre pas cela avec une telle intensité.Dans le cas d'une augmentation des températures, il n'existe fondamentalement aucune différence d'une région à une autre – en d'autres termes, les températures augmenteront considérablement partout.Les résultats que nous voyons indiquent que d'ici à la fin du 21ème siècle, disons d'ici à 2080, la température pourrait être jusqu'à quatre degrés plus élevée, et il existe des estimations que d’ici à 2050, elle pourrait augmenter d'environ deux degrés.Les modèles montrent également que, dans un avenir pas si lointain, comme en 2020 ou 2040, les températures pourraient être d'au moins d’un ou de deux degrés plus élevées dans cette région.Q: En résumé, quels sont les principaux défis auxquels sont confrontés les pays insulaires des Caraïbes concernant l'adaptation aux changements climatiques?R: A mon avis, l'élévation du niveau de la mer est le plus grand défi auquel nous pourrions être confrontés, suivie de la sécheresse.

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