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RD CONGO: Des centres de rattrapage scolaire pour enfants démunis

    By Badylon Kawanda Bakiman

    KIKWIT, RD Congo, 21 juin (IPS) – Les Centres de rattrapage scolaire, créés par le gouvernement, récupèrent de plus en plus d’enfants âgés de neuf à 11 ans dans des familles démunies pour leur offrir gratuitement une éducation et une formation professionnelle en République démocratique du Congo (RDC).

    «Je suis en troisième année dans cette institution. Je peux lire et calculer facilement. J’ai aussi quelques connaissances sur des métiers qui pourront m’aider dans ma vie», déclare à IPS, Evodie Masenga, 11 ans, en uniforme blanc-noir, rencontrée au Centre de rattrapage scolaire (CRS) Lukolela 1, un des CRS de Kikwit, une ville du sud-ouest de la RDC.Evodie figure parmi les 20.000 enfants récupérés qui ont passé, le 7 juin, avec les autres enfants de la 6ème primaire normale, le Test national de fin d’études primaires (TENAFEP), organisé cette année par le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel pour l’obtention d’un certificat de fin du cycle.«J’ai deux enfants, une fille et un garçon, qui ont fini, il y a quatre ans aux CRS de Mbuji-Mayi sans payer un rond. La fille se perfectionne actuellement en couture dans un atelier; le garçon, lui, veut devenir menuisier», indique, de son côté, Fabien Elameji Tshibanda, un des parents de Mbuji-Mayi, une ville du centre du pays.Comme plusieurs autres parents congolais, Tshibanda, un agent commercial sans emploi et recourt souvent aux travaux agricoles pour joindre les deux bouts. «C’est difficile pour moi de scolariser mes huit enfants», dit-il à IPS.Depuis plusieurs décennies, les Congolais vivent dans une grande pauvreté qui empêche des centaines de ménages de scolariser leurs enfants.«Le taux brut des enfants non scolarisés en RDC est de 83,5 pour cent», indique à IPS, Robert Makonda, un spécialiste de l’Education non formelle qui inclut les CRS. «Il y a aussi une augmentation du nombre d’enfants déscolarisés en raison des abandons dus aux échecs ou au non payement des frais scolaires exigés par les écoles aux parents d’élèves…», ajoute-t-il.«Les quelque 20.000 enfants, qui viennent de passer le TENAFEP cette année, sont répartis dans 840 CRS que compte actuellement le pays, contre 12.470 enfants inscrits en 2011 dans les 700 CRS qui existaient», explique Albert Ketho, directeur général de l’Education non formelle au ministère des Affaires sociales.Ketho regrette toutefois que les aides matérielles ou financières données par des partenaires comme l’UNESCO, l’UNICEF ou l’USAID, soient timides et ne couvrent pas les grands besoins des Centres de rattrapage scolaire.«Avec 15 millions de dollars, nous pouvons récupérer et scolariser 900.000 enfants par an. Mais les quelque 300.000 dollars que donnent petit à petit ces partenaires sont loin de faire vivre les CRS au Congo…», souligne-t-il.Mais le gouvernement congolais lui-même a alloué à ces centres à peine 0,01 pour cent de son budget de 2011, soit 125.000 dollars, ajoute Ketho.

    «Les éducateurs dans les CRS suivent d’abord une formation spéciale de plus ou moins trois mois pour acquérir des méthodes spéciales à appliquer lors de leurs prestations», explique Mutshio Lumbwe, un autre spécialiste de l’Education non formelle.Selon Lumbwe, les CRS ont trois niveaux sur trois ans: le premier niveau est l’équivalent des première et deuxième années (Cours préparatoire – CP1 et CP2) de l’enseignement primaire normal; le deuxième niveau équivaut aux classes de 3ème et 4ème; et le niveau trois est l’équivalent des 5ème et 6ème années du primaire. Chaque niveau a un programme spécial.«Ces centres ne font que respecter le droit à l’éducation dont doit jouir tout enfant. Cela est conforme à ce que recommandent plusieurs instruments internationaux de protection de l’enfant, ratifiés par la RDC», estime Joseph Lukubu, coordonnateur du Réseau des formations internationales en droits humains pour le développent durable en Afrique, une ONG basée à Kikwit.Mais Arsène Ngondo, membre de la société civile congolaise, s’interroge: «Pourquoi les CRS sont plus implantés dans des agglomérations urbaines alors qu’il y a des milliers d’enfants dans des milieux ruraux et qui ne bénéficient pas de tels avantages?» Selon lui, les initiateurs des CRS devraient ouvrir plusieurs autres centres dans les zones rurales pour faire le même travail.

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