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Q&R: Les femmes constituent la sécurité d’une nation

    Ravi Kanth Devarakonda interviewe NYARADZAYI GUMBONZVANDA, une avocate des droits humains et secrétaire générale de World YWCA, un réseau mondial de défense des droits.

    GENEVE, 15 mai (IPS) – Nyaradzayi Gumbonzvanda, une avocate des droits humains et secrétaire générale de 'World YWCA', un réseau mondial de défense des droits, sait ce que c'est que lutter contre la pauvreté et la violence: elle-même vient d'une famille pauvre du village de Magaya, dans le district de Murewa, au nord-est d’Harare, la capitale du Zimbabwe.

    Mais Gumbonzvanda a fait un long chemin depuis sa maison. Et elle a passé une grande partie de sa vie à essayer de changer la vie des femmes qui n'étaient pas aussi chanceuses qu’elle.

    Et aujourd’hui, elle est candidate pour la position de directrice exécutive de l’ONU-femmes – un poste auparavant occupé par l'ex-présidente du Chili, Michelle Bachelet, qui a démissionné en mars.

    Dans un entretien accordé à IPS dans son bureau à Genève, en Suisse, Gumbonzvanda a déclaré que la croissance et le développement économiques doivent aborder les "opportunités de création de richesse au niveau des ménages, mais également les questions structurelles telles que la violence et l’inégalité auxquelles les femmes continuent d’être confrontées presque quotidiennement".

    Elle a salué le développement sur le continent africain, tout en soulignant qu’il fallait davantage d'autonomisation économique et sociale pour changer la vie des femmes.

    "Je vois des femmes aller de l'avant dans divers domaines et secteurs dans tous les pays africains, qui sont capables de créer un nouveau récit. Nous avons besoin d'autonomisation économique et sociale – il ne suffit pas d'avoir l'autonomisation politique", a-t-elle indiqué.

    Voici des extraits de l’interview:Q: Commençons par les taux croissants de viol et de violence conjugale contre les femmes. Comment ce problème est-il sérieux? Est-il universel?R: Je pense que c'est l’un des plus grands problèmes auxquels sont confrontées les femmes et les filles dans le monde aujourd'hui. Je vois les violences faites aux femmes comme une manifestation des inégalités, de la marginalisation et de l'exclusion…

    La marginalisation sociale, le fait que les femmes soient considérées comme des citoyennes de seconde classe qui n'ont pas souvent de voix ou de droits sur leur propre corps; les dures réalités de la pauvreté et des violences faites aux femmes; ainsi que la traite des enfants pour le travail d'exploitation sexuelle sont autant de questions brûlantes qui doivent être abordées.

    Ce qui est important, c'est que nous travaillions sur la prévention des violences faites aux femmes, notamment les violences conjugales, les violences dans (les situations) de conflit et les sévices sexuels. La partie prévention est essentielle, (et elle devrait être) suivie de politiques solides dans différents secteurs sociaux au sein des pays et au niveau international.

    Q: Au cours des 30 dernières années, il y a eu d'énormes changements dans l'économie et la culture mondiales – en grande partie grâce à l'internet et à la mondialisation. Quel impact cela a-t-il eu sur les femmes?R: Je pense qu'il y a un certain nombre de choses qui se sont produites au cours des 30 dernières années. J'étais à Beijing (en 1995) pour la Conférence (mondiale) sur les femmes et je dirais qu'il y a eu un vrai travail international sur les normes internationales pour en finir avec les problèmes des droits humains et des femmes, qui est progressivement bon.

    Nous disposons désormais de conventions et de traités au niveau international, et même au niveau régional, comme le Plan d'action de Maputo pour les femmes (sur les droits à la santé sexuelle et de reproduction).

    Même au niveau normatif, nous voyons bien un grand travail et quelques bons progrès. Toutefois, même si un modèle économique peut résoudre les problèmes structurels qui favorisent les violences faites aux femmes, cela doit encore être décidé.

    Q: Les gouvernements font-ils assez pour aborder ces défis?R: Ils ne sont pas suffisants. Je pense que les gouvernements ont besoin d’avoir (leurs) priorités tout de suite et faire davantage quand ils élaborent leurs budgets. La plus grande sécurité d'une nation, c'est lorsque ses mères et ses enfants sont en sécurité, quand il y a de la nourriture sur la table et de l’eau à proximité, lorsqu’il existe une école qui fonctionne et, en fin de compte, la possibilité d'obtenir un emploi. C'est cela la nation la plus sécurisée.

    J'exhorterais nos gouvernements à repenser la relation entre les dépenses militaires et les dépenses sur les services sociaux fondamentaux. En achetant simplement un hélicoptère militaire en moins, les gouvernements peuvent construire 10 écoles. C'est le défi primordial pour les gouvernements à travers le monde.

    Q: Bien qu'il y ait eu un regain de conflits en Afrique, il existe aussi de grands succès et progrès concernant le développement et l'autonomisation des femmes. Qu’est-ce qui selon vous doit être encore fait pour les femmes sur ce continent?R: Cette année, l'Union africaine célèbre son 50ème anniversaire et les femmes africaines étaient bien impliquées dans le processus de décolonisation. Elles étaient dans les tranchées à la recherche d'une nouvelle Afrique – et cela est arrivé.

    Nous célébrons Nkosazana Dlamini-Zuma, qui est la première femme africaine à diriger l'Union africaine, et c'est bon pour l'Afrique.

    Nous voyons des pays comme le Rwanda et d'autres disposer d’un nombre (significatif) de femmes à (des postes) de prise de décisions. Toutefois, nous devons régler le problème des conflits. Tant que des pays demeurent dans des situations conflictuelles, et tant qu'il y aura la violence, cela continuera de nous empêcher de progresser.

    Le continent, du Cap au Caire, est riche et nous devons regarder à l’intérieur de l'Afrique (et voir) là où les femmes peuvent être plus impliquées dans de grands secteurs comme l’exploitation minière, les transports et l'agriculture.

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