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RD CONGO: Augmenter la production agricole pour renforcer la sécurité alimentaire

    By Anselme Nkinsi

    KINSHASA, 25 juil (IPS) – L’Association pour le développement rural intégré de Mbenkana (ADRIM), une localité située à l’ouest de Kinshasa, compte aujourd’hui parmi les organisations du monde rural qui contribuent à l’autosuffisance alimentaire de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

    Joseph Ngandungala, ingénieur agronome et membre de l’ADRIM, affirme que cette organisation non gouvernementale (ONG) congolaise développe un projet qui s’appuie sur l’agriculture, l’élevage et la pisciculture, le tout exploité sur une superficie de 25 hectares. Le site a été acheté auprès d’un chef de terre, en 2005 à 300 dollars.

    Pour l’agriculture, l’association alterne plusieurs cultures dont le manioc, les palmiers nains, les ananas et les bananes sur une superficie de huit hectares, explique-t-il à IPS qui a visité le site au début de juillet. L’ADRIM regroupe une vingtaine de membres âgés de 27 à 50 ans.Gerry Mantoto Manitu, directeur général de 'Agriculture Association for Development', une autre ONG locale, estime que l’ADRIM a réussi à mettre en place une approche participative pour l’exploitation de cette zone rurale avec l’implication des paysans.L’ADRIM a commencé à mettre en œuvre son projet d’exploitation de cette zone urbano-rurale en 2006, avec l’appui matériel de la représentation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Kinshasa, indique Ngandungala.

    Manitu ajoute à IPS que «pour réaliser sa vision, l’ADRIM a bénéficié d’un don de matériel agricole et de boutures de manioc 'Matuzolele' du bureau de la FAO». Il indique que cette variété est beaucoup appréciée par les paysans pour son rendement, en termes de tubercules, et elle résiste mieux à la mosaïque (la maladie) du manioc.

    Elisabeth Mafuantala, une femme travaillant pour la récolte, témoigne : «Depuis 2008, nous récoltons environ 10 à 15 tonnes de tubercules par hectare avec cette variété. Notre produit sert souvent à la fabrication de la pâte de manioc (fufu ou chikwangue) et des cossettes de manioc vendues sur les marchés de la ville».Selon elle, avant l’introduction de 'Matuzolele', ils cultivaient une autre variété de manioc appelée 'Diaki' dont le rendement oscillait entre quatre et sept tonnes de tubercules par hectare.Sur un peu plus de 2,5 hectares, la production a atteint 27 tonnes de tubercules en 2011. Et la vente de ce manioc a permis au groupe de Mafuantala de gagner une somme de 1,100 million de francs congolais (FC, environ 1.200 dollars).De son côté, Joseph Muamba, un vétérinaire spécialiste de l’élevage du petit bétail, explique à IPS: «Au cours de cette même année 2008, notre porcherie a commencé avec sept cochons dont deux mâles et cinq femelles, un autre apport du bureau de la FAO. Aujourd’hui en 2012, nous avons 26 cochons puisque la demande, en termes de viande, augmente…dont le kilo revient à 10.200 FC (11 dollars)».Par ailleurs, l'ADRIM a étendu ses activités en pisciculture de sept étangs en 2009 à 15 étangs en 2012, tandis que l’espace consacré à cette activité est passée d’un hectare et demi à quatre hectares. Il y a quatre mois, six étangs exploités ont donné 70 kilogrammes de poissons (tilapia nilotica) vendus à 2.500 FC le kilo (environ 2,5 dollars) sur le marché local.Justin Katumbue, président de l’ADRIM, déclare à IPS que 500 souches d’ananas sont venues de Kisangani, dans le nord-est de la RDC, en 2008, et la culture d’ananas occupe maintenant deux hectares. Il estime qu’une production d’environ quatre tonnes d’ananas est attendue pour la récolte de novembre 2012.

    «Notre objectif est de contribuer largement à la sécurité alimentaire de nos populations et d’améliorer les conditions de vie des paysans de cette partie», dit-il à IPS. Tout autour des étangs, s'étend un champ de bananes plantains qui occupe deux autres hectares.Gilbert Mayimona, un des paysans de Mbenkana, qui salue les bonnes initiatives de l’ADRIM, affirme que les revenus issus des travaux du projet et qui sont alloués au comité villageois (500 dollars) permettent aux membres de ce comité de s’organiser pour soutenir leurs projets de développement.

    «Nous avons pris conscience de nos responsabilités en nous impliquant dans le programme de développement de notre contrée car grâce à ce projet, notre train de vie s’améliore réellement», affirme-t-il à IPS.Au-delà de ces activités productrices, l'ADRIM vulgarise certaines méthodes de la plantation d’acacias, parce que selon Katumbue, «Mbenkana constitue à ce jour un site dégradé à cause de la déforestation dont ont été victimes ses versants alors qu’il y avait ici une forêt primaire».

    «Avec la culture d’acacias, nous voulons reconstituer cette forêt pour permettre à ses habitants de fertiliser le sol avec ses feuilles, de produire du charbon de bois et de produire également du miel», explique-t-il à IPS.

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