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Q&R: La présidente du Malawi sûre de 'gagner cette élection'

    Mabvuto Banda interviewe JOYCE BANDA, la présidente du Malawi

    LILONGWE, 16 avr (IPS) – La présidente du Malawi, Joyce Banda, fait champagne dans le cadre des élections prévues en mai afin de prolonger son mandat. Mais beaucoup croient que le grand scandale de corruption dans l’administration publique dans le pays a réduit ses chances de gagner.

    Ce pays d’Afrique australe ira aux urnes le 20 mai. Toutefois, après qu’un rapport d’audit sur le scandale, publié en février, a révélé que 30 millions de dollars ont été volés en seulement six mois en 2013, la deuxième femme présidente d’Afrique a été confrontée à des appels à la démission. Elle est devenue présidente en avril 2012 après le décès de son prédécesseur, le président Bingu wa Mutharikadied, alors en fonction.

    Mais Banda est convaincue qu'elle a fait plus qu’assez pour lutter contre la corruption – où il a suspecté qu’un total de plus de 100 millions de dollars ont été détournés au niveau du gouvernement depuis 2006 – et assurée de ses chances de rester au pouvoir.

    Elle s’en est pris aux acteurs puissants impliqués dans le scandale de corruption baptisé "Cashgate" et a arrêté 68 personnes, dont un ancien ministre, des hommes d'affaires et de hauts fonctionnaires. Ce scandale a éclaté pour la première fois en septembre 2013, après une tentative d'assassinat manquée contre un directeur du budget de l’Etat que l'on croyait être sur le point de révéler le vol.

    Banda a gelé plus de 30 comptes bancaires et 18 cas sont actuellement devant les tribunaux. Dans cette interview, la femme la plus influente d'Afrique discute avec le correspondant de IPS, Mabvuto Banda, de ses deux ans de pouvoir, des défis, et de ses espoirs pour l'avenir.

    Voici quelques extraits de l’interview:Q: Présidente Banda, ça a été deux années difficiles de lutte pour redresser une économie en piétinement laissée par votre prédécesseur, le président défunt Mutharika. Comment vous vous êtes débrouillée?R: Nous avons hérité d'une économie qui était en crise. Aujourd'hui, nous avons amélioré l'économie parce que nous avons pris des mesures décisives pour guérir le pays, relancer l'économie, et construire une base solide pour la croissance. Cela fait deux ans que notre peuple passe des heures dans des files d'attente pour le carburant, ça fait deux ans que les entreprises ont du mal à accéder change.

    Q: Comment avez-vous réussi à faire cela?R: Nous avons accepté d'avaler la pilule amère et avons pris des décisions impopulaires comme la dévaluation du Kwacha, nous mettons en œuvre une politique monétaire serrée … notre politique budgétaire a été serré. Ce sont quelques-unes des pilules qui ont mis l'économie sur la voie de la guérison et représentent la fondation d'un programme de transformation que nous mettrons en œuvre dans les cinq prochaines années.

    Q: Vous avez dit à juste titre que votre premier travail consistait à ramener la confiance des donateurs et débloquer l'aide qui a été retirée. Vous avez fait cela mais maintenant à cause du scandale "cashgate", les donateurs ont suspendu 150 millions de dollars d'appui budgétaire. Assumez-vous la responsabilité de cette situation?R: Oui, parce que "cashgate" est arrivé pendant que je suis aux affaires et mon travail implique que je prenne ma responsabilité et fasse face à cela. C'est pourquoi nous avons pris des mesures de grande envergure pour faire face à la fraude et la corruption et avons engagé des vérificateurs légistes étrangers afin d’aller au fond de cette corruption dans la fonction publique.

    Q: Vos critiques pensent que votre administration ne fait pas beaucoup pour aller au fond de tout cela. Voulez-vous faire un commentaire?R: Au total 68 personnes, dont un ancien membre de mon gouvernement, ont été arrêtées, plus de 18 cas sont déjà devant les tribunaux, 33 comptes bancaires ont été gelés. C'est le risque que j'ai pris, ce que très peu de dirigeants africains font quand ils sont confrontés à une élection.

    J'ai juré de ne protéger personne, même si cela signifie qu’une de mes relations est impliquée. Maintenant dites-moi, cela n'est-il pas une preuve suffisante que nous prenons cette corruption très au sérieux?Q: Mais beaucoup pensent que vous avez personnellement bénéficié de ce scandale "cashgate". Que répondez-vous?R: Lorsque vous combattez les puissants, un syndicat influent comme celui-ci, ce n'est pas surprenant. Deuxièmement, c'est une année d’élections et vous entendrez beaucoup de choses, mais la vérité doit sortir.

    L'autre chose que vous devez savoir est que je suis une femme dans un rôle dominé par les hommes et je ne suis pas par conséquent surprise de recevoir tant de refoulement… nous devons surmonter cela, et ceux qui sont responsables de vol de fonds publics seront emprisonnés et leurs biens seront confisqués.

    Q: Vous être confrontée à une élection le mois prochain [mai] et 'Economist Intelligence Unit', un cabinet-conseils basé à Londres, a prévu que vous gagnerez l'élection, malgré le scandale. Croyez-vous cela?R: Oui, je crois que je gagnerai cette élection. Je sais aussi toutefois qu’il s’agit d’une élection serrée, mais l'avantage est que le peuple a vu ce que nous avons fait en deux ans.

    Nous avons abrogé les lois répressives, nous avons changé le statut de la femme, les médias sont libres, et nous avons permis à chacun de manifester librement alors qu’il y a seulement deux ans, on tuait les gens pour avoir seulement fait cela.

    Q: 'Forbes Magazine' vous a nommée comme la femme la plus puissante du continent. Estimez-vous aussi puissante?R: Non, je ne le pense pas. Je m’estimerai aussi puissante lorsque toutes les femmes au Malawi et en Afrique sont libres de la haine et sont autonomisées.

    Je m’estimerai puissante lorsque les femmes ne doivent plus perdre leur vie parce qu'elles sont victimes de violence, quand elles cessent de mourir de décès évitables liées à la grossesse. Je m’estimerai puissante lorsque les femmes en Afrique occupent leur place légitime comme étant égales [aux hommes].

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      LILONGWE, 16 avr (IPS) – La présidente du Malawi, Joyce Banda, fait champagne dans le cadre des élections prévues en mai afin de prolonger son mandat. Mais beaucoup croient que le grand scandale de corruption dans l’administration publique dans le pays a réduit ses chances de gagner.

      Ce pays d’Afrique australe ira aux urnes le 20 mai. Toutefois, après qu’un rapport d’audit sur le scandale, publié en février, a révélé que 30 millions de dollars ont été volés en seulement six mois en 2013, la deuxième femme présidente d’Afrique a été confrontée à des appels à la démission. Elle est devenue présidente en avril 2012 après le décès de son prédécesseur, le président Bingu wa Mutharikadied, alors en fonction.

      Mais Banda est convaincue qu'elle a fait plus qu’assez pour lutter contre la corruption – où il a suspecté qu’un total de plus de 100 millions de dollars ont été détournés au niveau du gouvernement depuis 2006 – et assurée de ses chances de rester au pouvoir.

      Elle s’en est pris aux acteurs puissants impliqués dans le scandale de corruption baptisé "Cashgate" et a arrêté 68 personnes, dont un ancien ministre, des hommes d'affaires et de hauts fonctionnaires. Ce scandale a éclaté pour la première fois en septembre 2013, après une tentative d'assassinat manquée contre un directeur du budget de l’Etat que l'on croyait être sur le point de révéler le vol.

      Banda a gelé plus de 30 comptes bancaires et 18 cas sont actuellement devant les tribunaux. Dans cette interview, la femme la plus influente d'Afrique discute avec le correspondant de IPS, Mabvuto Banda, de ses deux ans de pouvoir, des défis, et de ses espoirs pour l'avenir.

      Voici quelques extraits de l’interview:Q: Présidente Banda, ça a été deux années difficiles de lutte pour redresser une économie en piétinement laissée par votre prédécesseur, le président défunt Mutharika. Comment vous vous êtes débrouillée?R: Nous avons hérité d'une économie qui était en crise. Aujourd'hui, nous avons amélioré l'économie parce que nous avons pris des mesures décisives pour guérir le pays, relancer l'économie, et construire une base solide pour la croissance. Cela fait deux ans que notre peuple passe des heures dans des files d'attente pour le carburant, ça fait deux ans que les entreprises ont du mal à accéder change.

      Q: Comment avez-vous réussi à faire cela?R: Nous avons accepté d'avaler la pilule amère et avons pris des décisions impopulaires comme la dévaluation du Kwacha, nous mettons en œuvre une politique monétaire serrée … notre politique budgétaire a été serré. Ce sont quelques-unes des pilules qui ont mis l'économie sur la voie de la guérison et représentent la fondation d'un programme de transformation que nous mettrons en œuvre dans les cinq prochaines années.

      Q: Vous avez dit à juste titre que votre premier travail consistait à ramener la confiance des donateurs et débloquer l'aide qui a été retirée. Vous avez fait cela mais maintenant à cause du scandale "cashgate", les donateurs ont suspendu 150 millions de dollars d'appui budgétaire. Assumez-vous la responsabilité de cette situation?R: Oui, parce que "cashgate" est arrivé pendant que je suis aux affaires et mon travail implique que je prenne ma responsabilité et fasse face à cela. C'est pourquoi nous avons pris des mesures de grande envergure pour faire face à la fraude et la corruption et avons engagé des vérificateurs légistes étrangers afin d’aller au fond de cette corruption dans la fonction publique.

      Q: Vos critiques pensent que votre administration ne fait pas beaucoup pour aller au fond de tout cela. Voulez-vous faire un commentaire?R: Au total 68 personnes, dont un ancien membre de mon gouvernement, ont été arrêtées, plus de 18 cas sont déjà devant les tribunaux, 33 comptes bancaires ont été gelés. C'est le risque que j'ai pris, ce que très peu de dirigeants africains font quand ils sont confrontés à une élection.

      J'ai juré de ne protéger personne, même si cela signifie qu’une de mes relations est impliquée. Maintenant dites-moi, cela n'est-il pas une preuve suffisante que nous prenons cette corruption très au sérieux?Q: Mais beaucoup pensent que vous avez personnellement bénéficié de ce scandale "cashgate". Que répondez-vous?R: Lorsque vous combattez les puissants, un syndicat influent comme celui-ci, ce n'est pas surprenant. Deuxièmement, c'est une année d’élections et vous entendrez beaucoup de choses, mais la vérité doit sortir.

      L'autre chose que vous devez savoir est que je suis une femme dans un rôle dominé par les hommes et je ne suis pas par conséquent surprise de recevoir tant de refoulement… nous devons surmonter cela, et ceux qui sont responsables de vol de fonds publics seront emprisonnés et leurs biens seront confisqués.

      Q: Vous être confrontée à une élection le mois prochain [mai] et 'Economist Intelligence Unit', un cabinet-conseils basé à Londres, a prévu que vous gagnerez l'élection, malgré le scandale. Croyez-vous cela?R: Oui, je crois que je gagnerai cette élection. Je sais aussi toutefois qu’il s’agit d’une élection serrée, mais l'avantage est que le peuple a vu ce que nous avons fait en deux ans.

      Nous avons abrogé les lois répressives, nous avons changé le statut de la femme, les médias sont libres, et nous avons permis à chacun de manifester librement alors qu’il y a seulement deux ans, on tuait les gens pour avoir seulement fait cela.

      Q: 'Forbes Magazine' vous a nommée comme la femme la plus puissante du continent. Estimez-vous aussi puissante?R: Non, je ne le pense pas. Je m’estimerai aussi puissante lorsque toutes les femmes au Malawi et en Afrique sont libres de la haine et sont autonomisées.

      Je m’estimerai puissante lorsque les femmes ne doivent plus perdre leur vie parce qu'elles sont victimes de violence, quand elles cessent de mourir de décès évitables liées à la grossesse. Je m’estimerai puissante lorsque les femmes en Afrique occupent leur place légitime comme étant égales [aux hommes].

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