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Q&R: L’éternel héritage de Dambudzo Marechera

    By Moses Magadza

    WINDHOEK, 5 sep (IPS) – Le légendaire et controversé écrivain zimbabwéen, Dambudzo Marechera, qui a une fois dit rudement aux gens de le laisser écrire et boire sa bière, est mort il y a 25 ans. Cependant, l'intérêt pour la vie et les œuvres de cet auteur, qui est devenu une icône culte pour de jeunes écrivains en herbe au Zimbabwe et à l'étranger, ne mourra pas.

    Ses œuvres continuent d'inspirer aussi bien des auteurs que des lecteurs.

    Emmanuel Sigauke, un poète zimbabwéen et professeur d'anglais à 'Cosumnes River College' aux Etats-Unis, est un étudiant des œuvres de Marechera. Il déclare à IPS que beaucoup de gens sont attirés par cet auteur célèbre à cause de la façon dont il a exercé son art, les risques qu'il a pris, et son engagement total à l'écriture.

    En effet, les critiques saluent Marechera comme étant un génie. Son livre le plus célèbre, 'House of Hunger' (La Maison de la faim), a remporté le prestigieux prix 'Gardian First Book Award' en 1979, faisant de Marechera le premier et le seul Africain à gagner ce prix.

    Après avoir été expulsé au début des années 1970 de l'Université de Rhodésie, aujourd’hui appelée l'Université du Zimbabwe, Marechera a été admis à l'Université d'Oxford au Royaume-Uni. Mais il a été expulsé de là aussi pour un comportement d’indiscipline.

    Il est mort au Zimbabwe à l'âge de 35 ans, après avoir passé une bonne partie des cinq dernières années de sa vie dans les rues, écrivant furieusement, mais publiant seulement un autre livre, 'Mindblasts'.

    Aujourd’hui, un livre sur sa vie, qui sera bientôt publié au Zimbabwe, fournit de nouvelles perspectives intéressantes sur les relations personnelles et professionnelles de Marechera.

    Dr Dobrota Pucherova et Julie Cairnie ont coédité ce livre intitulé 'Moving Spirit: The Legacy of Dambudzo Marechera in the 21st Century' (Un esprit émouvant: L’héritage de Dambudzo Marechera au 21ème siècle). Ce livre, publié en Allemagne en mai, est une compilation d’essais écrits par divers auteurs qui se focalisent sur la façon dont Marechera continue d'inspirer d’autres.

    "Je crois qu'il offre beaucoup de nouvelles perspectives dans les relations de Marechera avec ses contemporains, avec d'autres auteurs, et avec ses fans et ceux qui sont inspirés par lui. Par exemple, l’essai de Carolyn Hart explore la relation de Marechera avec les écrivains afro-américains postmodernes, tandis que la pièce de Katja Kellerers examine les intertextualités entre 'La Maison de la faim' et 'Mapenzi' de Ignace Mabasa", a indiqué Pucherova.

    Pucherova est titulaire d'un PhD dans les écritures en Afrique australe et a étudié les œuvres de Marechera dans le cadre de sa thèse. Elle donne également des cours sur son travail.

    Voici quelques extraits de son entretien avec IPSQ: Qu’est-ce qui vous a attirée vers le phénomène Marechera?

    R: Les écrits de Marechera expriment très bien le désir de liberté mentale qui me préoccupait lorsque j'étudiais les auteurs d’Afrique australe. Il croyait qu'en surmontant les discours identitaires d'opposition et en libérant l'imagination pour créer un espace de réinvention individuelle, cela pourrait aboutir à la vraie libération de l'oppression.

    Au même moment, la vision de Marechera de la politique comme étant sexuelle et la sexualité en tant que politique a offert de nouvelles perspectives dans les relations de pouvoir dans les conditions coloniales et postcoloniales. Dernier point mais pas le moindre, son don de la langue et sa bonne humeur contagieuse rendent ses livres très agréables à lire.

    Q: Qu’est-ce qui a inspiré ce livre?R: Quand je rédigeais le chapitre de ma thèse sur Marechera, à côté j'écrivais une pièce de théâtre basée principalement sur (son roman) 'Black Sunlight' (Soleil noir). Pour moi, ce roman est extrêmement drôle et en même temps sophistiqué. J’ai eu l’impression qu'il a été mal compris en raison de la réticence de Marechera à éditer ses œuvres, comme l’a documenté James Currey (premier éditeur académique sur l'Afrique).

    En adaptant le roman pour le théâtre, je voulais mettre en avant son audace et sa comédie profondément sophistiquée. Et alors, lorsque j'ai décidé de produire la pièce de théâtre à Oxford, je me suis demandé: Pourquoi ne pas organiser un festival entier sur Marechera?Ce festival, qui a eu lieu du 15 au 17 mai 2009, était un événement international multimédia qui comprenait du film, du théâtre, de la fiction, la poésie, la peinture, la photographie, les mémoires et essais savants, tous inspirés par les œuvres et la vie de Marechera.

    Le livre constitue le compte rendu du festival, avec quelques articles supplémentaires. Julie Cairnie, qui a coédité le livre avec moi, a participé à la célébration d’Oxford.

    Q: Des essais écrits par des contemporains de Marechera comme Musaemura Zimunya, Stanley Nyamfukudza et Charles Mungoshi sont visiblement absents dans votre compilation. Comment expliquez-vous cela?R: La majorité des contributions dans le livre étaient présentées à la célébration d’Oxford. Les gens dont vous parlez n'ont pas répondu à l'appel pour des articles, qui a été largement diffusé.

    Q: Certaines personnes pensent que c'est le point faible de ce livre. Quel impact ces omissions ont-elles sur lui?R: Aucun livre sur Marechera ne peut vraiment pas être complet. Il existe d'autres contemporains célèbres de Marechera qui ne figurent pas dans le livre.

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