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Q&R: "L’Afrique peut apporter plus que des minéraux au commerce Sud-Sud"

    By Louise Redvers s’entretient avec ROB DAVIES, ministre sud-africain du Commerce et de l’Industrie

    JOHANNESBURG, 13 juil (IPS) – La coopération Sud-Sud figure fermement sur l'agenda de l'Afrique. L'Afrique du Sud, qui a récemment adhéré au groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), ouvre la voie pour la formation d’un nouveau regroupement mondial des marchés émergents appelé BRICS incluant l’Afrique du Sud.

    Le ministre sud-africain de l'Industrie et du Commerce, Dr Rob Davies, a parlé à IPS de l'avenir du commerce Sud-Sud et de l’impact que la 'Tripartite Free Trade Area' (Zone de libre-échange tripartite – T-FTA) proposée pourrait avoir sur les relations commerciales au sein des économies de marché émergentes.Q: Quelle est la relation commerciale actuelle de l'Afrique du Sud avec les pays du BRIC?R: Nous avons vu une très forte augmentation quantitative des échanges commerciaux entre l'Afrique du Sud et les pays du BRIC. Les exportations de l'Afrique du Sud ont quadruplé entre 2006 et 2010 et nos importations ont doublé dans la même période.Pendant ce temps, nos échanges commerciaux avec les pays développés ont considérablement baissé en 2009 et, bien qu'ils aient quelque peu repris en 2010, ils demeurent encore aux niveaux d’avant 2008. Alors, ce que vous pouvez voir est certainement un changement en termes de notre commerce Sud-Sud et c'est une politique que nous poursuivons.Q: Comment le gouvernement sud-africain voudrait-il que le commerce Sud-Sud se développe à partir d'ici?R: Ce que nous cherchons à faire, c’est d'essayer de changer un peu la qualité du commerce que nous faisons avec les pays du BRIC. Par exemple, ici en Afrique du Sud, nous fournissons essentiellement des matières premières, mais nous avons aussi des engagements bilatéraux pris avec des pays que nous voulons appliquer désormais.Nous voulons que ces pays achètent chez nous plus de produits à valeur ajoutée afin que nous puissions essayer d’aplanir les déséquilibres qui existent dans la relation commerciale pour le moment.Et, dans le cadre africain, nous voulons apporter plus de balance commerciale avec le reste du continent. Nous ne pouvons pas continuer simplement à leur vendre s’il y a un énorme déséquilibre, ce qui est quelque chose que nous reconnaissons.Q: Donc, vous voulez que l'Afrique fasse plus que d'exporter des minéraux et ressources bruts?R: Oui. C'est ce que nous recherchons, pour développer un ensemble de relations avec les autres pays du Sud et sur le continent africain. Parce que les principes qui sont souvent mentionnés dans les accords commerciaux ne sont pas très souvent suivis, comme les avantages mutuels et la réciprocité.Nous voulons que ces principes soient mis en place dans les relations commerciales avec d'autres pays en développement, soit les marchés émergents ou même ceux du continent africain.Q: Pensez-vous de ce que faire partie de la Zone de libre échange tripartite (T-FTA) donne à l'Afrique du Sud plus de poids au sein du BRICS?R: Je pense que nous représentons déjà l'Afrique en termes de détention d'un mandat. Nous sommes là en tant que membre à part entière, mais je pense que c'est évidemment très clair que les autres membres du BRIC ont senti qu’ils manquaient de quelque chose provenant du continent africain lorsqu’ils pensaient à l'élargissement du groupe.Alors, ils nous ont choisis parce que nous sommes un acteur clé sur le continent africain. La dynamique et la relation entre nous et le BRICS, puis entre nous et le continent africain, sont très bien liées.Q: Pensez-vous donc que les pays du BRIC commenceront à voir l'Afrique comme étant plus qu'une seule entité à cause de la T-FTA?R: Nous l'espérons bien. Je l'ai dit auparavant: il n'est pas très difficile de trouver quelqu'un pour construire les infrastructures, de la mine à la côte, pour faire sortir les matières premières du continent africain; il y a beaucoup de gens qui sont prêts à faire cela.Mais ce qui est plus difficile à faire, c’est la construction des infrastructures qui nous relient, parce que toutes les principales voies de communication sur le continent africain vont de l'intérieur à la côte. Elles ne vont pas du nord au sud, ni ne nous relient en tant que peuples.Et je pense que c'est là où réside le défi. Nous aimerions travailler avec d'autres partenaires sur ces types de défis d'infrastructures afin d'améliorer nous-mêmes les connexions, la logistique de transport entre l’Afrique centrale, orientale et australe.Q: Quelle a été la réaction des pays du BRIC à la T-FTA proposée?R: Je ne suis pas au courant d'un commentaire spécifique depuis le sommet, mais nous avions partagé les idées pour ce projet avant et nous en avions parlé à plusieurs reprises au cours de nos interactions avec eux. Ils semblent tous très positifs sur ce sujet et le considèrent comme un développement important.Tout le BRICS s’implique de plus en plus sur le continent africain, et ils savent tous que l'Afrique est une source d'opportunités. Je pense que c'est le grand changement qui s'opère depuis la récession: l'Afrique est désormais de plus en plus reconnue comme une source d'opportunités.Un certain nombre d’études indiquent que l'Afrique a les meilleures perspectives de croissance au monde, après la Chine et l'Inde.

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