Home » Afrique, Developpement, Droits de L'Homme, Headlines, Reportage d'Afrique »

RD CONGO: Début du procès des présumés auteurs de viols massifs et de pillages

    By Emmanuel Chaco

    FIZI, RD Congo, 11 fév (IPS) – Un procès s’est ouvert jeudi 10 février à Fizi, un territoire situé dans le sud de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), contre 11 militaires présumés auteurs des viols massifs et autres crimes commis début janvier dans cette localité.

    C’est la Cour militaire de Bukavu siégeant en audience foraine dans le secteur de Baraka (centre à Fizi), qui a été jugée compétente pour juger cette affaire, notamment à cause du fait qu’un des militaires accusés, Kibibi Mutwara, a le grade de colonel.A la suite de l’assassinat, à Fizi, d’un militaire accusé d’avoir poignardé un jeune habitant de la localité qui lui avait refusé un service, un groupe d’autres militaires membres de l’opération conjointe dénommée «amani leo» (la paix aujourd’hui) – entre les Forces armées congolaises (FARDC) et la Mission des Nations Unies en RDC – déployée sur place, a organisé des représailles contre la population civile.

    Gaius Shabilepa, défenseur des droits de l’Homme et journaliste à la 'Radio Le Messager du peuple' émettant à Uvira, à 120 kilomètres de Bukavu, la principale ville du Sud-Kivu, a déclaré à IPS qu’un «groupe d’environ 30 militaires en colère s’étaient alors déchaînés sur la population civile et sur ses biens, pillant, saccageant et violant des femmes à leurs passage».

    «Un effort doit être fourni pour recenser toutes les victimes que nous avons estimées à plus d’une centaine de femmes violées, auxquelles il faut ajouter les personnes mortes, les victimes des pillages ainsi que celles qui ont perdu leurs biens par le fait des militaires soulevés», a indiqué à IPS une autorité territoriale de la place, qui a requis l’anonymat.Cette autorité locale affirme: «En plus des victimes de viols, environ 500 autres personnes parmi lesquelles des femmes et des enfants fuyant vers les villages plus sécurisés pendant cette période, avaient vécu dans des conditions humanitaires déplorables durant plus d’une semaine à cause de cette barbarie». Et «parmi ces personnes, il y en a qui ont trouvé la mort», ajoute-t-elle.Le procès s’est ouvert avec l’appui d’un groupe d’organisations non gouvernementales (ONG) internationales dont l’Association du barreau américain pour l’Etat de droit (ABA), Avocats sans frontières (ASF), «Dan Church» et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui apportent un soutien logistique à la défense gratuite de 25 victimes reconnues indigentes et incapables de payer les frais de justice.Olivier Mbasha, un avocat qui travaille pour ABA a également affirmé à IPS que «l’Hôpital général de Fizi, avec l’appui d’ASF, avait déjà recensé une soixantaine de victimes des violences sexuelles, mais que seules 25 ont pu valablement se constituer devant la Cour militaire».Mais selon Mbasha, «un groupe plus important d’autres victimes est en train de se constituer et obtiendra aussi le soutien gratuit des avocats soutenus par le groupe de ces ONG internationales».Interrogé par IPS, Romain Kisibo, avocat d’un groupe de victimes constituées devant la Cour militaire, a expliqué que «cette première audience était très importante non seulement pour donner un signal fort contre l’impunité, mais aussi parce qu’elle a permis d’identifier plus clairement 11 accusés, tous en détention à la prison de Baraka».Au total un groupe de sept avocats désignés par le Bureau des consultations gratuites (BCG) du barreau de Bukavu, assume, avec l’appui logistique de groupe d’ONG internationales, la défense de toutes les victimes, reconnues indigentes et sans moyens pour payer les frais de justice.«Voilà qui montre encore que personne n’est au dessus de la loi!», s’est enchanté Emmanuel Luzolo Bambi Lessa, le ministre congolais de la Justice et des Droits humains.Pour Luzolo, «Le procès ouvert depuis le 10 février 2011 contre une dizaine des militaires accusés de viols à Fizi révèle tout le sens de la 'tolérance zéro' qui est un vaste programme de lutte contre l’impunité lancé par le gouvernement congolais depuis quelques années».«C’est dans le même cadre qu’il faut placer l’effort du gouvernement à mettre rapidement en place des chambres spécialisées qui connaîtront des violations graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire dont le texte organique est déjà en discussion au sein d’un groupe d’experts», déclare Guy Mushiata, avocat et défenseur des droits de l’Homme au Centre international pour la justice transitionnelle.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa